vendredi 9 novembre 2012

Musique - Death Rattle Boogie de The Datsuns

The Datsuns - Death Rattle Boogie : Un rock garage brut et sauvage diablement bon !!!

Note : 4 / 5

Groupe de hard rock formé en 2000 (mais dont le premier album n'est sorti que deux ans plus tard !) à Cambridge, en Nouvelle-Zélande, The Datsuns nous reviennent pour un nouvel opus. On les aurait presque oubliés ! Quatre ans après leur dernier fait d’armes, "Head Stunts" (2008), The Datsuns ont décidé de refaire parler les guitares et, disons-le franchement, ce n’est pas si mal.
The Datsuns plongent les mains dans le cambouis du rock garage et accouchent d’un album pétaradant et gorgé de tubes ("Bullseye", simplement dangereux, "Hole In Your Head", tout en breaks et soli), produit par l’ancien leader des Hellacopters, Nicke Andersson, et livré par leur propre label, Hellsquad Records. Avec "Death Rattle Boogie", c'est du rock abrasif qui s'invite avec ce nouvel album des néo-zélandais, revenus aux affaires après quelques années de silence radio. Cinquième album et dix années d'existence, pas de bougies mais des cartouches pour raviver la flamme, car la saturation de cette nouvelle galette est aussi douce que la craie rayant le tableau noir.
Dès l’intro, "Gods are Bored" annonce un rock brut et sauvage, avec ses larsens et un son volontairement brouillon. La suite s’avère légèrement plus tempérée, émaillée de compos rock standards, quelques claviers pour apaiser le propos et un chant qui ose se poser  sur quelques morceaux comme pour "Shadow Looms Large". On prend une bonne dose de boogie en intraveineuse et on s’étonne presque d’en avoir oublié les vertus régénérantes.
Les explosions de larsens et riffs lourds côtoient les plages hantées d’un bayou-marigot musical ("Wander The Night", poisseux et presque Doorsien, tout comme "Colour Of The Moon"). "Skull Full Of Bone" nettoie les os de Thin Lizzy au karcher et la cavalcade "Helping Hands" affole la machine avec un grain cradingue et une voix saturée. Enfin, "Death Of Me" enfonce le clou entre une batterie à fond de train et duels de guitares sur un chant traînant, onctueux à souhait. 
Oui, The Datsuns est un groupe "dangereux" qui croit dur comme fer au rock n’roll, et redonne goût, et foi, aux groupes à guitares. "Death Rattle Boogie" sonne presque comme un coup de pied au cul aux Rolling Stones.
La spontanéité des titres et l’enregistrement sonnent live. Même si l’envie d’égorger un poulet ou de se laisser pousser la tignasse peut traverser l’esprit, "Death Rattle Boogie" est à la portée de toutes les oreilles, loin des carcans métalleux dans lesquels on tente parfois de murer les Néo-Zélandais, l'album ravira un large public. La bande de Cambridge a toujours un riff sous le médiator, puisé dans le rock seventies, évoquant parfois les élans des Black Crows.
Au final, ces 14 titres, joués pied au plancher, préfigure une belle pièce de garage rock qui ne décevra pas les fans du genre. Musique hirsute et païenne, ce retour à l'âge de pierre (celui que les Stones n'auraient jamais dû quitter), noisy comme le chant des planètes, ce rock troue la couche d'ozone, et on croirait presque qu'il sait lécher les étoiles !!!

jeudi 8 novembre 2012

Livre (Comics) - Batman, The Dark Knight returns de Franck Miller

Franck Miller - Batman, The Dark Knight Returns : Le comics culte de 1986 ayant ouvert la voie aux super-héros torturés, réalistes et destinés aux adultes !!!

Note : 4.5 / 5

Synopsis :
Batman est vieux, perclus de douleurs, aigri. Et pourtant, il va vivre sa plus belle aventure, celle qui va le propulser de nouveau au sommet. Nous sommes à Gotham, dans un futur proche. Les deux grands sont au bord d'une nouvelle guerre nucléaire. Les gangs font la loi. Les super-héros ont été bannis. Seul reste Superman mais il a vendu son âme et n'est plus que le bras armé de la Maison Blanche. 
Voilà dix ans que le "bat-signal" n'avait pas illuminé le ciel. Batman va rendosser sa cape pour un dernier combat. Dix années que Batman n'officie plus, ni à Gotham ni ailleurs. Depuis la mort de Jason, le dernier Robin, Bruce Wayne n'a plus ni l'envie, ni la motivation, de faire régner la justice comme autrefois. 
Le commissaire Gordon n'en peut plus. Après tant d'années à servir la justice, il s'apprête à raccrocher les gants. Le justicier souhaite remettre la main sur ses ennemis mais également en profiter pour rendre la paix et la sécurité aux habitants de Gotham. Très vite, ces actes sont remarqués par les médias qui constatent que Batman opère cette fois-ci de façon beaucoup plus expéditive qu'auparavant. Qui plus est, les nouvelles méthodes du justicier ne sont guère appréciées par la police qui lance un mandat d'arrêt à son encontre.

