samedi 13 juillet 2013

Série - Defiance de SyFy

SyFy - Defiance : Une série ambitieuse et aux possibilités incroyables, mais qui peut vraiment encore aller plus loin !!!

Note : 3.75 / 5 (saison 1)

Synopsis :
Ravagée par plusieurs décennies de guerre intergalactique, suite à l'arrivée de plusieurs espèces extraterrestres, la Terre a énormément souffert. Après 30 ans de combats, la civilisation commence tout juste à se reconstruire.
Joshua Nolan, un ancien Marine qui a perdu sa femme et sa fille lors des conflits, se retrouve malgré lui shérif de Defiance, l'un des rares endroits où les humains et les extraterrestres parviennent à cohabiter. Située dans une vallée cernée de montagnes, la ville va devoir faire face à de nombreux dangers. Des menaces venant aussi bien de l'extérieur qu'à l'intérieur.

Critique :
Ce qu'il y a d'intéressant avant toute chose c'est que "Defiance" représente le retour de Syfy à la science-fiction. Après s'être épanchée dans les séries fantastiques ("Being Human", "Alphas") ou racheter les droits d'une tonne de séries grand public ("Merlin", "Lost Girl"), elle lance ici son premier projet ambitieux depuis un bon bout de temps. Et pour tout vous dire, c'est vraiment rafraichissant.
Derrière "Defiance" il y a de très grands noms. Tout d'abord, Kevin Murphy ("Desparate Housewives", "Caprica"), ensuite Michael Taylor ("Battlesatar Galactica"), mais surtout Rockne S. O'Bannon. Le créateur de "Fascape", qui reste à mon sens l'une des séries SF les plus abouties jusqu'à aujourd'hui et qui est entrée dans le Pantheon de ces séries. 
L'action de "Defiance" se situe trente ans après l'arrivée soudaine et effrénée de plusieurs espèces extraterrestres. La guerre fut dévastatrice et laissa comme conséquence une Terre désolée où chacun doit lutter pour survivre. Dans ce monde désormais placé sous l'emprise du désarroi, Joshua Nolan (Grant Bowler) et sa fille adoptive Irisa (Stephanie Leonidas) vont découvrir que dans l'ancienne ville de Saint-Louis, rebaptisée Defiance, est né un lieu ou extraterrestres et humains tentent de cohabiter et reconstruire un semblant de civilisation. Pour autant, le danger n'est jamais très loin, et des menaces subsistent à l'intérieur même de l'enceinte.
En voyant le premier épisode, on ne peut que se dire que les scénaristes de la série sont allés piocher assez largement leurs références, bien que la première idée qui nous vienne à l’esprit pour décrire l'ambiance de "Defiance", soit le jeu vidéo "Fallout". Pour le reste, l'épisode pilote nous propose tout un tour d'horizon du monde de la science-fiction. "Mad Max", "Terra Nova", ou encore "Babylon 5" de par la propension de la série à faire coexister dans un même lieu toute une tripoté de races différentes.
Toutefois, malgré toutes ces références plus qu'évidentes, la série en fait un melting pot assez réussi et laisse transparaitre une réelle cohérence à l'ensemble. Bref, l'univers qui nous est proposé est plus que crédible. Un univers particulièrement ambitieux faisant interagir pas moins de cinq races différentes.
Tout d'abord les Humains. Puis les Castithans, plus communément appelé "spectres" du fait de leur cheveux et peau d’une extrême blancheur, ils possèdent une culture relativement complexe et basé sur un système de hiérarchie de liro, famille, et des aspects clairement guerriers même s’ils semblent beaucoup plus portés sur les manœuvres politiques. Ensuite les Indogènes, ils sont beaucoup moins charismatique et semble très porté sur les poste requérant une connaissance avancé, d'apparence beaucoup moins proche des humains que les Castithans mais restent de forme humanoïde.
Les Irathiens, quant à eux, semblent plus organisé en tributs et plus à l’aise dans les vaste étendus naturelle que dans les villes. Parfois Cannibale, ils semblent être d’excellent survivant. La plupart sont en effet regrouper en horde de maraudeur, pillant tout ce qu’ils trouvent. Irisa, la fille adoptive de Nolan est irathienne. Et enfin les Volges, mixe entre de gros orcs et des robots de combat, sont les plus à même de faire la guerre et sont d’ailleurs la seule race à continuer de la faire. Lourdement équipé, ils sont de redoutables adversaires, craints par toutes les autres races.
La principale originalité de "Defiance" tient cependant à sa forme hétéroclite, car, outre les moyens considérables qui apparaissent à l'écran, la série fut pensée dès sa conception comme un projet transmédia. En effet, le concept fait cohabiter en parallèle une série télévisée et un MORPG de tir en ligne à la troisième personne dans un monde ouvert, dont les initiateurs affirment d'ores et déjà un fort niveau d'interactivité et une interdépendance avec l’histoire télévisuelle. Un concept particulièrement original et qui, s'il tient toutes ses promesses, offrira des perspectives sans précédent. Les deux univers partagent donc le même fil conducteur, en s’influençant mutuellement.
Cette première saison est assez prenante et installe assez bien les différents personnages principaux ainsi que les diverses intrigues, principales et secondaires, de la série. Les intrigues, bien que classiques, se montrent assez accrocheuses pour donner envie de voir la suite. Toutefois, aux vues du panel des possibilités qu'offre "Defiance", elles mériteraient d'être plus approfondies et fouillées. Espérons que cela sera le cas dans la deuxième saison, prévue en 2014.
Côté personnages, la plupart des personnages principaux se démontrent d'un certain charisme. Bien que, il faut l'avouer, les personnages féminins éclipsent peu à peu la vedette aux hommes. Mention spéciale pour l'actrice Jamie Murray, qui campe le rôle de la castithane Stahma Tarr. Magnifique, froide, calculatrice, perfide et plus venimeuse qu'un serpent de Belcheri, c'est la véritable surprise de la série !
Nolan, lui, est incarné par Grant Bowler ("Ugly Betty", "True Blood"), qui ne s'en sort pas trop mal. Convaincant dans ce rôle, même si au début il peut paraître un peu froid, c’est un guerrier aguerrit dont on va vite comprendre que c’est aussi une âme sensible. C’est un de ses héros très à la mode en ce moment. Il a des biceps, un cerveau, un cœur, une tête qui plait à tout le monde, et un humour à la Jack O’Neill.
Au final, les décors magnifiques et la variété des peuples, des technologies et des mœurs de chacun donne un cocktail explosif soutenu par de bonnes, même si classiques, intrigues. "Defiance" est une série post-apocalyptique particulièrement ambitieuse proposant de surfer entre conflits politiques, complots, action et romances. A la base pas foncièrement originale, la série porte en son sein des possibilités illimitées pouvant l'entrainer à devenir l'équivalent en science-fiction de ce qu'est "Game of Thrones" à l'heroic fantasy. Les paris sont lancés. On espère ne pas être déçu !!!

