jeudi 22 août 2013

Ciné - Jobs de Joshua Michael Stern

Joshua Michael Stern - Jobs : Un film superficiel, trop lisse et premier degré, qui se révèle au final assez insipide !!!

Note : 2.5 / 5

Synopsis :
Dans les années 70, un jeune étudiant du nom de Steve Jobs rêve de changer le monde. C’est avec son ami Steve Wozniak qu’il va se lancer dans l’informatique en travaillant pour Atari, mais va très vite se rendre compte qu’il veut être son propre patron. Les deux compères travaillent donc sur leur premier ordinateur, l’Apple, qui va rapidement leur permettre de recevoir un financement conséquent et de lancer leur propre entreprise.

Critique :
Que l'on aime l'homme ou pas, personne ne pourra nier que Steve Jobs, co-créateur d’Apple Inc., l'un des entrepreneurs les plus créatifs et respectés du XXIe siècle, était un visionnaire et un génie. Un génie qui aura impressionné et inspiré de nombreuses personnes. C'est donc avec une réelle et sincère envie que j'attendais ce biopic sur la vie de Jobs.
Et qu'elle ne fut ma déception à la fin de la séance ! En résumant l'affaire de manière caricaturale, on pourrait dire ceci : autant "The Social Network" de David Fincher était réussi, autant "Jobs" est raté.
Réalisé par Joshua Michael Stern, "Jobs" est un film purement narratif, racontant au premier degré ce que fut une partie de la vie du créateur d'Apple, de 1974 (il était alors en voie de déscolarisation dans un collège californien) à 2001 (année du triomphe de l'iMac). On ne saura donc rien de la fin de la vie de Jobs, de son cancer et de sa mort, à 56 ans, au faîte de sa gloire, le 5 octobre 2011 à Palo Alto (Californie).
C’est une vingtaine d’années de la vie de Steve Jobs, de la création d’Apple dans un garage californien à son retour triomphant, en 1996, à la tête de l’entreprise qu’il avait créée avant d’en être écarté que raconte ce premier biopic sur cet homme au destin fascinant. Malheureusement, ce récit réalisé de façon linéaire glorifie un peu trop l’inventeur visionnaire de l’iPod, évinçant les aspects controversés du personnage. Même s’il consacre quelques scènes à son caractère difficile, comme celle de la rupture brutale avec sa petite amie enceinte et son refus initial de reconnaître l’enfant, le film n’approfondit jamais les choses, abordant le tout de manière bien trop superficielle.
Ainsi après Mark Zuckerberg avec "The Social Network", c'est au tour de Steve Jobs d'avoir droit à son biopic. Et on peut dire que Fincher a tué le job ! Car la comparaison se révèle fatale pour Joshua Michael Stern. Il manque à ce dernier un point de vue puissant de réalisateur. Et les partis pris de son scénariste apparaissent étranges : pourquoi ainsi ne traiter la passionnante rivalité avec Bill Gates qu'en une seule scène au téléphone? De plus, pour l'incarner, le choix d'Ashton Kutcher n'est pas des plus heureux. Il a certes beaucoup travaillé. Mais, à l'écran, on ne voit justement que ça.
Si le côté baba cool, cheveux mal coiffés et barbe hirsute lui vont particulièrement bien d’un point de vue physique (ressemblant à s'y méprendre au Jobs de cette période), l’acteur a mis un point d’honneur à reproduire à l’identique la démarche nonchalante et mal assurée de Jobs, comme son petit sourire en coin. Toutefois, il ne se contente que de singer la gestuelle et la démarche de son modèle. On a peine à croire au Jobs qui présente en 2001 l’iPod.
Il manque cruellement de crédibilité quand il tente de jouer au méchant garçon qui ne veut pas octroyer d’actions à un des premiers employés d’Apple, Bill Kottke. Les moments d’émotion sont littéralement gâchés par le jeu limité de l’acteur, qui se cantonne généralement aux comédies romantiques et qui, à mon humble avis, devrait rester dans ce rôle.
Ceux qui ont lu la biographie officielle de Steve Jobs le savent : l’inventeur était quelqu’un d’extrêmement lunatique, colérique et émotif, doublé d’un égoïste mégalomane. Si ces traits de sa personnalité sont bien sûr évoqués dans le film, ils sont en revanche largement passés sous silence dans de nombreux moments clés de l’histoire. Steve Jobs était un patron craint de ses employés, le genre de patron capable de virer un subalterne sur un coup de tête dans l'ascenseur. Malgré les efforts du scénario pour reproduire ce côté imprévisible, le Jobs de ce film est en revanche plus édulcoré, et son histoire s’en trouve de fait largement romancée.