Critique :
Imaginé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger, Batman est l'un des super-héros les plus populaires et les plus prisés jamais créé. Au fil des années, le personnage a fini par s'affubler d'une image légèrement kitsch dont le summum est sans nul doute la série télévisée issue des années 60. 
Pour comprendre l'impact de ce "Dark Knight Returns", il semble nécessaire de se transposer à l'époque de sa sortie. 1986. Le petit monde des comics américains fait pâle figure. Les super-héros n'ont plus le succès d'antan. Cette situation s'apprête à changer du tout au tout. D'abord grâce à un anglais génial et encore peu connu, Alan Moore. Avec son cultissime "Watchmen", il malmène le mythe du super-héros et révolutionne l'univers des comics. 
Mais c'est cette même année qu'un autre génie choisit de remuer les lecteurs américains. Il s'appelle Frank Miller. Auteur de "Ronin" ou du renouveau de "Daredevil", il s'attaque à une autre légende : "Batman". A la fois dessinateur et scénariste, il accouche d'un électrochoc. Immensément noir, déconstruisant le mythe du justicier, "The Dark Knight Returns" achève de retourner l'univers du comics. Après lui, rien n'a plus été pareil. Retour sur un chef-d'œuvre total.
Après diverses tentatives, c'est donc finalement en 1986 à Frank Miller que la tâche de réanimer "Batman" est confiée. L'auteur est un artiste complet qui a révolutionné la narration et le dessin des comics depuis la fin des années 70. Alors qu'il sort d'un run gigantesque sur "Daredevil" (42 tomes), il revisite le héros en le vieillissant et en le montrant aigri et désabusé. 
Absent depuis quelques années, le Dark Knight marque son retour dans les rues de Gotham en faisant preuve d'une violence qu'il s'était jusqu'ici interdite. C'est avec une vision radicale que Miller a fait passer le justicier d'une lecture grand public à celle plus adulte que de nombreux auteurs ont repris aujourd'hui.
Au dessin comme au scénario, Frank Miller se lance dans une mini-série de quatre tomes narrant les aventures d'un Bruce Wayne de 55 ans, ayant raccroché depuis dix ans cape, masque et gadgets, plus tourmenté que jamais par ses vieux démons, entre le meurtre de ses parents et la culpabilité ressentie quant à la mort de Jason. Vieilli, affaibli, dégouté de voir une jeunesse nihiliste et violente terroriser les habitants de Gotham, il se décide presque malgré lui à revêtir une dernière fois le costume de l'homme chauve-souris, au risque de réveiller de vieux ennemis.
Dressant le portrait d'un Batman plus névrosé que jamais, à la limite de la schizophrénie, Frank Miller assombrit le personnage, lui conférant une aura de ténèbres qui plus jamais ne le quittera. Dans toute la production ultérieure liée à l’homme chauve-souris, impossible de s’affranchir de la vision de Miller.
Le scénario est de très haute qualité. Appuyant dès le départ sur l’importance des médias dans le retour souhaité ou honni de Batman, Frank Miller fait de l'homme chauve-souris un symbole, une icône de l’ordre face au chaos, érigé par les habitants de Gotham en dictateur au sens romain du terme. 
Miller a utilisé de multiples trouvailles narratives, comme l'utilisation des médias qui commentent chaque scène. Il décrypte également les années 80 et nous fait le portrait d'une Amérique désabusée. Ingénieux et provocateur, son "Batman" marque les esprits dès les premières pages. Sa critique de la politique est aussi très dure, notamment vis à vis de la réelle utilité d'un Président. 
On retrouve les habituels ennemis de la chauve-souris comme Double Face ou le Joker. Contrairement aux aventures passées, le héros utilise cette fois-ci ses muscles et les criminels risquent de le sentir passer. Sombre et épique, le récit vous saisit au corps et ne vous relâche qu'une fois la dernière page refermée, Frank Miller s'appuyant sur son style atypique et original.
Graphiquement, l’ensemble est superbe. Non content de livrer un récit d'une densité proprement incroyable, Frank Miller le met en images. Son trait dur et sombre, plein de violence et de noirceur, permet d'approfondir l'impact de l'œuvre sur le lecteur. Les pages bénéficient d'une précision effarante et d'une inventivité omniprésente. Il faut dire que Klaus Janson encre cette histoire avec un immense talent. Certaines des planches présentes dans le comics s'avèrent d'une beauté véritablement incroyable, on pense notamment à cette scène où le Batman tient dans ses bras un corps dans un drapeau américain, comme un hymne funéraire à une Amérique que Miller rejette
Seuls points négatifs, s'il faut en trouver, tout en muscles, massifs, lourds, Batman et consorts pèsent à l’œil et privent certaines planches d’un peu d’espace et d’aération. Rajoutant à ceci les interventions constantes des médias en petites bulles et cases en enfilade qui parfois lassent dans leur répétition graphique. Cependant, cela n'entache en rien la qualité du récit, comme du dessin !
Si "The Dark Knight Returns" s'est taillé une si grande réputation, c'est aussi pour le plus célèbre affrontement des comics américains qui oppose Batman à Superman. Ce dernier, au contraire de Bruce, n'a pas vieilli et se trouve en pleine possession de ses moyens. Pourtant, Miller nous présente ce héros de l'âge d'or comme un outil du gouvernement, un toutou du président. 
On comprend rapidement que pour continuer leur exercice, les héros ont dû se soumettre aux autorités ou prendre leur retraite. Superman s'affiche comme un play-boy obéissant docilement. Quand Batman menace l'équilibre de la nation, c'est naturellement Superman qu'on envoie. Avec l'aide de Green Arrow, Batman s'y oppose et va mettre au héros de Metropolis la plus cuisante des corrections. Miller porte sa destruction du mythe jusqu'à ce moment précis où l'homme bat le super-héros, où Batman a ses mains autour de la gorge de Superman. Après cette confrontation épique, rien dans l'univers des comics américains ne sera plus jamais pareil.
Au final, Miller interpelle, secoue et marque définitivement son lecteur. Excellentissime comics, "The Dark Knight Returns" transforme Batman en héros gothique violent, radical, paranoïaque et finalement aussi fou que ses ennemis. Son égoïsme remet en cause l'idéal d'un héroïsme désintéressé. Batman est une drogue pour Wayne, pas la preuve de sa philanthropie. A travers une ville de Gotham rongée par le vice, Miller nous dépeint une Amérique totalitaire et sécuritaire et attaque sans vergogne les médias. Les super-héros sont les parias d'une société qui veut les soumettre, faisant de Batman un héros révolutionnaire qui ne lutte finalement que pour sa propre liberté.
Ce comics est donc resté dans les mémoires comme étant celui qui, avec "Watchmen" d'Alan Moore, a lancé l'âge sombre des comics en 1986, aux héros torturés et aux thèmes plus proches de la réalité.
Œuvre fondamentale non seulement du "Batman" mais des comics dans leur ensemble, "The Dark Knight Returns" envoie Frank Miller au firmament. Extrêmement dense et intelligente, transfigurant totalement la figure du justicier et se jouant du politiquement correct, l'œuvre fait date. On pourrait encore écrire des pages sur ce chef-d'œuvre mais on le résumera par un mot : culte !!!