mercredi 10 juillet 2013

Ciné - Le grand méchant Loup de Nicolas et Bruno

Nicolas et Bruno - Le grand méchant Loup : Une comédie classique, mais racée, élégante et réellement très efficace !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
Il était une fois trois frères qui vivaient heureux. Du moins le pensaient-ils. Un jour leur maman eut un accident. Alors Henri, Philippe et Louis se mirent à se questionner sur le sens de leur vie. Une grande vague de doutes pour ces quarantenaires versaillais sans histoire, qui suffit à leur faire entrouvrir la porte à l'inédit, à l'interdit, à l'aventure... au Grand Méchant Loup.
De maison de paille en maison de bois, le loup aussi sexy soit-il délogera-t-il nos trois frères ? Et l'hôtel particulier en pierre de taille de l'aîné, est-il vraiment si solide ? Et si au bout du compte la vie d'adulte n'était pas complètement un conte pour enfant ?

Critique :
Après le très conceptuel "La Personne aux deux personnes", Nicolas & Bruno revisitent "Les Trois Petits Cochons" et signent une comédie piquante sur un de leurs sujets fétiches, la schizophrénie, celle de quadras tiraillés entre le désir et la raison. Les auteurs pratiquent avec esprit l’hommage (notamment à Jean-Loup Dabadie) et le détournement (les films d’Arnaud Desplechin, la série "Big Love"). Offrant de plus des répliques drôles et qui font mouche, comme celle de Poelvoorde : "Où tu es, l’interroge sa femme. – A la cafèt. – Avec qui ? – Un sucre".
Après l’échec de leur premier long métrage, Nicolas & Bruno ont décidé de revenir à une forme de comédie nettement plus balisée. Le pitch de leur deuxième long a déjà fait ses preuves ailleurs (il s’agit du remake d’un gros succès du cinéma québécois) et la présence massive de stars au générique est censée réconcilier les réalisateurs avec le box-office.
Nicolas et Bruno ont décidé de réunir trois acteurs majeurs de la comédie française dans leur nouveau projet. Au casting kad Merad, Fred Testot et Benoît Poelvoorde. Ils incarnent trois frères mariés dont la vie va basculer le jour où leur mère a un accident. Dans "Le grand méchant Loup", ils s’interrogent alors sur leurs vies et l’un après l’autre cèdent à la tentation, à l’aventure et à l’inattendu. Leurs écarts de conduite vont avoir des conséquences et les trois frères devront faire face à leur famille et plus particulièrement leur compagne.
Outre les trois rôles principaux, notons Valérie Donzelli, Charlotte Le Bon, Zabou Breitman, Léa Drucker, Linh-Dan Pham, Denis Podalydès... Ce n'est plus une ronde, mais une véritable farandole de grands acteurs !
En voyant le synopsis et le casting, on ne peut s'empêcher de penser à une sorte de blockbuster français. Une réunion de grands noms de l'humour francophone tenant les rôles principaux. De plus, le scénario reprend l'histoire du conte pour enfants "Les trois petits cochons", tout en s'inspirant librement du film du canadien Patrick Huard, "Les Trois P'tits Cochons". Pourtant, malgré tous ces éléments qui pourraient nous pousser à nous méfier, le film fonctionne.
Plus rigoureux que "La Personne aux deux personnes", ce "Grand méchant Loup" est très classique dans la structure de son scénario. Cependant, agréablement porté par un casting de vedettes jouant au cordeau, le film est d’une haute précision comique et d’une vraie classe formelle qui confirme que ces garçons, quoi qu’ils fassent, planent cent coudées au-dessus de la concurrence.
Le métrage ne tombe jamais dans les blagues trop faciles ou trop lourdes. Au contraire, l'humour se place assez subtilement. On rit des situations, de la nullité des personnages en matière d'adultère, de leur naïveté et aussi de leur malheur, mais jamais de gags trop prévisibles. De plus, au-delà de la dimension humoristique, le film s'attarde également sur un côté plus profond.
Le fait de traiter trois relations distinctes permet aux réalisateurs de revenir sur des amours différents. Henri (interprété par Fred Testot) est un jeune marié et déjà dans la routine, pendant que Philippe (Benoît Poelvoorde) semble vivre une relation qui marche tout en ayant des peurs et des doutes sur l'avenir, alors que Louis (Kad Merad) est installé avec sa femme dans un quotidien qui lui plait, bien qu'il soit dénué d'amusements.
Ces réflexions sont amenées par une narration des différentes histoires par les personnages eux-mêmes, chacun ayant ainsi un segment du film lui étant réservé. Par ce biais, Nicolas et Bruno permettent une meilleure compréhension des questions et des doutes auxquels font face ces trois quarantenaires. De plus, cela rajoute au côté conte pour enfant, qui reste le postulat de départ, bien que l'histoire est pris un tournant plus adulte sur le thème abordé.
Au final, "Le grand méchant Loup" est une comédie racée, lointainement inspirée des "Trois Petits Cochons", emmenée par une brochette d’acteurs et actrices parfaitement assortis, mériterait d’être le succès comédie de l’été. Quant à l’ex-Miss Météo Charlotte Lebon, qui fait ici ses débuts au cinéma, elle prouve qu’elle a d’autres arguments à faire valoir que son affolante plastique. Une bonne surprise qui donnera aussi bien à rire, qu'à réfléchir !!!

lundi 8 juillet 2013

Livre (Manga) - Green Blood de Masasumi Kakizaki

Masasumi Kakizaki - Green Blood : Un western hallucinant qui pourrait être le best-seller manga de l'été !!!

Note : 4.25 / 5

Synopsis :
A Manhattan à la fin du XIXe siècle, misère, criminalité et prostitution ravagent le quartier de Five Points. La pègre, qui a corrompu les autorités, y fait régner sa loi. Au sein de la marée d'immigrants qui transitent par New York jour après jour, le jeune Luke Burns s'efforce de rester honnête et joue les dockers pour survivre. Il sait, comme tout le monde, que le clan mafieux le plus dangereux de la ville, les Grave Diggers, s'appuie sur des assassins pour asseoir son autorité.
Mais ce qu'il ignore, c'est que le plus célèbre d'entre eux, le Grim Reaper, n'est autre que son frère aîné, Brad.