Mais c’est surtout la traversée du désert de Steve Jobs qui déçoit, évoquée en deux coups de cuillères à pot. Deux photos du fondateur de NeXT, sans aucune mention de l’immense réussite de Pixar, emballé c’est pesé. Pourtant, ces deux événements ont largement contribué à façonner le "nouveau" Steve Jobs, plus mûr, plus apte à prendre les rênes de l’entreprise qu’il a fondée et qu’il s’apprête à sauver. Le film prend également le parti-pris intéressant mais sans doute un peu trop appuyé que Steve Jobs aurait considéré Jonathan Ive comme une sorte d’égal. Certes, le designer en chef a toute sa part dans le succès renouvelé de l’Apple moderne, mais c’est sans doute souligner le trait trop fort.
L'acteur Giles Matthey qui interprète Jonathan Ive dans "Jobs".
C’est d’autant plus dommage que le film souffre d’un certain nombre de longueurs qui tendent à gâcher le plaisir, malgré une histoire qui aurait pu être captivante si mieux racontée.
En outre, la scène d’ouverture du film se place en 2001, et nous montre Steve Jobs montant sur scène pour présenter l’iPod. On imagine alors qu’il s’agit de l’accomplissement d’une longue période de travail, mais qui là encore ne sera pas réellement évoquée dans le film. Steve Jobs retrouve son poste chez Apple, et... c’est tout. Même dans sa conclusion, Jobs parvient à laisser un goût d’inachevé qui laissera le spectateur sur sa faim. Apple étant une marque ayant énormément fait parler d’elle dans les années 2000, de même que Steve Jobs est devenu un personnage emblématique, il est dommage que cette période ne soit même pas abordée dans le long-métrage.
Alors, tous les ingrédients étaient a priori réunis pour un biopic hors-norme et, pourtant, rien n'y fait, la magie n'opère pas. Steve Jobs est présenté comme un pionnier rebelle et visionnaire qui, pour échapper à tous ceux qui voudraient prendre le contrôle de son empire naissant, finit par devenir une sorte de gourou névrosé et paranoïaque, incapable du moindre sens de l'altérité, tout entier absorbé par l'idée d'aller au bout de son intuition. Apple, il en est convaincu, sera un jour "une devise sociale", mieux, "un statut social". Pas de quartier pour ceux qui oseraient se mettre en travers de son chemin. Il en est convaincu : "Ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde sont ceux qui le font".
Fort de cet adage, comme habité par l'idée de la mission qu'il doit accomplir, il va se lancer à corps perdu dans une véritable guerre technologique. IBM, Microsoft, il ne leur fera aucun cadeau. A mi-chemin entre cinéma et marketing, tout cela n'est guère convaincant. Steve Jobs, le charismatique, le créateur de génie, méritait mieux que cette saga mégalo-paranoïaque.
Le film, tout comme son sujet, n'a pas manqué de faire grincer quelques dents, notamment celles du co-fondateur d'Apple, Steve Wozniak (interprété par Josh Gad), qui a publiquement fait part de ses réserves. Le créateur des premiers ordinateurs de la marque, Apple I et Apple II, digère mal une scène du film dans laquelle on voit Steve Jobs lui décrire le potentiel extraordinaire de systèmes d'exploitation qu'il vient de créer. 
"Steve me fait la leçon sur le potentiel des ordinateurs, alors que c'était exactement la situation inverse", expliquait-il récemment au Los Angeles Times. "Steve n'a jamais créé un grand ordinateur. A cette époque, il enchaînait les échecs. Il était incroyablement visionnaire, mais il n'avait pas la capacité de mettre en pratique" ce qu'il imaginait.Sony prépare d'ailleurs avec Wozniak son propre biopic de Steve Jobs, basée sur la biographie officielle de Walter Isaacson. Le projet n'en est encore qu'au stade de l'écriture du scénario, qui a été confiée à Aaron Sorkin, l'auteur oscarisé du film de David Fincher sur Facebook. Le scénariste a déjà révélé qu'il construirait le film en trois scènes de trente minutes, qui décriraient Steve Jobs à travers le lancement de trois produits phares de la marque. Ni le réalisateur, ni l'acteur qui incarnera Steve Jobs n'ont été choisis pour le moment.
Au final, "Jobs" n’a rien d’un film sur Steve Jobs. Il se contente de dépeindre un caractériel qui casse ses jouets, avant finalement de se venger puis de connaître une réussite éclatante alors que le protagoniste de cette histoire exceptionnelle était bien plus complexe et génial que cela. Une histoire illustrée ici sans talent ni éclats !!!