mardi 6 novembre 2012

Ciné - Argo, un film de et avec Ben Affleck

Ben Affleck - Argo : Un thriller diablement efficace qui confirme le réel talent de réalisateur de Ben Affleck !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien.
Sachant qu’ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de "l’exfiltration" de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu’il ne pourrait exister qu’au cinéma.

Critique :
Autant le dire de suite, avec "Gone Baby Gone" et "The Town", Ben Affleck m'avait déjà conquis avec la maîtrise de sa réalisation. "Argo" ne fait que confirmer cette impression. En effet, ce troisième long métrage témoigne d'un savoir-faire toujours plus efficace à la mise en scène.
Parallèlement à une carrière atypique où le comédien fit des choix parfois douteux qui le menèrent à quelques échecs publics et artistiques assez cinglants, Ben Affleck est en train, mine de rien, de devenir un metteur en scène important dans le paysage cinématographique. En deux films réussis, il s’est forgé une réputation de cinéaste exigeant, qui soigne aussi bien la forme que le fond, sans négliger une vraie patte d’auteur, un vrai regard, loin de l’image aseptisée que les magazines people ou des rôles indignes avaient pu renvoyer.
"Argo" sonne comme la consécration pour Ben Affleck cinéaste. Son film, maîtrisé de bout en bout, se paye le luxe de rendre hommage au septième art tout en offrant un divertissement tendu et ambitieux. Affleck ressuscite le thriller politique des 70's de manière magistrale, en offrant deux affolantes heures de cours d'histoire récente, pimentées par une critique de Hollywood et un suspense à couper le souffle.
Ce qui frappe en premier lieu, c'est le sens du détail nourrissant son long-métrage. Des costumes aux décors, en passant par l'utilisation du 16mm pour provoquer une imitation graphique d'images d'archives en introduction, la direction artistique se plaît à imposer un souci de réalisme de tous les instants.
Logo Warner vintage, typographies rondelettes, légers scratchs sur la pellicule, photographie brute, terne, granuleuse : l’illusion est parfaite, nous sommes bien en novembre 1979, quelques heures avant la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran par des activistes proches du nouveau maître des lieux, l’ayatollah Khomeini.
Du coup, le public adhère immédiatement à cette mise en abîme pleine de suspens et d'humour, de tragédie et de comédie. Un mélange des genres parfaitement équilibré qui permet au réalisateur de signer un troisième long-métrage audacieux.
"Argo", c’est donc un peu du cinéma comme on n’en fait plus beaucoup aujourd’hui, un cinoche à l’ancienne, engagé, qui assoit son propos dans le sillage d’une histoire vraie et méconnue et qui s’inscrit dans un contexte socio-politique déterminé, couplé à une reconstitution historique pointue, et ce jusque dans les moindres détails.
Du cinéma à l’ancienne, mais ça ne signifie pas que le film soit daté, car il est au contraire très moderne dans sa forme. Et dans un contexte qui aurait pu s’avérer pesant, il instille un humour jamais lourdingue qui permet justement des respirations dans un suspense savamment orchestré.
S’en suit un film d’espionnage réaliste, haletant, drôle par moments, tendu à d’autres, excellemment interprété, avec juste ce qu’il faut de patriotisme et de mièvrerie pour séduire sans choquer : bref, une machine à gagner des oscars. Contrat rempli, messieurs dames merci. Pourtant, "Argo" est plus que cela : un film qui, tout en étant exactement ce qu’on attend de lui, déjoue ces mêmes attentes, un film de contrebande.
Car ce qui est impressionnant dans le travail que Ben Affleck est en train de mettre en place depuis ses débuts comme metteur en scène, c’est sa façon de s’inscrire dans la tradition d’un cinéma classique loin des blockbusters et de transcender les genres qu’il aborde en y apportant une vision personnelle et d’y porter un regard très pointu. Il n’a pas encore réussi le film parfait mais on sent bien dans son évolution que ce n’est qu’une question de temps.