Critique :
Après "Rainbow" et "Hideout", c’est pour notre plus grand plaisir que l’on retrouve Masasumi Kakizaki qui nous propose cette fois un western. En prenant comme contexte la sixième circonscription de Manhattan, à l'époque de l'immigration massive vers les États-Unis (fin XIXe siècle), Masasumi Kakizaki dévoile un scénario d'une noirceur sans commune mesure. Tout au long du volume, la trame est enveloppée d'une aura dévastatrice qui favorise une immersion plus que réussie dans ce ghetto nommé Five Points.
Le décor, c’est donc le quartier de Five Points en 1865, une époque où les gangs ont la mainmise sur certains districts de New York et se livrent une lutte sans merci. On y suit le parcours de deux frères qui tentent de survivre dans cet environnement où vols, prostitutions et meurtres fleurissent. Le plus jeune s’appelle Luke et essaye de mener une vie honnête tout en se comportant comme un bon samaritain, tandis que le deuxième travaille la nuit pour un gang en tant que tueur impitoyable.
Sombre, cruel et sans pitié, le récit se montre très prenant et captivant. Il faut dire que la retranscription de l’époque est très réussie, que l’intrigue est très réaliste et que le scénario se montre déjà bien ficelé.
Immense fan des westerns spaghetti de Sergio Leone et compagnie, je suis heureux de retrouver cette ambiance dans "Green Blood" : des gueules d'ange (le héros, son frère), des gueules cassées, des personnages bourrus, des personnages amoraux, des duels au flingue, etc. Mais "Green Blood", ce n'est pas que ça. Kakizaki va un peu plus loin que le simple hommage. Il emprunte certains codes, mais va aussi lorgner du côté de "Gangs of New York" en nous présentant un monde urbain sale et impitoyable. Les immigrant(e)s venant chercher prospérité ou fortune aux USA se retrouvent dans un monde violent et sans espoir.
Le lecteur se retrouve ainsi plongé dans un environnement hostile, où tout se règle par la violence, laquelle submerge le volume par des scènes à caractère explicite qui confirment que ce titre ne s'adresse clairement pas à des enfants. Entre règlements de comptes et prostitution, "Green Blood" illustre le quotidien difficile vécu par ces recalés au rêve américain, sur un rythme cadencé, ralenti seulement par quelques touches d'optimisme disséminées.
Ce premier tome étant une introduction, il remplit parfaitement son office. Le monde est bien décrit et les personnages déjà approfondis. Les personnages ont presque tous un côté sombre et violent qui les rend terrifiants mais aussi très charismatiques. Pour l’instant, on fait surtout connaissance avec les personnages et leur environnement, mais on a déjà le droit à des règlements de compte et des assassinats en bonne et due forme, le tout étant aussi terrible que captivant. A côté de cela, le "Gangs of New-York" de Martin Scorsese, qui a pour théâtre le même lieu à la même époque, fait pâle figure !
L'intrigue ne serait pas aussi agréable sans la présence d'un personnage aussi charismatique que Brad Burns. Ce grand paresseux le jour, toujours à faire semblant de chercher du travail mais préférant dormir, devient, le soir, le tueur à gages le plus redoutable et redouté des gangs, sous le nom de Grim Reaper. Sa détermination à protéger son petit frère par tous les moyens, mais également sa crainte que ce dernier découvre son secret, font de lui un personnage emblématique, tandis que l'insouciance et innocence de Luke le rendent également attachant. Le chef mafieux est très bien représenté, ainsi que son fils psychopathe et grosse réussite pour les flics corrompus.
Côté graphisme, la maîtrise de Masasumi Kakizaki n'est plus à prouver. Le dessin s'avère très incisif, illustrant parfaitement le scénario offert et la violence exposée. L'ambiance pesante instaurée par l'auteur se ressent à travers les différentes touches de gris et de noir employés, tandis que les visages présentent une certaine brutalité dans leur approche et leurs contours.
Le dessin est d'une beauté à couper le souffle. On pourra trouver des similitudes avec Buronson ("Hokuto No Ken") mais avec de la finesse. Tout est réaliste, des décors aux personnages, les pages sont quant à elles très fournies, et on a réellement l’impression d’être au XIXème siècle. Les passages se déroulant de nuit sont sombres mais lisibles, ce qui les rend d’autant plus effrayants.
Au final, "Green Blood" est seinen haletant dans lequel Masasumi Kakizaki exprime tout son talent. Le manga offre plus que du divertissement, il propose un western dont la puissance de feu amorcée laisse présager du lourd pour la suite. D'autant plus qu'il est prévu en seulement 5 tomes. Bref, un premier volume absolument superbe, qui a toutes les caractéristiques d'un véritable carton : beau, violent, racé !!!

samedi 6 juillet 2013

Livre - La Femme qui valait trois milliards de Boris Dokmak

La Femme qui valait trois milliards
                                                        de Boris Dokmak

Note : 4 / 5 

Synopsis :
Elle est la plus célèbre disparue au monde. Elle sème la mort et le chaos. Elle s’appelait Paris Hilton.
Le privé Almayer, dopé aux cocktails et à l’étherine, va remonter la piste sinueuse de la princesse blonde de Beverly Hills. A Bruges, un flic obsessionnel enquête sur le meurtre d’une jeune femme, retrouvée embaumée suivant un rituel surgi du fonds des âges. Grouillant sous le soleil de Californie, la jet-set dégénérée, les narcotrafiquants et les mercenaires saignent pour leur place au paradis. La femme qui valait trois milliards sera leur ticket pour l’enfer.
 

