mercredi 24 octobre 2012

Livre (BD) - "Hercule, Le sang de Nèmée" de Morvan, Looky et Thill

Morvan, Looky et Thill - "Hercule, Le sang de Némée" : Une relecture futuriste des douze travaux d'Hercule aux dessins époustouflants !!!

Note : 4.5 / 5

Synopsis :
Hercule est un puissant MerK. Mi-homme, mi-extraterrestre grâce aux greffes cellulaires, il n’a pas peur de la mort. Une part de lui est déjà morte : hanté par le crime commis sur sa femme et ses enfants, il doit expier en acceptant les ordres, même les plus fous, des Officiers. 
Hercule n’a pas le choix, il doit traquer des extraterrestres se crashant sur des planètes colonisées par des humains. Sa première mission sera de tuer le lion de Némée, dont le vaisseau s’est crashé et qui protège sa femme très gravement blessée. Il a besoin du sang des humains qui vivent sur place pour la guérir. Le combat entre Hercule et le lion sera aussi sauvage qu’émotionnel et réveillera de bien douloureux souvenirs dans l’esprit de notre héros.

Critique :
Scénarisée par Jean-David Morvan et dessinée ainsi que colorisée par Looky et Thill, cette série relate les douze travaux d’Hercule en version science-fiction. À l’origine, dans la mythologie Hercule (nommé Héraclès par les grecques) est le fils illégitime de Zeus et d’Alcmène. Hercule après avoir tué sa femme et ses enfants dans un accès de folie est condamné à servir pendant douze ans le roi de Tirynthe, Eurysthée, années au cours desquelles il effectuera douze travaux. Lors du premier il doit éliminer un lion monstrueux à Némée dont la peau est impénétrable. C’est donc avec une énorme massue qu’il a confectionné qu’Hercule assommera la bête puis l’étrangla.
"Hercule, Le sang de Némée" est donc une transposition de la mythologie grecque ou romaine dans un univers de science-fiction. Du déjà vu me direz-vous. Et bien pas vraiment ! Le travail fournit par Jean David Morvan et Looky est époustouflant.  
Si les ambiances de départ, les errances des héros et l'incursion des forces supérieurs font parfois penser à des séries de SF à l'esprit bon enfant comme "Ulysse 31", l'approche graphique évoque surtout des univers visuels plus rudes, notamment ceux de certains classiques de type "Métal Hurlant". Grands panels, découpages empruntés aux comics, couleurs fortes, design robotique et sexuel, on retrouve ici de multiples influences. On pense parfois à "L'exterminateur 17" de Bilal et Druillet, avec moins de maestria certes, mais avec beaucoup de modernité.
La recherche graphique est formidable. La créativité est là. Le concept est connu, certes. La mythologie d'hercule et ses douze travaux ne sont plus à présenter. Nous aurions pu avoir une bête utilisation de cette légende. Il n'en est rien. Le dessin est efficace et plus que cela puissant ! Les couleurs sont belles et finement choisies également. L'univers est radical et surprend dès les premières pages. Cet album est digne des meilleures productions américaines d'un Simone Bianchi ou d'autres dessinateurs de ce calibre. C'est une vraie réussite. Les planches sont découpées au cordeau avec beaucoup d'inventivité. Il se dégage des dessins une réelle sensualité.
Côté technique, on entrevoit les modélisations par ordinateur déjà observées dans le "Blanche-Neige" du même dessinateur paru chez Ankama. C'est parfois un peu figé, mais le plus souvent c'est surtout époustouflant.
Le personnage d'Hercule est très intéressant. L'univers est riche et passionnant. Il  s’éloignera cependant clairement du héros lisse et sans reproche. Ici, il est dépeint sans émotions, mort de l’intérieur, après avoir tué femme et enfants. De quoi allécher les amateurs de relectures antiques façon SF. 
L'album est donc à conseiller aux amateurs du genre. On connaît peut-être la trame de fond, mais la variation autour du thème est un voyage terriblement beau !!!


2 commentaires:

  1. est ce que je suis le seul a trouver que la fille dans la 2ieme planche ressemble énormément a miranda de mass effect ( soit Yvonne Strzechowski en brune)

    RépondreSupprimer
  2. Il y a une ressemblance en effet.

    RépondreSupprimer