En réunissant autour de lui un casting aussi hétéroclite que proprement génial, Ben Affleck réussit à trouver les porte-paroles idéals pour son sujet. 
John Goodman et Alan Arkin en vieux producteurs retors apportent la caution humoristique au travers d’interprétations jubilatoires, dans le cadre d’une satire du milieu hollywoodien qui vient s’intégrer avec malice dans le récit puis Bryan Cranston en boss bourru au grand cœur qui s’impose comme l’un des tous meilleurs seconds rôles actuels. Et puis, bien entendu, il y a Ben Affleck l’acteur. Sans en faire trop, en étant même parfois dans une économie de jeu, il est parfait dans un rôle central et catalyseur. 
En construisant un film unique à la mise en scène fluide et efficace, Ben Affleck et son "Argo" s’imposent comme l’une des grosses claques de l’année !!!

lundi 5 novembre 2012

BND - 23ème Salon du Livre de Colmar les 24 et 25 novembre 2012

23ème Salon du Livre de Colmar : Les livres prennent voix autour du thème du bazar !!!

Note : 4.5 / 5

Parce que la bibliothèque municipale était dans les cartons en vue de son déménagement dans le nouveau Pôle media culture, elle a tout naturellement pensé au thème du bazar pour cette 23e édition du Salon du livre qu’elle organise. Plusieurs événements nous rappelleront ce thème tout au long du week-end, comme un "origami show" pour créer en direct une boîte à bazar selon cet art du pliage japonais, la déambulation des deux comédiens de "La Caravane des illuminés avertis" qui titilleront les visiteurs, ou encore la possibilité de se faire son bazar dans un studio photo avec ses amis pour repartir avec un tirage gratuit.
Le salon du livre ouvrira ses portes au bazar pour mettre en voix et en lettres les auteurs-illustrateurs qui le racontent, au hasard des rencontres et des duos improbables, des jeux de mots et des œuvres atypiques. Parmi eux, Jean-Claude Carrière, Carole Martinez, Alain Mabanckou, Serge Joncour, Stéphane Audeguy, Giacometti, Ravenne et Parma, Jérôme Duhamel et bien d'autres encore. Au total, plus de 400 auteurs seront présents, pour une séance de dédicace gigantesque ! 
Une fête du livre portée par la Bibliothèque municipale, d'où rayonnent également éditeurs, libraires, enseignants, associations, bouquinistes, médias, bibliothèques, archives et musées. Placés au cœur de la fête, les livres prennent voix tandis qu’ateliers, contes, kamishibaï et marionnettes font pétiller les pages de la jeunesse. Un plaisir du livre pour chacun et une multitude d’accès à la lecture pour tous. 
Le salon du livre accueille chaque année 25 000 visiteurs au Parc Expo de Colmar, pressés de rencontrer leurs auteurs préférés et de découvrir les dernières nouveautés de l’édition. Conçu comme une fête du livre, avec de nombreux ateliers et animations, vous trouverez 1001 rendez-vous littéraires pour rencontrer pêle-mêle ces acteurs du livre, participer à des débats durables et s'attabler au "Stammtisch" de l'histoire.
La littérature jeunesse sera particulièrement bien chouchoutée sur ce salon. Gallimard Jeunesse qui fête ses 40 ans invitera le visiteur à une rétrospective en puisant dans ses albums, romans, bandes dessinées et documentaires. Ainsi, Antoon Kings, le papa des "Drôles de petites bêtes", représentera la maison. 
De nombreux ateliers occuperont enfants et adolescents : jeux en tout genre, création de sacs en tissu ou de bandes dessinées, découverte de la typographie ou de la sérigraphie… Des spectacles ponctueront aussi le week-end. Notamment le conte "L’Amour interdit" de Bruno et Aimée de La Salle (à partir de 12 ans), le spectacle "Toi, moi et le marionnettiste" par la compagnie "Une Poignée d’Images" ou encore le "Kamishibaï", le petit théâtre de papier japonais. 
Bref, des animations dans tous les sens, des rencontres à gogo, de la curiosité à chaque coin d’allées, dans un bouillonnement culturel. Pour une fois qu’une bibliothèque municipale autorise le bazar, profitez-en !!!