Critique :
650 pages qui se lisent en quelques jours. Un livre qu’on ne peut pas lâcher, qui fonctionne jusqu’au bout et dont la fin est une tuerie. Une écriture impeccable, un style unique, des personnages qu’on aimerait retrouver. Dokmak refait le monde, l’histoire, la politique, et on y croit ! "La Femme qui valait trois milliards" a tout d’un grand polar, mais pas que.
Boris Dokmak, né à Kiev en 1967, agrégé de philosophie installé en France, fait une entrée tonitruante sur la scène du polar français avec un thriller subtil et haletant. Écrivain de 45 ans né en Ukraine et vivant en Anjou donc, "La Femme qui valait trois milliards" fait partie des livres qu’on n’oubliera pas cette année. Polar paré de mille qualités, magnifique objet pop, le livre imagine la disparition de Paris Hilton dans une intrigue qui mêle services secrets américains, narcotrafiquants et serial killers férus d’égyptologie.
"La Femme qui valait trois milliards" c'est : 2023, le Mexique, la mer d’Oman, Bruges, Los Angeles, un ex-agent foireux qu’on vient chercher pour le remettre sur une vieille affaire foireuse, un flic belge qui s’embarque dans une enquête improbable sur une jeune fille momifiée vivante, la vraie-fausse histoire de la disparition dix ans plus tôt de l’icône Paris Hilton, des trafiquants de chair fraiche, des égyptologues embaumeurs venus de l’Europe de l’Est, des services spéciaux à initiales, des milliardaires saouls, des anarchistes sémiologues, des extraits de journaux, des rapports de surveillance. On pourrait croire, à première vue, à un véritable foutoir. Mais tout tient debout !
Cette profusion d'éléments aurait pu plomber l'édifice romanesque. Il n'en est rien. Dokmak tient son histoire avec une maîtrise pour le moins hallucinante pour un débutant. Au bout du compte, le sort de Paris Hilton, icône d'une époque déboussolée et creuse, importe moins au lecteur que cette descente aux enfers de deux hommes que tout oppose.
Tout d'abord, il s'agit d'une histoire de tueur en série mais qui limite sa collection à un nombre extrêmement réduit de victimes. L'enquête est menée en parallèle par un policier belge dont l'un des principaux faits de gloire sera de se retrouver dans une prison de la douane américaine, et par un ancien des services secrets chargé de protéger Paris Hilton et qui a failli bien plus qu'on ne le croit d'ailleurs.
Boris Dokmak aligne donc de nombreux éléments archétypaux du thriller avec de longs développements sur le choix d'une arme, des parrains de la drogue, des tueurs fous et sanguinaires, des attaques en bateau, des filatures, des complots, des secrets d'État,... Toutefois, s'il emprunte la forme à la ligne traditionnelle des thrillers, la vivacité et l'intelligence du monde créé par Dokmak se révèlent bien plus proche de genres moins communs que sont le roman d'anticipation ou futuriste.
L'intrigue joue sur une opposition. La femme du titre qui vaut trois milliards est-elle Paris Hilton ou plutôt cette momie que l'on retrouve et qui serait unique ? L'ensemble est décrit dans un futur proche où se développent des luttes sordides. L'auteur parvient à maintenir, par un style nerveux, la ligne étroite entre le modèle et sa parodie pour présenter une histoire forte, qui joue sur plusieurs niveaux avec force et conviction. Tous les éléments disparates s'adaptent au final comme dans un puzzle pour créer un suspense intelligent qui lie l'Égypte antique et les dérives médiatiques actuelles.
Dokmak maîtrise son bazar avec un sens du rythme qui évite l’hystérie. Il ne perd pas le fil malgré d’incessants allers-retours temporels et parvient même à rendre crédible son histoire rocambolesque. L'écrivain parvient à rester en équilibre au bord du gouffre, original mais pas à tout prix, bancal mais avec élégance, foutraque mais avec du sens !
Au final, "La Femme qui valait trois milliards" est un polar qui va faire référence pour la grâce de son mouvement, son ambition et sa manière de ne pas y toucher. Mieux que ça, le roman réussit à nous convaincre que Paris Hilton n’est pas la coquille vide qu’on a toujours crue. Et ça non plus, ce n’était pas une mince affaire. Si "La Femme qui valait trois milliards" n'est pas un one shot, les Grangé, Chattam et consorts ont des soucis à se faire !!!

jeudi 4 juillet 2013

Musique (Metal) - Deceiver of the Gods d'Amon Amarth

Amon Amarth - Deceiver of the Gods : Du death metal mélodique qui, à défaut de surprendre ou d'innover, continue de se perfectionner !!!

Note : 3.75 / 5 

Difficile de surpasser un triomphe comme celui de "Surtur Rising", qui fit en 2011 d'Amon Amarth un poids lourd du death metal mélodique. Avec des ventes dignes d'un artiste pop, Amon Amarth a révélé que les fans de mythologies nordiques sanglantes se comptent par centaine de milliers à travers le monde. Amon Amarth a donc fourbi ses glaives, aiguisé ses haches, et est reparti au combat le cœur vaillant de ceux qui savent ce qui les attend au Valhalla.
Pour leur neuvième campagne discographique, les vikings d'Amon Amarth ne se sont pas reposés sur leurs lauriers. Cette fois c'est en Angleterre que l'album a été produit, aux Backstage studios d'Andy Sneap, qui ne présente plus, et dont le Curriculum Vitae étoffé parle de lui-même : Megadeth, Exodus, Arch Enemy, Kilswitch Engage, Nevermore, Kreator, Machine Head, Testament… Les suédois reviennent à nouveau, deux ans après "Surtur Rising" donc, avec un nouvel album intitulé "Deceiver Of The Gods" qui semble prendre la même direction que les précédents, aussi bien musicalement qu'au niveau de l'artwork.
Avec "Deceiver of the Gods", Amon Amarth nous entraîne à nouveau dans une vraie saga musicale inspirée du Ragnarök, le Crépuscule des Dieux version Odin et compagnie. Ce dernier opus conte tout simplement l'affrontement final entre le maléfique Loki et les dieux alliés aux humains. Carnage et boucherie sont au programme, quand on sait que Loki reçoit l'aide de sa fille Hel dans le morceau du même titre. Il n'est pas difficile de deviner quelle est la nature de l'intervention de la déesse du royaume des morts, ni celle d'une chanson à la barbarie assumée.
L’album débute avec le titre éponyme "Deceiver of The Gods", qui est un morceau Amon Amarth pur jus. Un rythme rapide qui entraîne immanquablement une furieuse envie de se jeter dans le pit, comme certains d'entre vous ont pu le constater à la première présentation du morceau en live devant le public français au Sonisphere. Bref, cette chanson résume à elle seule le style du groupe : des passages mélodiques, un refrain qui donne envie de se démettre la nuque et de hurler en chœur et une rythmique entraînante parfaitement adaptée à un pogo viril.
"As Loke Falls", "Under Siege" et "Coming of the Tide" sont des morceaux passe-partout. Ils sont très bien, mais on les a déjà entendus des centaines de fois. Attention, tous les fans du groupe vont les trouver très poilus et ils auront raison de profiter de leur écoute.
"Blood Eagle" (nom d'une pratique de torture issue des sagas nordiques consistant à séparer les côtes de la colonne vertébrale pour former des ''ailes'', le supplicié se retrouvant alors avec les poumons hors de la poitrine) est assurément le titre le plus rapide du disque. On commence avec une intro bien gore, où on imagine l'aigle en question dévorer avidement sa proie, d'après le bruit de la chair se faisant déchiqueter et les cris agonisant que l'on peut entendre dans l'intro. L'ambiance est posée. Un titre vraiment ultra rapide et nerveux qui tombe à point nommé avant d'aborder la seconde moitié du disque.
"Father of the Wolf" est encore un morceau taillé pour le pit, avec toujours la bonne vieille recette d’accélérations rythmiques bien pesées entre des mélodies plus lentes et lourdes permettant d’entonner à tue-tête le refrain ou de hurler en chœur avec les loups. "We Shall Destroy" a des sonorités heavy metal prononcées et brigue le titre du meilleur morceau de l’album, de par sa variété, sa lourdeur et tout simplement la puissance du refrain qui nous entraîne vers les grandes œuvres du glorieux passé musical du groupe. Évidemment, rien qu’à lire le titre, on se doute bien qu’il n’y là rien de très original, mais c'est du Amon Amarth quoi !
Plus violent que "Surtur Rising", "Deceiver of the Gods" ne manque heureusement pas de lignes mélodiques et s'affirme comme une nouvelle réussite du genre. Tout est fait pour permettre de vivre intensément ce combat titanesque, à commencer par les bruits de bataille et de souffrance qui ouvrent "Blood Eagle". Pas de pause dans un disque où "We Shall Destroy" et "Father of the Wolf" se signalent par leur excellence. Sans compter la cavalcade finale de "Warriors of the North" qui emporte tout sur son passage.
Au final, Cette nouvelle offrande est un bon cru pour qui cherche à écouter du Amon Amarth pur jus, c'est-à-dire ce bon vieux death mélo guerrier avec ses envolées épiques vers les cieux d'Odin. Il n'y a rien d'autre à en attendre et c'est très bien comme ça.
Selon la mythologie nordique, Odin s’est pendu durant neuf jours et neuf nuits à Yggdrasil, l’Arbre Cosmique, pour découvrir le secret des Runes. L’écriture de ce neuvième album des fiers représentants du peuple viking semble avoir été une quête un peu moins difficile et douloureuse, pour notre plus grand plaisir !!!