lundi 19 août 2013

Actu - LaFerrari, La nouvelle supercar de Ferrari

Ferrari - LaFerrari : La succession de la Enzo est assurée par une supercar ultra-puissante et ultra-révolutionnaire !!!

Note : 4.5 / 5

Depuis la sortie de la "Enzo" en 2002, onze ans de patience ont été nécessaires pour les aficionados de la marque au cheval cabré pour découvrir la nouvelle "Série Limitée" de Ferrari. Codée initialement "F150", elle est baptisée "LaFerrari" par le PDG Luca di Montezemolo. Pourquoi ? Parce qu'elle représente le summum de l'automobile, combinant la technologie hybride Hy-KERS issue de la F1, un moteur V12 développant, avec le bloc électrique, 963 chevaux, ainsi qu'un style unique, racé, agressif, qui ne laisse pas indifférent.
"LaFerrari", mythe parmi les mythes ! Il y a les Ferrari. Et il y a désormais "LaFerrari". "LaFerrari", parce que ce modèle inédit est absolument unique. Unique par sa puissance, 963 ch exactement, jamais Ferrari commercialisée n’avait été aussi musclée. Unique par sa technologie ; son légendaire V12 est pour la première fois accouplé à un moteur électrique pour prendre soin de l’air que l’on respire. Unique par ses performances ; les plus de 350 km/h en vitesse maxi (sur circuit) sont une simple formalité. Unique, enfin, par son prix ; un million deux cent mille euros tout rond.
"LaFerrari" est donc tout simplement la plus extraordinaire des Ferrari de tous les temps, sinon la plus extraordinaire automobile de ces dix dernières années comme aiment le répéter les italiens. Un objectif hors du commun que s’assigne Maranello, à rythme régulier, depuis la "GTO" (un modèle des sixties dont la cote aujourd’hui se compte en millions d’euros), dont la singularité inspirera la "F40" des années 80, puis la "F50" des années 90 avant la célèbre "Enzo" de 2002.
Depuis un peu près un an, des informations sérieuses annonçaient les caractéristiques moteur de la remplaçante de la Enzo qu’est la Ferrari "LaFerrari". Et voici que maintenant nous connaissons tout ou presque au chapitre mécanique de la plus  puissante des Ferrari qui s’offre même le privilège de battre la renommée "McLaren P1" de deux secondes au 0 à 300 km/h avec des chronos respectifs de 15 et 17 secondes. De quoi aller chambouler le classement des voitures les plus rapides du monde !
Question performances donc, "LaFerrari" c’est un moteur V12 de 6,3 litres développant 800 chevaux et 700Nm de couple à lui seul, tout en pouvant pousser à 9250 tours par minutes ! En addition on trouve un moteur électrique de 163 chevaux nous amenant à un chiffre phénoménal de 963 chevaux pour une "hypercar" émettant deux fois moins de CO2 que la Ferrari "Enzo" avec 330g/km. Les batteries du moteur électrique sont attachées à la partie basse du châssis et pèsent 60kilos. Et enfin, plus de 350 km/h en vitesse de pointe, un 0 à 100 km/h expédié en moins de 3 secondes, le 0 à 200 km/h en 7 secondes et même 15 secondes pour couvrir le 0 à 300 km/h !
Ainsi la grande révolution pour cette sportive italienne, c’est son moteur hybride offrant 963 chevaux à son conducteur. Toutefois, en plus de cela, la "LaFerrari" a beaucoup développé son aérodynamique avec une panoplie d’ailerons actifs permettant, en temps réel, de stabiliser au mieux la voiture lorsque l’on roule. Le ratio du poids, quant à lui, est de 41% à l’avant et 59% à l’arrière décrit comme idéel selon Ferrari. La majorité du poids est répartie entre les deux axes de roues et aussi bas que possible afin d’optimiser le centre de gravité. Le carbone utilisé est produit dans la section Ferrari Racing et utilise les mêmes méthodes que pour leur Formule 1.
Au final, tout en rendant hommage au fondateur Enzo Ferrari, cette dernière rendra fou de joie nombre de pilotes de F1 qui compteront parmi les premiers fans. Un bonheur que devrait dépasser "LaFerrari", car le mythe des mythes organise sa rareté en ne s’offrant qu’à 499 exemplaires, alors qu'il y a déjà plus de 700 commandes, de quoi laisser de la place pour une augmentation de production financièrement intéressante. L’avenir nous dira ce qu’il en est !!!

vendredi 16 août 2013

Livre - Gonelore, T1 Les Arpenteurs de Pierre Grimbert

Gonelore, Tome 1, Les Arpenteurs
                                                         de Pierre Grimbert

Note : 4.5 / 5

Synopsis :
Pour la plupart des gens, le monde de Gonelore est si vaste que seul un menteur oserait prétendre avoir visité tous ses royaumes. Et, d’ailleurs, il faudrait être fou pour se lancer dans un pareil voyage : trop de créatures redoutables hantent les territoires délaissés par les hommes, et aucune arme d’acier ne réussit à repousser ces monstres !
Il existe pourtant une confrérie d’individus de taille à relever ces défis. On les appelle "les Arpenteurs". Pisteurs, guides et guerriers, ils sont aussi des érudits en quête permanente de connaissances, sur cet univers aux multiples facettes. Pendant des siècles, ils ont lutté contre les débordements des forces élémentaires, repoussant le danger loin de la surface du monde. Puis, le calme revenu, leurs rangs se sont éclaircis, et on les a presque oubliés.
Mais une fois encore, les bêtes sont revenues pour semer la terreur. Et cette première vague semble annoncer un chaos tel qu’on n’en a jamais vu. Ni même imaginé dans les pires cauchemars. Pour les derniers Arpenteurs, le temps est venu de reprendre les chemins. Et, surtout, de former une armée de nouveaux élèves. En espérant que cela sera suffisant.