dimanche 4 novembre 2012

Livre (Jeunesse) - Le combat d'hiver de Jean-claude Mourlevat

Le Combat d'Hiver
                          de Jean-Claude Mourlevat

Note : 4 / 5

Synopsis : 
Quatre orphelins, Miléna, Helen, Milos et Bartolomeo, prennent conscience de leur identité. Ils sont les enfants de résistants à la Phalange. Ce groupe, implanté dans un monde dont on ignore le nom gouverne avec tyrannie depuis une quinzaine d'années.
Le combat d'hiver est donc celui de nos quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt. Ont-ils la moindre chance d'échapper aux terribles "hommes-chiens" lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées ? Pourront-ils compter sur l'aide généreuse du "peuple-cheval" ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange ? Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu'on dit perdus d'avance. Et pourtant. 

Critique :
Il est devenu rare en littérature de jeunesse fantastique de trouver un tome unique et autonome, un "one-shot" en quelque sorte. Jean-Claude Mourlevat nous prouve que l’entreprise est encore réalisable, de surcroît avec qualité.
L’histoire sombre, violente souvent, explore un fantastique sans effets faciles, mais à la limite de l’effrayant justement de par sa volonté réaliste. Dès le départ, Jean-Claude Mourlevat réussit à créer un univers un peu trouble et étrange. Les consoleuses, les hommes-chiens, les hommes-loups participent de cette impression. Cependant, il le fait avec un tel réalisme, décrivant un monde qui pourrait être le nôtre (sans l'être vraiment), que cela en est troublant !
On a l'impression de se mouvoir dans un monde gris et triste, flirtant avec ceux décrit par Orwell dans "1984", ou Huxley dans "Le meilleur des mondes" ou bien encore celui de "V pour Vendetta", tout en étant dans un tout autre monde. Un monde avec un orphelinat très particulier digne d'une prison, où des policiers s'aident de mutants mi-chien, mi-homme beaucoup plus féroces que de simples chiens. Mais aussi un monde peuplé d'hommes simples, braves et très forts qui ont de ce fait hérité du nom d'hommes-chevaux. Et puis surtout un monde qui connaît l'horreur des combats d'hiver, ces combats à mort sur le principe des antiques jeux des gladiateurs romains. 
Mourlevat montre, décrit, explique et raconte autour de ça. Il fait le récit de la prise de conscience d'un peuple qui va vers la révolution. Avec lui, on n'a pas le temps de s’ennuyer ! Dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’univers de ces adolescents, dans leur internat très sombre ou terreur et angoisse règnent en maître. Le thème principal du livre, bien que déjà vu, est vraiment prenant. Suivre ces quatre adolescents qui reprennent un dur combat mené par leurs parents autrefois est un réel plaisir.
Ainsi, bien que l'histoire soit du vue et du revue donc, elle se veut tout de même passionnante. C'est un peu comme en fantasy où l'auteur fait toujours le récit du bien contre le mal et trouve, pour les plus doués, des variantes. Ici c'est le cas, Mourlevat ne va pas dans l'évidence, il fait vivre ses personnages et n'hésite pas à jouer avec leur vie.
Le narrateur externe cherche à ne privilégier aucun des quatre personnages, s’attardant même sur l’ignoble Mills et la relation ambiguë qu’il entretient avec son homme-chien. Cependant, on ressent clairement que des quatre personnages principaux, l'accent est surtout mis sur Helen, loyale et pleine d'empathie, une Mademoiselle-tout-le-monde, comme vous et moi. Son amitié pour Milena, puis son amour pour Milos, l'amènent à prendre des risques inédits, mais Helen reste le genre de personnage témoin des événements, de ceux qui les vivent au quotidien, non de ceux qui en sont à l'origine et qui agissent.
Milena et Bartolomeo en sont l'exact inverse, des personnages plus inaccessibles, emportés par leur combat, d'autant que la jeune fille est l'incarnation de cette Culture qui lutte pour exister, à travers sa voix extraordinaire qui lui vient de sa mère. Une grande place est donc accordée à la musique. D'ailleurs l'idée de l'évocation du pouvoir des mots et des notes sur les gens (des émotions qui les transportent et qui leur fait trouver la meilleure partie d'eux-mêmes) est une belle trouvaille. Un formidable message d'espoir où l'Art révèlerait la beauté humaine dans cette aventure sombre et fantastique, allégorie du combat de la Culture contre l'obscurantisme.
Cependant, "Le combat d'hiver" n'est pas exempt de défauts, qui n'entache en rien la qualité de l'œuvre, et qui sont, à mon humble avis, essentiellement dus aux fait que le livre soit un "one-shot". En effet, on peut regretter que Mourlevat n'aille pas plus loin dans l'exploration de son monde, à la frontière du fantastique et du réel. En mettant davantage l'accent sur les sentiments des adolescents que sur les descriptions et le déploiement de cet univers, on ne peut s'empêcher de ressentir, à certains moments, un manque, voire une légère déception.
Malgré ce léger point négatif, au final, "Le combat d'hiver" est un solide roman mené de main de maître par un très bon auteur, capable de mettre au monde des histoires plus surprenantes les unes que les autres !!!