lundi 1 juillet 2013

Série (Anime) - Shingeki no Kyojin, L'attaque des Titans de d'Hajime Isayama

Hajime Isayama - Shingeki no Kyojin, L'attaque des Titans : Une adaptation en anime titanesque !!!

Note : 4.5 / 5

Synopsis :
Il y a environ cent ans, les géants ont presque entièrement exterminé l’humanité, l’obligeant à retourner à une technologie du moyen-âge. Les géants qui mesurent en général plusieurs mètres de haut, ne semblent pas avoir une quelconque trace d’intelligence et mangent des humains pour leur plaisir et non pour se nourrir. Le peu d’humains ayant résisté au massacre l’ont fait en se retranchant dans un territoire entouré de plusieurs murs si hauts que même le plus grands des géants ne peut pas voir par-dessus. La population restante étant d’un peu plus d’un million d’habitants.
Quand l’histoire commence, les humains n’ont pas aperçu de géants aux abords de la ville depuis plus de cent ans. Eren et sa sœur adoptive Mikasa vont pourtant être témoin de la mort de leur mère lorsque qu’un géant encore plus grand que les précédents apparaît pour détruire le mur. Les géants déferlent donc sur la ville et font un carnage. C’est alors qu’Eren décide de prendre sa revanche et de tuer tous les titans en entrant dans l’escouade d’exploration qui n’est autre que la section d’élite des soldats de l’humanité.
Critique :
Tout le monde semble très emballé par ce nouvel anime, et je ne fais pas exception à la règle. On parle sans cesse de son animation sans défauts, de sa magnifique musique, de toute l'action et les moments purement épiques qu'on y trouve. Des compliments amplement mérités !
C’est l’anime dont tout le monde parle en ce moment donc. Véritable phénomène, "Shingeki no Kyojin, L'attaque des Titans" nous montre que la qualité de la japanimation actuelle n’est pas si morose que ça. Des petites perles comme "Shingeki no Kyojin" existent encore et il faut en faire la promotion.
L'anime a tout pour plaire avec un chara-design old school qui vous rappellera certainement "Ghost In The Shell", des graphismes soignés jusque dans le détail, et une animation fluide et impressionnante. Le tout accompagné d’une bande-son exceptionnelle, avec un scénario bien ficelé où vous irez de surprise en surprise.
L’anime est en cours de diffusion, pour le moment je n'ai pu voir que les treize premiers épisodes sur les vingt-cinq prévus. Toutefois, on peut déjà voir la qualité de l’anime. La narration y est sublime, l’action est imminente, on fait des sauts dans le futur, on est intrigué par les flashbacks proposés. La réalisation, quant à elle, est tout simplement excellente. Les graphismes sont dignes des animes des plus grands studios. Et effectivement, c’est Wit Studio, une filiale de Production I.G ("xxx.Holic", "Kimi ni Todoke", "Psycho Pass") qui est en charge de l’adaptation anime.
Avec "Shingeki no Kyojin", on a droit à un shonen mature dans ses faits et dans son déroulement. Ainsi avons-nous des personnages au caractère différent, aux histoires différentes et surtout à la psychologie intéressante. Les dernières révélations apportées dans l'anime devraient d’ailleurs permettre d’approfondir ce côté. Quant aux thèmes abordés là aussi on est dans quelque chose de plus mature. La peur de l’étranger et la survie, le tout relativement bien agrémenté de scènes gores.
Autre chose intéressante et assez rare dans cette anime est la place laissée à la femme. Ici, se battre n'est pas réservé aux hommes. Les personnages sont constamment exposés à de grands dangers, et se battent toujours au péril de leur vie, et doivent être prêts à mourir à n'importe quel moment. "Shingeki no Kyojin" ne fait pas de différences, les femmes ne sont pas considérées comme "trop faibles pour affronter ça", elles sont aussi puissantes et efficaces que des hommes, et ne sont pas en minorité !
"L'attaque des Titans" est l'une des rares œuvres à toujours nous montrer autant d'hommes que de femmes à chaque scènes, il y autant de soldats féminins que masculins, et ils sont tous sur un pied d'égalité. Il n'y a pas de tâches réservés uniquement aux hommes et vice-versa, et tout le monde porte le même uniforme. Chacun est capable de grandes choses, chacun peut être utile à l'humanité en se battant contre les titans, et chacun est autorisé à avoir des faiblesses, et ceci peu importe le sexe.
En résumé, l'histoire, bien que classique, est prenante. Les personnages principaux sont vraiment très travaillés et leur psychologie est intéressante. La haine d’Eren pour les titans, le sentiment pas très clair qu’a Mikasa pour son frère adoptif. Il y a pleins de choses intéressantes à creuser. Et l'animation est incroyablement exceptionnelle !
Au final, "Shingeki no Kyojin" est un anime de qualité. Doté d’une solide histoire, de personnage charismatique et d’un graphisme plus qu'intéressant. Il allie toutes les caractéristiques d’un excellent anime. Même si l'anime est en cours de diffusion, pour l’instant, la qualité y excelle, à chaque fois, faisant en sorte que l'on attend impatiemment la sortie d’un nouvel épisode !!!

samedi 29 juin 2013

Musique - Metal & Dust de London Grammar

London Grammar - Metal & Dust : Une pop aérienne qui va faire des vagues !!!