Critique :
Pierre Grimbert est un auteur bien connu des amateurs de fantasy francophone, notamment pour son cycle "Le secret de Ji" (encore aujourd'hui une des meilleures épopées fantasy à mes yeux) et ses suites. Il nous revient cette année avec le premier volume d'une nouvelle saga au titre mystérieux : "Gonelore, tome 1 : Les Arpenteurs". D'après certaines légendes, la Confrérie des Arpenteurs serait aussi ancienne que le monde où elle a vu le jour. Son but ultime : veiller, à l'aide du pouvoir des prismes, à ce que les Chimères restent à leur place, derrière le Voile, protégeant ainsi le monde des hommes.
Gonelore est un monde complexe constitué de plusieurs dimensions. Celui-ci n'est que l'une des facettes d'un même univers. En fait, Gonelore est la partie du monde visible par les hommes, et il n'est qu'une des dimensions du monde existant, séparé de ces dernières par une sorte de voile invisible.
Les hommes vivent sur la couche centrale de cet univers, et tout autour d'eux gravitent, sans qu'ils ne les voient généralement, toutes sortes de créatures plus ou moins imposantes selon leur dimension d'origine, mais rarement inoffensives. Il arrive parfois que ces Chimères traversent le Voile, poussées par la faim et le besoin d'étendre sans cesse leur déjà vaste territoire.
C'est donc pour lutter contre l'invasion de ces créatures que la confrérie des Arpenteurs a été créée. Grâce à des prismes colorés issus des mondes derrière le Voile, ils peuvent voir les Chimères et les combattre pour protéger les citoyens de Gonelore.
"Les Arpenteurs" porte décidément bien son nom, en mettant l’accent sur les personnages en question. Car, comme dans le cas de beaucoup de séries de Pierre Grimbert, ce premier tome se contentera de poser les bases de son histoire et de présenter son monde.
Ainsi, l'intrigue de ce premier tome apparaît comme très classique pour un roman de fantasy. Pierre Grimbert entame ici un roman initiatique dans lequel nous suivons quelques apprentis Arpenteurs (principalement quatre : Jona, Nobiane, Gesse et Daelfine) qui viennent tout juste d'être recrutés et qui découvrent l'école des Arpenteurs : Mageronce. Chacun d'eux voulant devenir un Arpenteur pour des raisons aussi variées que leurs origines.
Les changements de point de vue à chaque nouveau chapitre, là aussi classiques, sont toutefois intéressants, variant les éclairages proposés. En effet, la narration alterne le point de vue de différents personnages qui vont des nouvelles recrues de la Confrérie à leurs professeurs. 
Pour ce qui est de l'école Mageronce, on aurait pu craindre d'être transposé dans un nouveau Poudlard, mais en réalité, ce n'est pas le cas ! Car Mageronce est en définitive bien plus qu'une école, et les maîtres-Arpenteurs plus que des professeurs. Les relations entre les différents membres de la confrérie sont biaisées par des évènements passés qu'on ne découvre qu'en partie, et on a beau tourner les pages à un rythme rendu effréné par la curiosité, le mystère plane sur tout ce premier tome. D'intrigues politiques en invasion de chimères, de découverte de la magie des prismes en interrogations sur les origines du jeune Jona, on ne s'ennuie pas une seconde.
Le livre est court, l'écriture est plaisante, et on se laisse facilement emporter par l'histoire. Ce premier tome de "Gonelore" est vraiment captivant ! Tout au long de cette lecture, il y a de nombreux éléments de surprises, d’actions, de rebondissements, qui rendent le récit vivant. En effet, dès que l'on a l’impression que l’histoire se calme, il y a, la page suivante, un nouvel élément perturbateur qui rend une nouvelle fois le récit vivant.
Au final, malgré une intrigue et une construction très classiques sous forme de roman initiatique, on se laisse très vite emporter par ce premier tome d'introduction. On prend plaisir à suivre quatre jeunes apprentis Arpenteurs dans leur découverte de cette confrérie et des dangers de Gonelore. Le livre se termine sur un cliffhanger sur de nombreuses interrogations sans réponses, mais l'essentiel est là : évasion et aventure sont au rendez-vous !
De ce fait, le dénouement de ce premier tome nous laisse dans une totale incertitude quant au devenir de nos héros ! Alors bien évidemment, on a hâte de découvrir la suite, et la bonne nouvelle, c'est que la parution de "Gonelore, tome 2 : Le Maguistre" est d'ores et déjà prévue à l'automne prochain. Personnellement, je serai au rendez-vous !!!

mardi 13 août 2013

DVD - Blancanieves de Pablo Berger

Pablo Berger - Blancanieves : Un film muet en noir et blanc extraordinairement dynamique et aux accents gothiques !!!

Note : 4.25 / 5

Synopsis :
Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves".
C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable.