samedi 3 novembre 2012

DVD - The Amazing Spider-man sort le 5 novembre 2012 en Blu-Ray

The Amazing Spider-Man : Un film efficace, mais jamais transcendantale, qui n'exploite pas tout son potentiel !!!

Note : 3 / 5

Synopsis :
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. 
En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin.

Critique :
Reboot de la licence Spider-Man au cinéma, "The Amazing Spider-Man" nous permet de revoir le célèbre super-héros Marvel tisser sa toile dans les salles obscures et, à partir du 5 novembre 2012 en DVD / Blu-Ray, sous la direction de Marc Webb, réalisateur que l’on connaît surtout pour la comédie romantique "(500) Jours Ensemble". La réalisation est honnête, moderne mais sans grosse surprise visuelle malgré quelques bonnes idées, comme l’utilisation de la vue subjective lors de certains sauts du héros accentuant ainsi par moments l’impression de vitesse et de vertige en se mariant de manière discrète mais assez bien avec la 3D.
Tourner un reboot de Spider-Man cinq ans après le dernier volet de la trilogie de Sam Raimi pouvait sembler aussi utile qu’une doudoune au sahara. Si ce nouveau film est clairement né d’impératifs commerciaux (Sony allait perdre les droits de l’Homme-araignée), le résultat révèle d’emblée des intentions plus nobles. Webb aurait pu zapper les bases de l’histoire de son héros (après tout, rares sont ceux qui ignorent comment Peter Parker est devenu Spider-Man) et se concentrer sur un déluge de scènes d’action destinées à faire exploser le box-office. 
C’est tout l’inverse qui se produit, le cinéaste prenant le temps de "reconstruire" le personnage en lui ajoutant une batterie de traumas absents des films de Raimi pour écrire une partition étonnante à partir des mêmes notes, jouées différemment. Ainsi, développant avec bonne humeur et humour son histoire sans oublier les enjeux pivots de la suite, Marc Webb convainc pendant près d’une heure allant même jusqu’à faire espérer une très bonne surprise pour la suite. 
Les gentilles émotions sont là même si lors de quelques passages censés être des fondamentaux de toute la mythologie du personnage, le film se loupe dans les grandes largeurs (la mort de l’oncle Ben est à ce titre un bien triste exemple tant rien n’en ressort). Malgré tout, l’empathie est présente et le terreau pour développer la suite du divertissement semble à peu près idéal.
Les différents acteurs offrent des prestations de bonne qualité. Emma Stone est une Gwen Stacy crédible en joli brin de fille intelligente et courageuse, Rhys Ifans est un savant fou torturé de bon aloi même si le registre est un peu limité, Martin Sheen rayonne dans le rôle de mentor dont on connaît le funeste destin malgré sa durée à l’écran plus faible et enfin Andrew Garfield, que l’on a pu voir dans "The Social Network" et dans "Doctor Who", interprète un Peter Parker plus attachant et moins tête à claques que Tobey Maguire qui endossait le rôle dans la précédente trilogie réalisée par Sam Raimi.
Seulement voilà, si l’ascension progressive doit être saluée malgré des couacs pas vraiment anodins, elle vient appuyer un peu plus l’évidence qui s’imposera dans l’heure qui suit : une erreur de casting évidente du côté de la réalisation plutôt que du côté des acteurs. Car il ne faut pas perdre de vue le titre du film. "The Amazing Spider-Man". Un personnage iconique, héroïque, un véritable symbole qui doit être honoré par une réalisation à la hauteur de l’amour que les spectateurs lui portent. 
Et là, bien malgré lui, Marc Webb lâche prise et n’arrive jamais à maîtriser la matière brute qui lui est offerte. La confusion entre les différents enjeux du film s’amplifie et provoque un sentiment d’inachevé dans chacun des domaines. Entre la traque de Spider-Man par la police, la quête de ses origines, la romance avec Gwen et enfin la chasse au méchant, Webb ne s’en sort pas et compose avec un script mal écrit n’allant jamais au fond des choses semées ici et là.
En fait, en modernisant le "mythe" Spider-Man, ce reboot laisse malheureusement parfois passer des incohérences entre le rendu du long-métrage et le respect de certains lieux communs constitutifs du personnage. Cela est d’autant plus dommage que cette nouvelle mouture regorge également de bonnes idées (comme la toile tissée dans les égouts par le héros, ingénieuse et visuellement intéressante, une petite amie qui n’est pas un simple faire-valoir, ou encore le rapport des choix de Peter à l’absence du père) et d’un meilleur respect de la chronologie du comic-book avec l’introduction de Gwen et du Capitaine Stacy avant même que Mary-Jane Watson n’apparaisse sur les radars.