Note : 4.25 / 5

Attention groupe à suivre de très près ! London Grammar, tout jeune trio pop indie, est en train de percer chez nos amis britanniques et américains et cela ne devrait pas tarder à arriver chez nous.
En à peine quelques semaines, ce trio est devenu la coqueluche des magazines anglais. Tout juste signé sur le label "Because", London Grammar pourrait bien détrôner The XX et Florence & the Machine grâce à sa pop mélancolique.
Hannah Reid (voix, synthé), Daniel Rothman (guitare) et Dot Major (synthé, djembe, batterie) se sont rencontrés sur les bancs de l’université à Nottingham en 2009, via facebook plus précisément ! Daniel ayant trouvé une photo d’Hannah avec une guitare à la main sur ce réseau social, il lui envoie un message pour savoir si cette dernière en joue et si elle écrit des textes. Ils se rencontrent et commencent à jouer ensemble. Ils rencontrent Dot un peu plus tard lors d’une "house party", puis ils commencent à jouer tous les trois alors qu’ils ne se connaissent que très peu.
Après leur diplôme, les London Grammar ont joué plusieurs fois à Londres jusqu’à être rapidement repéré et signé par un des membres du Ministry Of Sound de Londres. Par la suite ils signent un contrat avec le label indé français Because Music.
C’est à la fin de l’année 2012 en publiant leur premier single "Hey now" que London Grammar s’est fait connaître donc, comptabilisant rapidement près de 300 000 écoutes sur leur soundcloud. Puis en février 2013, leur deuxième EP "Metal & Dust" (éponyme du titre de l'album) confirmait l’engouement suscité. Elégant et captivant, à classer musicalement quelque part entre Everything but the girl, Florence and the Machine et the XX, London Grammar propose ensuite un tout nouveau titre "Wasting my young years" fascinant.
Grâce à ce dernier single imparable et une musique lorgnant vers la synth-pop, le jeune groupe pourrait bel et bien rivaliser avec les spécialistes de la pop mélancolique, The XX en tête. De plus, comme ses grands frères de Everything but the girl, le trio affiche également un véritable engouement pour la musique électronique.
"Wasting my young years" commence par une voix qui d’emblée vous crucifie. C’est celle bouleversante de Hannah Reid. Elle offre à elle seule une grande partie de la magie de la chanson.
Mais très vite, le chant de la sirène est poursuivi pour être rattrapé par une rythmique et une guitare qui affolent irrésistiblement l’intention dramaturgique de la chanson. Cela s’appelle un tube et celui-ci est loin d’être creux. Cette grammaire londonienne musicale a donc été bien pensée. Par un trio qui a voulu profiter de la jeunesse de son histoire pour ne capter que l’intensité dans ses morceaux.
Au final, le trio, avec un son mélodique et minimaliste, a toutes les chances de se hisser au même niveau que ses aînés. Depuis un petit moment maintenant, la jeunesse anglaise a décidé de voir la vie en noir et blanc. Après l'avènement des corbeaux de The XX, 2013 sera certainement l'année de London Grammar. Ils ont les chansons, une moue typiquement britannique et de jolis minois. Bref, de quoi grimper rapidement en hauts des charts !!!

mercredi 26 juin 2013

Livre (Comics) - Superman Terre Un Tome1 de Joseph Michael Straczynski et Shane Davis