Critique :
Rendons-nous à l'évidence, les cinéastes du XXIe siècle remontent le temps du cinéma, laissant derrière eux le moment où la parole lui est venue. Après le Canadien Guy Maddin (pionnier en la matière), le Français Hazanavicius, le Portugais Miguel Gomès, voici le carnet de voyage de l'Espagnol Pablo Berger dans les premiers temps du cinéma.
Le muet sera-t-il le nouveau gimmick à la mode après la renaissance du relief ? En tout cas, peu de temps après le triomphe public de "The Artist", puis la consécration critique de "Tabou", "Blancanieves" est une nouvelle preuve que le cinéma est travaillé par ses origines, le muet en noir et blanc !
"Blancanieves" (film espagnol, noir et blanc, muet) raconte une histoire familière, celle de la petite princesse tombée entre les griffes d'une marâtre sadique, sauvée par des nains. Mais le conte, né en Allemagne, prend racine cette fois sous le soleil d'Andalousie, aux derniers temps de la monarchie espagnole, aux premiers temps de l'électricité et du moteur à explosion.
Des trois versions de Blanche-Neige tournées l’année dernière, celle-ci est de loin la plus inventive, la plus audacieuse et la plus exaltante. La plus risquée aussi puisqu’il s’agit d’un film muet en noir et blanc.
On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec "The Artist", qui paraît du coup un peu scolaire, avec son parti pris de faire du muet simplement pour rendre hommage au muet. Contrairement au film d'Hazanavicius, qui revisitait cette forme d’expression oubliée avec respect et application, le film de Pablo Berger la revitalise avec un dynamisme extraordinaire, tant par le récit, qui nous mène de surprises en ébahissements, que par la forme, extrêmement forte et maîtrisée. Bien que située au début du XXe siècle, cette transposition du conte des frères Grimm a des connotations très modernes.
Cette greffe monstrueuse prend avec une vigueur inattendue. En noir et blanc, sans dialogues (et les intertitres sont réduits au minimum), "Blancanieves" est un exercice de style brillant, qui incite à accorder au réalisateur Pablo Berger (auteur, jusqu'ici, d'une aimable comédie, "Torremolinos 73") une estime inattendue. D'autant que l'exercice de style laisse peu à peu la place à un authentique mélodrame, paroxystique, servi par des acteurs spectaculaires.
"Torremolinos 73", était une farce sur le porno amateur des seventies. "Blancanieves", plus ambitieux, moins trash, plus méticuleux, transpose donc le conte Blanche-Neige dans l’univers de la tauromachie, c’est-à-dire une légende germanique dans l’Espagne traditionnelle. Non seulement Blanche-Neige y trouve ses sept nains, mais ici ils forment une troupe de toreros.
Contrairement à Miguel Gomes, Berger ne joue pas sur les décalages temporels et les niveaux de lecture, mais se contente d’un fac-similé à l’ancienne, certes pulsé par les palmas (claquements de main) du flamenco revisité avec grâce par le compositeur Alfonso Vilallonga.
Le réalisateur singularise ce fac-similé en empruntant maintes situations à Tod Browning et en les poussant jusqu’au lyrisme, sans toutefois aller au bout de la morbidité primitive du réalisateur de "Freaks". Le film déploie une plaisante panoplie cruelle avec le personnage gothique de la marâtre, infiniment plus stylé que dans les affreuses adaptations américaines de "Blanche-Neige".
Le cinéaste connaît ses classiques et les outils du muet. Quand la foule se dirige vers l'arène où le grand Antonio Villalta, futur papa de Blanche-Neige, va toréer, on se croirait dans une fresque de D.W Griffith : plans carrés, très larges, puis gros plans, très expressionnistes, sur les visages.
Pablo Berger réinvente "Blanche-Neige". Le conte devient un drame de la jalousie, où les corps sont difformes et les femmes, de sublimes objets de désir plus ou moins pervers. Ainsi le père est dans une chaise roulante après l'assaut d'un taureau, la belle-mère sadique, quant à elle, chevauche son chauffeur, cravache à la main. Et le Chauffeur qui échouera à assassiner la jeune fille, non par pitié comme le chasseur du conte, mais à cause de sa libido.
Au final, le cinéaste espagnol a manifestement assimilé les enseignements des grands maîtres du muet (Lang, Murnau), tout en empruntant des éléments à Buñuel et à Browning lors de ses incursions dans le monde du spectacle, peuplé de ses inévitables freaks. Beau et cruel jusqu’à la dernière larme, ce conte de fées sorti de nulle part est l’une des meilleures surprises de cette année.
Un conte ancien, un film muet en noir et blanc, et pourtant un film moderne, bouleversant et magnifique. Toute la beauté du septième art !!!

vendredi 9 août 2013

Musique - Palms de Palms

Palms - Palms : Un rock atmosphérique très onirique !!!