Les effets visuels sont à la hauteur des espérances, mais c'est tout. La 3D est maitrisée mais sans grand intérêt, les scènes d'actions sont trop peu nombreuses sur plus de deux heures de films. Visuellement, comme pour le scénario, c'est bien mais ça ne transcende que rarement le genre, même si les quelques tentatives de Marc Webb parviennent par moment à donner une dimension nouvelle à l'homme-araignée. Globalement, on a parfois de bonnes idées, c'est plutôt beau, travaillé tout en restant dans l'ensemble réaliste. Mais le tout est plutôt maladroit !
En conclusion, il est à parier et à espérer que la suite de ce reboot offrira toute la splendeur qu'on attend pour ce fringuant Spider-Man. Comme on juge ce qu'on voit et pas ce qu'on attend de voir, ou ce que ce film annonce, on ne dépasse pas la barre du bon film : un bon divertissement, plus fidèle à l'univers des comics mais pas encore assez mûr pour subjuguer le spectateur. 
On en retient quelques scènes vraiment mémorables, pour ne citer qu'elles : le caméo de Stan Lee, brillant autant pour le clin d’œil, que pour la forme adoptée dans la scène, et la séquence des grues focalisée sur Spider-Man, où l'héroïsme pointe son nez avec un brin de réalisme, sans doute le seul instant pendant lequel ces deux aspects se confondent avec fluidité. La vérité c'est que pour "faire oublier" une saga vraiment extra de Sam Raimi, il aurait été plus que judicieux d'attendre quelques années de plus. En somme, c'est trop tôt, c'est "bien mais pas top" et surtout, on attend une suite, qui nous racontera de vraies nouvelles choses sur Spider-Man !!!  

vendredi 2 novembre 2012

Série - Being Human Us

Being Human US : Une adaptation vraiment réussit de la série anglaise !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
Trois colocataires âgés d'une trentaine d'années tentent de s'entraider et de gérer ensemble la difficulté de mener une double-vie. Il faut dire que l'un est un loup-garou, l'autre est un vampire et le dernier est un fantôme !

Critique :
Après "Shameless" et "Skins", "Being human, La confrérie de l'étrange" a droit à son adaptation américaine. Coproduite entre le Canada et les Etats-Unis, cette nouvelle version reprend les mêmes personnages principaux que l’original : deux amis infirmiers, l’un vampire, l’autre loup-garou, qui emménagent dans une colocation, pour réaliser qu’elle est déjà "habitée" par un fantôme. Ensemble, ils vont tenter de contenir leur "monstruosité", et "être humains", d'où le titre de la série.
Sam Witwer
Autant le dire d'emblée, malgré le nombre d'éloge que j'ai pu lire ou entendre sur la version anglaise d'origine, personnellement je n'ai pas du tout accroché ! L'ambiance, les acteurs, la réalisation et les effets spéciaux m'ont vraiment fait décrocher très vite. Alors j'avoue que c'est avec une certaine appréhension que je me suis lancé dans le remake américain.
Meaghan Rath
Bonne surprise au final, la version US s'avérant bien plus prenante et à mon goût. Ce remake américain d'une série anglaise fait partie des rares réussites en la matière. Sans doute plus libre artistiquement que d'autres remakes ratés étant donné le diffuseur (la chaîne câblée SyFy), la production US propose une adaptation qui a du caractère et un style qui se démarque réellement de la version originale.
"Being Human Us" s'avère plus sombre et plus sérieuse que la série anglaise. Côté personnages, ils sont plus matures et sensuels que leurs pendants anglais. En effet, le choix des acteurs (Sam Witwer le vampire Aidan, Meaghan Rath le fantôme Sally et Sam Huntington en loup-garou bluffant) témoignent de cette fantaisie anglaise perdue au profit d’un gain en sensualité et en gravité. 
Sam Huntington
Ce "Being human" connaît un mélange d’action et de suspense bien plus important que dans "La confrérie de l'étrange". Les auteurs américains abandonnant la réflexion tragi-comique de la version anglaise. Les éléments "philosophiques" sont tout aussi présents, mais le combat de ces héros "monstrueux" pour rester humains semble devoir être traité plus lourdement (dans le sens positif du terme) et de manière plus spectaculaire.
Le premier épisode, très honnêtement incarné par ses interprètes principaux qui s’en sortent bien (et on est content de revoir Mark Pellegrino, le Jacob de "Lost", en chef des vampires prosélyte), a déjà trouvé son public outre-Atlantique, établissant un record avec 2 millions de téléspectateurs sur la chaîne câblée SyFy. Ce "Being human US" s'annonce comme un divertissement tout à fait recommandable !!!

