Joe Dante - Grimlins : Une édition Blu-ray à petit prix pour un film culte des noëls des années 80 !!!
Note : 4.5 / 5 (Pour les fans)
1 / 5 (Pour les autres)
2.5 / 5 (Pour le Blu-ray)
Synopsis :
Billy
Peltzer est un garçon bien comme il faut. Il travaille dans une banque où il
est la cible d'une vieille rombière et de son chien mais garde le sourire grâce
à la présence de la belle et douce Kate. Le père de Billy est un inventeur de gadgets et d'objets bien pratiques (le fameux
"cendrier sans fumée" ou encore la subtile "salle de bain de
poche"), mais qui ne fonctionne qu'aléatoirement.
L'anniversaire de son fils approchant, Rand Peltzer décide de
trouver un cadeau original pour son fils. Ce cadeau, il va le dégoter dans une
vieille boutique de Chinatown. Le vieux chinois vendeur est d'abord réticent
à l'idée de se séparer de son mogwaï mais l'appât du gain étant plus fort que
tout, il cède finalement le petit animal au père de Billy. Avant de partir, il
lui livre les trois règles à respecter avec le mogwaï pour qu'il n'y ait pas de
soucis : ne jamais l'exposer à la lumière, ne jamais lui donner à boire ou un
bain, ne jamais lui donner à manger après minuit.
Cependant, comme d'habitude avec
les jeunes, les règles sont gentiment entrées par une oreille et aussi
ressorties de l'autre. Billy va découvrir que derrière son mogwaï, au doux nom de Gizmo,
peut se cacher une créature vile et malicieuse.
Critique :
Produit par Steven Spielberg, "Gremlins" s'est imposé comme un film
culte. Réalisé par Joe Dante, ce film a su mélanger les genres tout en
proposant des personnages attachants et des effets spéciaux, en leur
temps, très bien réalisés. Marqué par les années 80, "Gremlins" est un
petit (mais vraiment petit) film d'horreur, mais aussi une comédie à regarder en famille et
surtout par les plus jeunes d’entre vous. Car "Gremlins" a marqué
l'imaginaire collectif de nombreuses personnes avec quelques scènes
devenues mémorables à l'image de cette séquence dans laquelle les
Gremlins se déchaînent dans une salle de cinéma sur un fameux "Hey Hi Hey Ho, on rentre du boulot !" tout droit sorti d'un Studio Disney.

Pour apprécier "Gremlins" à sa juste valeur, il faut le resituer dans le temps. D'abord, il est
sorti le 5 décembre 1984 en France et il est incontestablement marqué 80's. C'est à dire que le
village qui est ravagé par les Gremlins ressemble fort à un studio ou inversement. Les effets spéciaux
n'ont presque pris aucune ride et le film a très bien vieilli. Ensuite, en 1984, les créatures Gremlins
étaient des surprises (presque) totales, on ne savait pas à l'époque à quoi elles ressemblaient, et elles ne
faisaient certainement pas partie de notre culture générale, comme c'est le cas aujourd'hui.
Notons d'ailleurs que, pour la petite histoire, les Gremlins ne sont pas sortis de l'imaginaire de Joe Dante. Ils sont apparus durant la seconde guerre
mondiale dans l’imaginaire des aviateurs de la Royal Air Force. Petits
lutins facétieux, ils étaient accusés par les pilotes de saboter leurs
avions. Si un moteur s’arrêtait, c’était la faute d’un Gremlins qui s’y
cachait. Pas forcément méchants, ils s’arrangeaient généralement pour
garantir la survie du pilote. Mais parfois certains, comme le Punk à
crête blanche du film, s’amusaient de voir mourir un ou deux aviateurs.
C’est Roald Dahl, pilote de la Royal Air
Force, qui rapporta au grand public la légende des Gremlins à travers un
livre pour enfant. Disney avait acheté les droits pour en faire un
film, mais le projet n’a jamais vu le jour. Les Gremlins ont ensuite
envahi les courts-métrages Warner Bros et se sont amusés à embêter les
avions des Looney Tunes, avant de connaitre le chemin du grand écran,
laissant de côté leur amour des avions.
Après cette petite a parte, revenons au film. On pourrait croire que le scénario de "Gremlins" est tout droit sorti d'un conte pour enfants.
D'ailleurs, le scénario est signé par un réalisateur désormais à son aise dans
le fantastique familial : Chris Colombus, réalisateur des deux premiers "Harry
Potter" et, ne l'oublions pas, de "Maman, j'ai raté l'avion" !