Note : 4 / 5 

Quand ces béhémoths du métal que sont Isis se sont séparés, ils ont laissé un vide qui n’a pu être remplacé. La nouvelle que trois de ses membres s’étaient associés avec le leader des Deftones, Chino Moreno, on peut imaginer l’excitation que Palms étaient en droit d’attendre.
Ainsi Palms c’est la réunion des ex-musiciens d’Isis, regrettée légende du post metal à tendance toolesque, et de Chino Moreno, le grand ordonnateur d’un nü metal adoubé par une critique en général peu amène avec ce mouvement. En clair, Palms, c’est un peu l'Audioslave des années 2010, le genre de rencontre entre un chanteur charismatique qui n’a rien à prouver et une bande de musiciens orphelins qui s’ennuie sec. Ce projet, sitôt officialisé, a déchaîné des passions dévorantes sur la toile avant de doucher pas mal de monde avec la révélation d’un premier trailer aussi surprenant qu'à contre-courant.
Le but avoué de Jeff Caxide (basse), Bryant Clifford Meyer (guitare), et Aaron Harris avec Palms, était de continuer dans la voie d'Isis. On pouvait craindre avec l'arrivée de Chino Moreno, d'en être réduit à une formule Isis plus Chino Moreno. Il n'en est finalement rien, Palms ayant réussi à façonner sa propre personnalité tout en restant dans la continuité.
Tout le monde s’attendait, de la part d’Isis, à une musique puissante, psychotique et aliénante, et c’est tout le contraire qui nous est proposé. Le quartet a dégagé six compositions extrêmement apaisées, longues, atmosphériques, nonchalantes, contemplatives, à l’image d’un artwork dévoilant un coucher de soleil mordoré baignant un paysage maritime sauvage.
Ici les guitares tintent plus qu’elles n’agressent, s’étalant en de longues vagues qui s’échouent sur un rivage de sable brûlant, tandis que la batterie développe des tempos optant pour la rêverie et une certaine forme de félicité. Là-dessus, Moreno n’a plus qu’à déposer sans effort sa voix en modulant tranquillement ses effets en de longues plaintes tenues percluses des rares paroxysmes hystériques qui ont fait sa renommée.
C'est donc à un album de metal alternatif aux senteurs progressives que les quatre hommes nous convient. Morceaux denses, amples, et à la violence savamment contenue peuplent ce premier disque. Les neuf minutes que dure "Mission Sunset" sont propices aux ruptures et aux changements d'ambiances, sur fond de guitares prêtes à bondir. A l'inverse et pour une durée similaire, "Antartic Handshake" mise sur une lente progression qui s'achève par un atterrissage en douceur.
Il faut prendre le temps de l'apprivoiser pour profiter des paysages fantastiques et clairement abstraits que génère la découverte de cet album homonyme. Sauvage et domestique. Vous êtes bercés par ce post rock à la Isis car, dans le cœur de Palms, il y est. Avec ses structures tantôt répétitives, tantôt évolutives, les titres s'étirent en longueur sans que cela ne paraisse un instant longuet. Grâce à des compositions flirtant pour certaines avec les dix minutes, vous prenez un "ticket for a ride" dans le monde des chimères sans passer par la case succubes. Touchés par la grâce.
Il ne s’agit pas en effet d’un album frontal, il ne possède pas ces riffs à vous scier les os et Moreno n’adopte pas un phrasé vocal qui soit agressif et défiant. "Palms" est un disque au tempo mesuré, du début à la fin, plutôt post-rock à certains moments que post-metal, mais parvenant néanmoins à ne tomber dans aucune de ces catégories.
Une légère électricité appuie de temps à autre les propos du groupe, plus en appui que pour faire pulser une rage, ici inexistante. Quant aux compos elles sont agréables. Le temps est au repos, à la rêverie les yeux mi-clos, cette musique drive son auditeur dans quelque chose de post rock qui que meut soit sous la caresse d’une musique répétitive soit mutant tranquillement. Chaque titre transporte en lui sa petite particularité, de plus, bien que les compos soient longues, on ne voit pas le temps passer.
La voix de Moreno colle merveilleusement à l'ambiance de "Future Warrior", faite d'une trame lourde et déchirante. Autre voyage intense, "Patagonia" saura charmer les plus difficiles en matière de post-metal. Ecouter "Palms", c'est l'adopter immédiatement et remercier la nouvelle entité d'avoir si bien pris la suite d'Isis.
Au final, Palms est donc bien plus que les éléments qui le constituent. Moreno est sans doute au pinacle de son interprétation et le groupe semble fonctionner comme s'ils étaient destinés les uns aux autres. Il serait plus que dommage qu’une telle expérience et avancée dans le domaine du metal s’arrête là. "Palms" est un florilège d'émotions et de sentiments qui touche l'être en son for intérieur. Fermez les yeux et laissez-vous guider !!!

mardi 6 août 2013

Actu - Ampli pour guitares THR de Yamaha

Yamaha - THR : Retro et costaud !!!

