Note : 4 / 5
Ils nous avaient manqué les petits gars de The Bronx, et leur punk/hardcore énervé encore plus ! Après trois albums bien accueillis, un capital sympathie conséquent, des lives enflammés et un side-project de musique chicanos ("Mariachi El Bronx"), les angelinos de The Bronx reviennent avec un quatrième album dont le titre fleure bon la créativité puisqu'il s'intitule "IV". Oui, tout simplement. Toutefois, la créativité de The Bronx, n'est pas ce qui nous intéresse le plus. Tout ce que l'on leur
demande après tout, c'est d'envoyer de la décibel grisante dans nos
oreilles et c'est ce qu'ils vont s'échiner à faire plutôt bien dès le
premier titre de ce nouvel opus.
Après un intermède ensoleillé donc, Mariachi El Bronx, qui a débouché sur deux albums assez improbables et qui a mis le groupe en quasi hiatus pendant cinq ans, The Bronx se décide enfin à revenir à ce qu’ils font le mieux, à savoir du punk.
L’expression est aujourd’hui désuète : "foutre le bronx". Mais ces Américains la remettent avec rage et morgue au goût du jour. Si les trois premiers albums du groupe ne faisaient
aucune concession, au point de s'avérer un peu lassants sur la longueur
à moins d'être un forcené de Punk/Hardcore bourrin, autant ce quatrième effort
a visiblement bénéficié de l'ouverture des musiciens vers d'autres
contrées.
Non pas que The Bronx se soit vraiment ramolli. Ce "IV"
reste un concentré d'énergie pure et ne vous réconciliera certainement
pas avec vos voisins.
Mais le groupe nous propose sans doute son album le plus punk et le
moins hardcore. Pas la peine de sortir les skates pour autant, on reste à
des lieues du punk-rock à roulette type NoFx ou The Offspring. Mais l'influence de vénérables ancêtres comme les Ramones est davantage palpable.
The Bronx
n'hésite plus à pondre de véritables refrains, notamment grâce aux gros
progrès effectués par le chanteur Matt Caughtran. Sans abandonner son
côté survitaminé, le groupe a ajouté juste ce qu'il fallait de mélodie et de légers ralentissements ici et là pour ne pas
lasser l'auditeur.
Les Californiens reviennent à l’électricité la plus sournoise, la
plus traître. Celle qui met ses habits du dimanche, avec des refrains ravissants
ici et des harmonies sophistiquées là, pour finalement finir à poil, façon
Iggy Pop, la gueule pleine de bave, le corps agité de spasmes, l’air
franchement menaçant et dérangé. Car la force de The Bronx, comme de Queens Of The Stone Age, pas si
loin ici, c’est de posséder un chanteur qui agresse
comme un rottweiler, aboie comme un loup, se tord comme un doberman mais
sait aussi se faire aussi affectueux qu’un Jack Russell.
Avec "The unholy hand", le groupe démarre sur les chapeaux de
roues avec un titre percutant, un riff qui se retient facilement, une voix
braillarde juste ce qu'il faut, une section rythmique qui a le feu aux fesses,
bref, tout ce que l'on désire d'un groupe comme The Bronx ! The Bronx se donne avec générosité durant 14 titres qui ne dévieront pas, ou vraiment très peu, de la recette habituelle.
Oui, The Bronx,
c'est sensiblement toujours pareil même si le groupe s'est éloigné de
la rugosité des premiers méfaits, mais franchement, la
routine c'est parfois bien. Plaisir garanti à chaque écoute.
Ainsi, "IV" c'est du punk-rock tout en puissance, dont les codes sont appliqués avec une
rigueur toute historique. Des débuts punk-hardcore du groupe, il ne
reste rien sinon peut-être un grain dans l’arrière-voix du chanteur et
une vindicte évidente dans la manière d’amener ses camarades au front.
Côté production, The Bronx tape dans cette nouvelle génération de
groupes punk qui a depuis longtemps quitté le garage de papa et maman
pour enregistrer des disques dans des studios haut de gamme.
Si on a
parfois du mal à entendre un disque de punk produit comme du Metallica,
on reconnaîtra que cet habillage sonore guerrier colle à la perfection
aux coups de battoirs qu’assènent ces cinq "déchireurs" surdoués. Une fois
de plus, The Bronx fait ce qu’il fait de mieux, à savoir sortir un
disque sans surprise, toujours aussi encadré, toujours aussi bien
composé et toujours aussi insolent de talent. Le disque que tu aimes
après une écoute, que tu connais par cœur après quatre autres, et que tu
ressortiras souvent durant les années à venir. Un gros disque de punk,
quoi !
Alors surtout pas d'inquiétude, des titres comme "The unholy hand" ou "Under
the rabbit" sauront rapidement rassurer tous ceux qui pourraient
s'inquiéter du léger tournant opéré sur cette nouvelle galette.

Pour ma part, le sentiment qui prédomine est que les
musiciens semblent avoir atteint une certaine maturité et se sont
véritablement éclatés à faire cet album, sans chercher à faire autre
chose qu'à se faire plaisir. La musique prend le pas sur la volonté
d'épater la galerie. En résulte une collection de titres réellement
imparables, avec des refrains massue à réveiller les morts. The Bronx atteint ici la quintessence de sa musique !!!