J. M. Straczynski et S. Davis - Superman Terre Un Tome 1 : Une rénovation des origines de l'Homme d'acier à la tonalité plus que tragique !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
Extraterrestre envoyé enfant sur la Terre, Clark Kent découvre ses pouvoirs et tente de se fondre dans la masse des habitants de Metropolis. Mais son destin est tout autre : comment concilier son statut de sauveur de l’humanité et son désir de vivre comme un humain normal ?
Dans le train de Smallville à destination de Metropolis, Clark Kent se rappelle les derniers conseils que sa mère lui a donnés avant son départ. Gentil et discret, le jeune homme est sûr de ses capacités. Il loue une chambre et passe des tests d'embauche dans le club de football américain et dans un grand laboratoire. Pour ces deux opportunités, c'est une réussite totale aboutissant à un contrat. Il gagne très vite beaucoup d'argent et en envoie à sa mère, veuve depuis seulement quelques mois.
Se baladant, il remarque la couverture d'un journal, le Daily Planet, et choisit d'aller y proposer ses services. Perry White, le rédacteur en chef, n'a pas vraiment de place pour un nouveau journaliste et l'envoie plus ou moins paître. De retour à son immeuble, Clark voit que son appartement est en feu. Sans attendre et à une vitesse folle, il fonce récupérer un costume cousu par sa mère et un morceau de métal. En le touchant, un système s'active.
Quelques minutes plus tard, les ciels du monde entier sont couverts par des vaisseaux extra-terrestres. Leurs intentions sont loin d'être pacifiques mais celui qu'ils sont venus chercher est aussi celui qui leur opposera une vive résistance. En effet, Clark vient d'une autre planète et possède des capacités surhumaines, vitesse, force ou encore pouvoir voler, qui ne seront pas de trop pour repousser cette menace venue de l'espace.
 Critique :
Après son label "All-Star" quelques années auparavant, DC Comics lance en 2010 un nouveau label mélangeant les genres : "Earth One" ("Terre Un" en français). Un peu comme "All-Star", l'idée est de donner à une équipe créative la liberté de réinventer un personnage DC pour un public plus actuel. On retrouve là-dedans ce qui était également à l'origine de la ligne "Ultimate Marvel 10" plus tôt. La particularité du label se trouve principalement sur sa publication : il n'y a pas vraiment de contrainte de temps pour les auteurs, et ceux-ci sortent des tomes de 128 pages, que l'on appellera Graphic Novel, plutôt que des singles classiques de 22 ou 24 pages. Ainsi chaque fois nous avons une histoire complète.
À l’occasion de la sortie de "Man of Steel" au cinéma (long métrage réalisé par Zack Snyder et produit par Christopher Nolan promet aux néophytes une entrée en matière spectaculaire et accessible), Urban Comics nous sort un récit inédit en France. Celui de "Superman Earth One" dont les deux volumes parus en version originale sont rassemblés en un seul album. Mais qu’est-ce donc que cet univers de "Terre Un" ?
C’est probablement la réponse de DC à l’univers "Ultimate" de Marvel, un monde où les héros sont bien différents de ce qu’ils sont dans l’univers principal et dont la lecture, détachée de toute continuité, est bien plus accessible aux nouveaux lecteurs. Et qui de mieux qualifié que Joseph Michael Straczynski pour accomplir cette tâche ? En effet le scénariste, habitué au cinéma et à la télévision, ne reproduit pas ici les erreurs qu’il a commises sur "Superman à Terre" et nous montre sa maîtrise parfaite de l’icône qu’est le dernier fils de Krypton.
Le scénariste, désireux de rénover l'image et les origines de l'Homme d'acier, modernise le héros en le montrant plus fragile et dans un contexte plus réaliste. Ainsi l'auteur applique la méthode de Marvel sur l'univers "Ultimate", avec cependant un aspect politique moins prononcé. Straczynski évite aussi de placer dès le début les ennemis classiques de Superman. C'est ainsi que vous ne croiserez pas Brainiac et quasiment pas Lex Luthor dans ces pages.
Aux USA, "Earth One" a été publié sous la forme de plusieurs graphic novels. La narration s'en trouve bousculée et permet au scénariste d'offrir une lecture agréable et qui monte en puissance. Cet album contient les deux premiers épisodes et amène sa pagination à plus de 250 pages. Straczynski est en grande forme et ne déçoit à aucun instant durant ces deux sagas successives. Il est vraiment intéressant de voir un Clark Kent qui s'installe progressivement dans le costume de Superman et qui se construit une personnalité de super héros.
Le parti pris du scénariste est ici de nous montrer un Superman plus proche du monde d’aujourd’hui que de l’image qu’il représentait en 1938. A l’image de la réalité, le héros a évolué, est devenu plus dur et le récit est clairement ancré dans la période post 11 Septembre, dans une Amérique en proie aux doutes, qui craint la crise économique et où le secteur de la presse papier, symbolisée par le Daily Planet est menacé par internet. Son Clark Kent a beaucoup de difficultés pour appréhender ce monde et semble un peu perdu, il ne parvient pas à trouver sa place rapidement et semble manquer quelque peu de maturité.
C’est en effet un récit initiatique que nous propose ce graphic novel : tout au long de l’histoire, Superman apprendra à se connaître et tentera de déterminer le rôle qu’il a à jouer sur Terre, en tant qu’homme et en tant que super-héros. Il apparaît comme étant quelqu’un de sensible et altruiste, un héros sacrificiel qui lutte pour le bien d’une race qui n’est pas la sienne mais dont il est très proche, bien qu’il soit incapable de s’intégrer pleinement dans cette société, vivant parmi elle sans en faire partie. La dimension tragique du protagoniste est probablement l’aspect le plus réussi de "Superman Terre-Un", qui brille pourtant aussi par ses scènes d’action, très hollywoodiennes et par la présence d’un casting secondaire plutôt bien développé, constitué de figures connues, comme de nouveaux arrivants.
La série bénéficie en plus d'un seul et unique dessinateur. Shane Davis n'est pas encore très connu mais il possède suffisamment de qualités pour devenir l'un des futurs grands du métier. Un trait fin, des personnages soignés, des décors fouillés sont les points notables et positifs de cet artiste en devenir. Un Jim Lee en puissance !
Le dessinateur est incroyable d'efficacité. Son trait est beau et précis, même si on peut trouver qu'il manque du dynamisme qui aurait pu être nécessaire pour atteindre de plus hauts sommets en seconde partie de volume. On retrouve ses inspirations cinématographiques et télévisuelles dans ses décors et ses personnages. Sa Lois Lane est d'ailleurs le sosie de Jennifer Carpenter (la sœur dans "Dexter"). Et tant qu'on parle d'elle, elle fait partie des quelques personnages secondaires mis en avant dans ce récit, suffisamment pour ne pas se concentrer que sur Clark et introduire plusieurs intrigues pour la suite de l'histoire.
Au final, efficace et spectaculaire, malgré la tonalité tragique que  Straczynski donne aux aventures de son héros qui peut sembler assez pesante bien qu’elle soit tout à fait appropriée au personnage, voici une nouvelle série consacrée à Superman à suivre obligatoirement. "Terre Un" en reste un vrai Superman pour la nouvelle génération qui a le mérite de moderniser le personnage sans le trahir et nous montre, plus que jamais, que le dernier fils de Krypton n’est pas véritablement l’homme de demain, mais bien l’homme d’aujourd’hui !!!

lundi 24 juin 2013

Actu (Jeu) - Watch_Dogs d'Ubisoft Montréal

Ubisoft Montréal - Watch_Dogs : Un jeu inventif et soigné qui entrera dans le top 3 2013 ?!?

Attente : 4.5 / 5

Synopsis :
Watch_Dogs est un jeu d'action à la troisième personne. Dans un univers moderne et ouvert où tout est connecté à un système de contrôle central appartenant à des sociétés privées, le joueur incarne un groupe de hackeurs et d'assassins capables de manipuler et de pirater les systèmes électroniques. 