Note : 4.25 / 5

Yamaha présente sa nouvelle gamme d'amplification pour guitare : la THR. Déclinée en trois modèles, le THR10X, le THR10C et le THR5A, elle associe des technologies de pointes et un design très vintage.
Avec son procédé de modélisation vintage, ces amplis bénéficient également d'un large choix d'effets (compresseur, reverb, chorus, flanger,...). Léger et facile à transporter, ce must have bénéficie également du logiciel Cubase qui vous permettra d'enregistrer où vous le voulez !
Grâce au THR, les guitaristes ont aujourd’hui à leur disposition un outil leur permettant de jouer partout ailleurs qu’en répétition ou en concert, et même d'enregistrer ses propres morceaux grâce au port USB intégré. Grâce à un design innovant, des caractéristiques uniques et une excellente qualité sonore, les THR constituent l’aboutissement d’une réflexion intensive sur le jeu et les usages des guitaristes. Ils ont été créés pour s’adapter à l’endroit, au moment et à votre façon de jouer lorsque vous n’êtes pas sur scène.
Dans un salon, une chambre ou le parc d’à côté, il est maintenant facile de jouer de la guitare sans dispositif complexe. Le design simple et compact, à la fois moderne et rétro, fait la part belle aux réglages intuitifs : le THR5 propose cinq types d’amplis sans compromis sur la qualité sonore. Le THR10, tout juste plus volumineux, apporte plus de bas-medium et des modélisations pour ampli basse, électro-acoustique et un canal "flat" (voix, clavier). Cinq mémoires utilisateur permettent également d’enregistrer ses propres réglages, effets et EQ compris.
Ces amplis sont un concentré de la technologie Yamaha. Modélisation vintage VCM, technologie stéréo étendue issue des mini-chaînes Hi-Fi Yamaha, HP spécifiques et, cerise sur le gâteau, une interface audio USB stéréo. Grâce au logiciel Cubase AI inclus, les amplificateurs THR vous permettent de profiter d’un enregistrement dans le confort de votre salon. Yamaha est une de ces compagnies qu'on ne peut qu'aimer quand on voit toute la recherche qui est mise dans leurs guitares et accessoires. C'est un fait que la qualité de fabrication et le soin porté est consistent, ce qui leur fait gagner un énorme respect, mais c'est aussi dans l'innovation que Yamaha séduit.
C'est avec les THR10 et le THR5, que l'innovation nous vient, des outils conçus comme le dit Yamaha comme un "troisième ampli". Le troisième aux cotés de votre énorme système d'amplification pour la scène, et votre petit ampli de répétition, car Yamaha pense que personne jusqu'à présent n'a vraiment créée le véritable ampli d'entrainement ou d'enregistrement d'idées. La manière de jouer à la maison n'étant pas la même que sur scène, c'est avec une version plus petite de votre ampli de scène que Yamaha vous donne exactement ce dont vous avez besoin. Et le résultat est surprenant et impressionnants !
Les dimensions du THR10 (le meilleur des deux pour seulement 100€ de plus) sont de 360x183.5x140mm pour un poids de 2.8 kilogrammes. La finition crème et son boitier métallique avec les boutons de type vintage contribue à lui donner un style très "old school", même si l’ampli reste résolument moderne dans sa conception. Les effets intégrés dans ce petit amplificateur bénéficient de la technologie de modélisation VCM (Virtual Circuitry Modeling) développée par la firme et utilisée sur pas mal de leurs produits. Cette technologie est censée reproduire les caractéristiques des circuits analogiques de nos grands-parents dignes de la chaleur de ces bonnes vieilles lampes d’antan. La très grande sobriété de cet amplificateur ne sera pas pour déplaire aux musiciens qui recherchent quelque chose de simple et efficace.
L’ampli est fourni avec son adaptateur secteur 100/240 Volts (50/60Hz), mais aussi quelques accessoires dont un mode d’emploi sous forme papier (complet et très bien documenté avec de nombreuses illustrations iconographiques), un cordon de raccordement à votre PC/MAC avec un port USB 2 et enfin un mini-jack (avec entrée et sortie stéréo) afin de raccorder l’ampli à un enregistreur audio (MD, MP3, etc.).  Afin de vous enregistrer sur votre PC/MAC, le séquenceur présent Cubase Al de Steinberg sur le DVD-ROM vous est gracieusement offert.
Si votre utilisation se porte vers le jeu plutôt que l'enregistrement, l'addition des enceintes stéréo devrait vous convenir, pour vous donner, selon Yamaha, "une image stéréo incroyablement vaste et une qualité de reverb de studio". Les premières démonstrations que j'ai pu voir m'ont fortement impressionnées avec des modélisations riches, gras et plus important crédibles.
Cet ampli, s’il n’est pas assez petit afin de se glisser dans la housse de votre guitare, demeure relativement compact. Ainsi, vous pourrez, grâce à sa petite poignée chromée, facilement l’emporter dans tous vos déplacements et fera aussi bien l’affaire en loge afin de s’échauffer avant une prestation scénique que chez vous dans votre salon afin de ne pas déranger vos voisins.
L’accordeur intégré est pratique et précis. Afin d’accéder ou de quitter cet outil, il suffit simplement d’appuyer sur la touche TAP/TUNER pendant quelques secondes. Une fois enclenché, il déconnecte automatiquement aussi bien le haut-parleur que la prise casque. L’accordage est rapide grâce notamment au petit écran muni de petites diodes rouges qui vous indiqueront si la note est trop haute ou trop basse. La justesse sera bonne une fois la diode verte allumée.
Au final, le Yamaha THR est quelque chose de spécial, et reste un ampli très versatile, portable, et plutôt sympa. Dans tous les cas je pense que toutes les personnes ayant besoin de ce "troisième ampli" seront fortement intéressés. Après tout il peut même se révéler un parfait "premier ampli".
Autant dire que ce petit ampli m'a étonné grâce à son format compact et sa qualité sonore tout à fait honorable. Le THR10 pourra convenir aussi bien pour le musicien débutant que le guitariste confirmé qui cherche un petit ampli afin de se chauffer les doigts avant un concert. Son ergonomie et sa robustesse en feront un outil utilisable aussi bien à la maison qu’en extérieur grâce à son système d’alimentation par piles. Un produit vraiment séduisant !!!

samedi 3 août 2013

Ciné - Insaisissables de Louis Leterrier

Louis Leterrier - Insaisissables : Magie et charme opèrent jusqu'à un twist final ultra prévisible !!!