jeudi 1 novembre 2012

Musique - Silverthorn de Kamelot

Kamelot - Silverthorn : Un bon album dans la continuité pour un nouveau chanteur !!!

Note : 3.75 / 5

Kamelot est un groupe de power metal américain fondé à Tampa (Floride) en 1991 par le guitariste Thomas Youngblood et le batteur Richard Warner. Ne nous voilons pas la face, les américains étaient attendus au tournant par toute la communauté des fans avec ce nouvel album.
Deux ans après la totale déception "Poetry For The Poisoned", qui démontrait que le groupe regorge de talent mais tournait en rond, Kamelot sort son dixième album, "Silverthorn". Avec le départ surprise de Roy Khan, son chanteur mythique, le groupe avait beaucoup à prouver. Le recrutement de Tommy Karevik (Seventh Wonder) en a surpris plus d’un mais on comprend le choix de Thomas Youngblood à l’écoute du disque. Après plus de 21 ans de carrière, KAMELOT doit confirmer son statut de leader de la scène power métal épique.
Avec "Silverthorn" il n'y a pas de révolution chez Kamelot mais plus une continuité dans la qualité. Côté compositions, le groupe se rassure, et les fans par la même occasion, en retrouvant l'inspiration et le style qui ont fait les belles heures du groupe.
L'écoute de "Silverthorn" nous ramène quelques années en arrière. Ainsi, on retrouve l'intro symphonique, abandonnée depuis quatre albums. Un détail sans doute, mais qui en dit long sur la volonté du groupe de revenir aux fondamentaux. La patte Kamelot est immédiatement reconnaissable et la voix de Karevik est finalement très proche de celle de Khan. Il y a bien sûr quelques différences, notamment le timbre de voix, mais le mimétisme reste flagrant. Youngblood a choisi de ne pas se compliquer la tâche en prenant en chanteur très proche vocalement (et dans la gestuelle) par rapport à son prédécesseur.
L’album est fondamentalement plus orchestral, moins rentre-dedans que son prédécesseur. Alors que le départ de Kahn aurait pu signifier la fin d’une époque pour le groupe, Youngblood et ses compagnons ont assuré une continuité par rapport au passé musical récent du groupe. L’univers est toujours plus sombre et inquiétant.
En plus d’un "Sacrimony" très traditionnel, "Ashes to Ashes" est beaucoup plus tranchant et attaque l’auditeur bille en tête. Avec le départ de Kahn et le recrutement de Karevik, Youngblood reprend fermement les rênes du groupe. Les guitares sont plus agressives que jamais et mènent sans opposition les débats malgré les orchestrations et les couches de claviers. 
Ceci sans jamais écraser ou mettre à l'écart ses compagnons. Les morceaux de bravoures alternent les plages plus calmes comme "Song For Jolee" pour permettre à chacun de reprendre sa respiration. Ces compositions plus intimistes laissent aussi éclater la maîtrise et le talent du nouveau chanteur. "Silverthorn" s'inscrit dans les bons albums de Kamelot, avec tous les ingrédients du Heavy, du Métal, du Progressif et des ambiances classiques et symphoniques habituelles.
Finalement, cet album de Kamelot, composé de belles parties de guitares puissantes, de solos très propres et de refrains accrocheurs, est très agréable à l'écoute. "Silverthorn" laisse une impression très positive tout en ayant provoqué une large palette d’émotions à son auditeur. Ceux qui espérait un renouveau et un changement de cap seront déçus, Kamelot n’a pas dévié d’un pouce de son chemin mais avouons qu’ils font cela très bien !!!