Attente :
Sensation à Los Angeles en 2012, "Watch_Dogs" d'Ubisoft a donc fait son grand retour sur le showfloor de l'E3 2013 avec tous les regards braqués sur lui, et la ferme intention de confirmer les promesses entrevues un an plus tôt. L'éditeur parisien semble dorénavant porter une confiance sans limites à cette nouvelle franchise de Montréal.
La démonstration de "Watch_Dogs" sur le stand d'Ubisoft fut l'un des moments forts de cet E3 2013, et pour cause. La version de présentation lâchait le programme scripté pour une vraie session de jeu, qui donnait à voir, sans trucage, l'articulation des différents aspects du gameplay (piratage, infiltration, TPS, course poursuite). Fenêtre sur le futur, tant par son thème (société du tout connecté) que par ses innovations visuelles et ludiques, je prends le pari peu risqué que "Watch_Dogs" comptera parmi les jeux phares du début de l'ère next-gen.
"Watch_Dogs" semble avant tout une claque au niveau esthétique. Les personnages sont dotés d'un excellent look, les décors, particulièrement vivants, s'avèrent très détaillés, tandis que les animations apparaissent souples et ultra réalistes. De plus, quelques détails confortent l'impression que le joueur se retrouve bel et bien en présence d'un grand jeu, comme en témoigne l'étonnante dynamique du vent qui circule dans les rues, qui s'engouffre dans les immeubles, soulève les feuilles et la poussière… Mais bien sûr, une aventure solide repose avant tout sur une véritable histoire avec un début, un milieu et une fin unique (c'est en tout cas ce qu'ont précisé les développeurs).
Le monde Watch_Dogs est régi par la CTOS, société informatique qui centralise toutes les infrastructures réseau (wifi, réseau téléphonique) et s'assure un contrôle absolu sur la société. Le jeu se déroule plus précisément à Chicago et propose d'incarner un certain Aiden, hacker hors-pair reconverti en justicier, en guerre contre le système et sa police en même temps qu'il défend la veuve et l'orphelin. Autant d'éléments narratifs qui constitueront la matière première des missions. Quant à la structure de la progression, elle rappelle celle des "Assassin's Creed", le joueur devra d'abord infiltrer puis pirater le centre CTOS d'un quartier pour débloquer ses missions.
Niveau gameplay, le jeu semble basé sur quatre axes à utiliser en même temps. Voilà ce qui constitue le fondement même du monde vaste et ouvert de "Watch_Dogs". D'abord, il y a l'exploration à pied qui permet de se balader en streaming et sans temps de chargement dans toute la ville de Chicago. Ensuite, la conduite et le tir : la première offre le pilotage de pas moins de 65 véhicules, tandis que le second permet d'accéder à une trentaine d'armes (parmi lesquelles shotgun, mitrailleuse, fusil sniper, lance-grenades…). De plus, le joueur peut recourir au système de Focus qui, en certaines circonstances, provoque le ralentissement de l'action, comme une sorte de bullet time, afin de mieux ajuster son tir entre autres.
Enfin dernier axe, probablement le plus important : le piratage. Grâce à lui, Aiden est capable de rentrer dans n'importe quel système informatique et donc de contrôler ce que bon lui semble. Par exemple, il peut hacker les serrures électroniques des automobiles et ainsi s'en emparer facilement. D'ailleurs, au passage, le jeu contient un système de looting à travers lequel Aiden récupère de l'argent et des objets automatiquement (c'est le cas en entrant dans une voiture). A cela s'ajoute aussi une dose de crafting. Régulièrement, la ville propose des boutiques "Pawn Shop" dans lesquelles le héros est capable de vendre, échanger ou acheter des éléments et matériaux (informatiques, chimiques…) pour upgrader ses armes et créer lui-même son propre équipement.
Toutefois, ce qui semble le plus impressionnant est la totale liberté d'action, car le jeu n'est pas scripté. Lors de la présentation, les développeurs ont montré que dans le jeu, rien n'était scripté et que tout était systémique. C'est-à-dire que le joueur peut à tout moment décider de son action et faire n'importe quoi, comme il l'entend. Il est par exemple possible d'accomplir une mission en infiltration totale ou bien au contraire de casser la baraque et de tuer tout le monde violemment.
Mais attention, vos actes ont une répercussion directe sur l'environnement et les agissements d'autrui, l'aventure incluant un système de Réputation. Par exemple, si Aiden tire délibérément sur un passant sans le blesser, celui-ci s'enfuit de peur, tout comme les gens alentour qui commencent à courir dans la direction opposée au héros. Le joueur peut alors s'apercevoir via un indicateur à l'écran que trois personnes sortent leurs téléphones portables et commencent à appeler la police. Aiden se précipite donc rapidement vers l'individu le plus proche afin de le mettre en joue avec son pistolet. Celui-ci lâche alors son portable et détale au galop.
Vaste monde ouvert oblige, "Watch_Dogs" propose, sur le même principe que "GTA", pas moins d'une centaine de missions mais aussi de nombreux mini-jeux ainsi que des applications pour téléphones portables accessibles sur le mobile d'Aiden. A ce titre, les développeurs en ont dévoilé quelques-unes telles que City HotSpot (sélection des meilleurs endroits de la ville), Wall (un équivalent de Facebook), DeadSec (un guide de survie) ou encore Song Sneak. Cette dernière permet de récupérer automatiquement sur le téléphone du héros la chanson qui est diffusée dans l'endroit où vous vous trouvez.
De plus, le monde simulé serait propice aux "happennings". Les séquences ludiques se lancent parfois de manière surprenante, comme de purs happenings qui prennent le joueur de court. On pense notamment à ces quêtes annexes basées sur le système de prédiction de crime (façon "Minority Report"), qui indiquent l'emplacement d'une embrouille à venir, comme cette femme qui, dans la démo de l'E3, se fera bientôt agresser : une fois sur place, où l'on prend le malfrat sur le fait, se lance sans transition une course poursuite à travers les jardins. Occasion de constater que le jeu est visuellement aussi à l'aise dans le détail à courte portée que dans le panorama de grande ampleur.
Dans sa course, le joueur franchit des palissades et traverses plusieurs propriétés, le tout dans un enchaînement de mouvements d'une fluidité remarquable. Sans transition là encore, le voyou entre dans une voiture, poursuivi par le joueur sur les routes défoncées du suburb, qui traversent au passage des espaces incroyablement détaillés de zones vertes en friches. Puis vient un croisement muni de plots de blocages de route, que le joueur pirate au réflexe : la voiture prise en chasse s'y fracasse, fin de mission. Magistral !
Dernière belle surprise des démos, et non des moindres : un autre joueur pourra s'inviter dans votre partie pour y pirater le réseau. La figure du piratage est ici particulièrement bien choisie : c'est le cours même d'une partie solo qui peut être l'objet d'une attaque pirate par un agent extérieur (un autre joueur connecté à votre partie).
Sitôt la jauge de piratage enclenchée, s'engage alors dans la zone la recherche du coupable. A l'aide du "profiling", le joueur pourra passer en revue les PNJ de la place en plein downtown, jusqu'à tomber sur le pirate. Une course poursuite s'engage alors, d'autant plus jouissive que c'est un joueur humain que l'on traque, et qui dispose de la totalité des outils de piratage, d'infiltration et de tir. On en sait encore assez peu sur les enjeux de ce mode multi (y gagne-t-on de l'argent, des points, une forme de prestige ?), mais la simple perspective de percées multi-brutales en pleine partie solo semble avoir un beau potentiel ludique.
Au final, Si la comparaison avec la saga "GTA" apparaît sur le papier, et dans certains faits, comme assez évidente, il n’en reste pas moins que "Watch_Dogs" semble faire preuve de davantage d’inventivité, tout en n'oubliant pas de soigner son aspect esthétique. Nul doute que grâce à son univers énorme et soigné, son héros charismatique et torturé ou encore ses systèmes de jeu ingénieux et intuitifs surfant à merveille sur l’air du temps (l’hyper-connectivité), le jeu d’Ubisoft Montréal est bien parti pour figurer dans le Top 3 des jeux de l’année 2013 !!!