Note : 3.75 / 5

Synopsis :
"Les Quatre Cavaliers", un groupe de brillants magiciens et illusionnistes, viennent de donner deux spectacles de magie époustouflants : le premier en braquant une banque sur un autre continent, le deuxième en transférant la fortune d’un banquier véreux sur les comptes en banque du public. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à les arrêter avant qu’ils ne mettent à exécution leur promesse de réaliser des braquages encore plus audacieux.
Ils font appel à Thaddeus, spécialiste reconnu pour expliquer les tours de magie les plus sophistiqués. Alors que la pression s’intensifie, et que le monde entier attend le spectaculaire tour final des Cavaliers, la course contre la montre commence.

Critique :
Ils ne sont pas nombreux les réalisateurs français à faire leur bonhomme de chemin à Hollywood. A l'image d'un Alexandre Aja ("La colline a des yeux", "Mirrors" et "Piranha 3D"), Louis Leterrier, dans un autre genre, fait partie de cette petite vague. Après avoir approché le travail de l'image à travers quelques courts-métrages très intimistes, le jeune cinéaste prenait ses bagages pour la Tisch School of the Arts de l'Université de New York où il étudie le cinéma. Revenu en France, il a d'abord travaillé avec Jean-Pierre Jeunet (sur "Alien"), puis a rejoint l'équipe de Luc Besson, pour des spots publicitaires dans un premier temps, puis collaborer sur "Jeanne d'Arc", et ensuite se voir confier la réalisation des deux premiers opus de la saga "Le Transporteur".
Aujourd'hui, il est de retour avec une production mêlant enquête policière et milieu de la magie. Casting grand luxe pour le Français qui se permet d'aligner trois Oscarisés et douze nommés. Ce n'est pas véritablement une première pour Mélanie Laurent qui a déjà approché Hollywood. Par contre, pour le très Frenchy José Garcia, c'est le grand saut (et peu importe s'il s'agit d'un petit rôle). Depuis sa sortie aux USA fin mai dernier, ces Insaisissables ne décrochent pas des dix premières places du box-office.
Après avoir enchaîné les superproductions, Leterrier ("L'incroyable Hulk" et l'innommable "Le Choc des Titans") s’improvise cette fois prestidigitateur pour réaliser ce film au casting cinq étoiles et au scénario riche en tours de passepasse. Une bonne idée même si son numéro de magie s’avère plus proche du style de David Copperfield que de celui de Houdini. Si Leterrier n’a toujours pas réitéré son coup d’éclat de "Danny the Dog", l’élève le plus doué de l’écurie Europacorp s’est donc définitivement installé dans une belle carrière aux États-Unis.
Influencé par "Le Prestige", de Christopher Nolan, le cinéaste a pensé qu’une mise en scène ostentatoire (travellings et lents mouvements de caméra) ferait illusion. Or, il manque l’essentiel : le mystère et l’incertitude, inhérents au genre, qui auraient rendu cet "Insaisissables" moins déchiffrable. Heureusement, Leterrier est soutenu par des comédiens hétéroclites qui, sans livrer les performances du siècle, prennent plaisir à se rencontrer, à se tromper et à se renvoyer la balle. Un écheveau manipulateur qui divertit jusqu’à la révélation finale, assez prévisible.
Ainsi "Insaisissables" se frotte à un exercice dont le maître-étalon semble intouchable : "Le Prestige" donc. Le grand spectacle de la magie dont la manipulation trouve un écho logique dans celle opérée par le metteur en scène et son scénario, le sens du spectacle, et même la présence de Michael Caine. Sauf que là où le récit élaboré par les frères Nolan brillait par sa cohérence dans la multitude de rebondissements, celui dont ont accouché Ed Solomon (jadis scénariste de "Men in Black"), Boaz Yakin (scénariste de "Prince of Persia" et du "Punisher" de Mark Goldblatt) et Edward Ricourt, ne tient pas toujours la route.
A trop vouloir jouer avec la poudre aux yeux, il s’aveugle lui-même et ne va nulle part, plombé par une construction terriblement maladroite par moments. C’est d’autant plus rageant que sur le papier, "Insaisissables" possède un potentiel immense, celui de réitérer l’exploit "Ocean’s Eleven" avec en plus l’ingrédient non négligeable de la magie comme outil de braquage. Malheureusement chaque bonne idée ne se transforme pas nécessairement en bon film, en particulier si elle est exploitée que partiellement.
Côté casting, même s'il réunit un grand nombre de personnages importants, le long métrage ne fait pas l'erreur d'en oublier. Aucun n'est traité de manière trop superficielle. Il faut dire que le film peut compter sur une solide distribution. Outre les acteurs mentionnés ci-dessus, on retrouve notamment Michael Caine, Morgan Freeman, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, Isla Fisher, Dave Franco et Jesse Eisenberg. Contrairement au film "The company you keep", le réalisateur a su tirer pleinement profit de sa distribution. On retiendra surtout les prestations solides de tous ces acteurs, avec un casting dominé de la tête et des épaules par un Jesse Eisenberg toujours aussi vif et un Woody Harrelson impérial.
Au final, "Insaisissables" est un film rythmé et sexy qui, malgré une mise en scène maladroite et légèrement épuisante au bout de deux heures, arrive tout de même à nous tromper et nous charmer. Le film aurait été meilleur si plusieurs des "punchs" principaux n'avaient pas été révélés dans la bande d'annonce et si le final ne se dévoilait pas aussi prévisible. Un bon divertissement, mais bien loin de son réel potentiel !!!