Cette histoire, le réalisateur Joe Dante et le producteur Steven Spielberg vont
la mettre en image avec brio. Si le début est tout mimi, tout gentil, la suite,
à partir du moment où les mogwaï ont copieusement mangé après minuit, va
prendre un virage dans la comédie fantastique jubilante. On notera ainsi qu'au
début, l'action se déroule de jour et qu'ensuite, la nuit va devenir le décor
principal du film.
Mais "Gremlins" n'est pas à franchement parler un film d'horreur. Il y a deux niveaux de lecture. D'abord
le côté film d'horreur : une situation normale est dérangée par des petits monstres cruels qui s'attaquent aux
pauvres habitants d'un petit village d'Amérique. Le film réserve de ce côté-là quelques petits moments de tension
et de surprises. Et puis il y a le côté comédie avec un humour noir à mourir de rire.
C'est là que l'équipe Joe Dante-Chris
Columbus (scénario)-Steven Spielberg (producteur) a fait fort, en réussissant à élever un film qui aurait été condamné à la série
B en film culte grâce à un humour, disons-le, assez original. Déjà, les Gremlins ne sont pas des monstres normaux,
ils aiment taquiner, ils aiment s'amuser, leur instinct animé au maximum (dire qu'ils sont cruels ne serait pas
juste). On pourrait dire que les Gremlins sont le condensé de tous les vices humains sans inhibition ou morale.
La scène chez "Dorry's" (une taverne) en est le plus bel exemple : gros fumeur, gros buveur, patron de la mafia,
solitaire, comique (raté) et exhibitionniste (tous Gremlins donc) s'y côtoient dans le plus beau des bordels.
Sans parler que la réalisation s'adapte chaque fois au genre de personnage abordé.
Le film est aussi un bon film familial avec une petite morale puisque l'histoire
porte sur un héros adolescent presque médiéval, Billy, qui va être
amené à dépasser son état d’individu dépendant, l'enfance, pour
atteindre l'âge adulte. Et c'est cette mutation vers la voie de maturité
que l'on associe à la maîtrise des fonctions reproductives et aux
premières prises de responsabilité, qui va être figurée par les
multiples transformations et dangereuses duplications des mogwai, des créatures divines capables du meilleur comme du pire.
Une bonne part du succès de "Gremlins" est aussi à imputer à Gizmo ! Le plus beau, le
plus gentil et le plus mignon géniteur de monstres jamais créé. Trop peu de mots pour décrire comme il est réel,
ce petit bonhomme. Ces grimaces nous font rire malgré nous. L'image où on le découvre pour la première fois est
d'une telle beauté qu'elle restera gravée à jamais dans votre esprit.
Il est un chef-d’œuvre de création et d'authenticité filmique. Chapeau d'ailleurs à toute l'équipe qui a créé
cette petite bête ainsi que ses congénères diaboliques. On en oublierait presque l'équipe qui s'occupait uniquement
des voix des Gremlins, avec mention spéciale pour Howie Mandel, qui fait la voix de Gizmo.
"Gremlins" est un film que j'attendais de revoir en haute définition. C'est Warner
France qui nous propose cette édition Blu-ray petit prix. Et disons-le franchement, le film aurait mérité plus d'attention.
Proposé par Warner dans cette édition zone B petit prix, ce transfert
nous offre le film dans des conditions qui au final se montrent
décevantes. Tout d'abord, les images ne sont pas dénuées de poussière
pellicule et autres parasites qui montrent qu'un nettoyage véritablement
méticuleux n'a pas été effectué ici. La définition se présente assez
juste. Peu de séquences sur ce film préservent un aspect détaillé et une
profondeur de champ que l'on qualifierait d'agréable. On peut parler
d'un niveau de détail relativement insuffisant et d'une dynamique
visuelle pas toujours très attrayante. On aura même sans doute du mal à
distinguer certaines séquences de celles d’un DVD bien upscalé.
Seul bon point, les couleurs. La palette colorimétrique s'est montrée
agréable, avec des primaires hautement saturés. Mais de trop nombreuses
scènes présentent un niveau de granularité assez important et, pour tout
vous dire, les noirs ne sont pas des plus abyssaux et font souvent
l'objet de bruit vidéo. Pour un film de cette envergure, évoquant de
nombreux souvenirs d'enfance, on attendait une édition de meilleure
qualité.
Quoi qu'il en soit, cette version Blu-ray n'entache en rien la génialité de l’œuvre ! Et au final, ce qui vaut à "Gremlins" son statut de film culte des années 1980 est, tout d'abord, qu'il ne
cherche pas à surprotéger les enfants, ni à les instruire, comme une bonne partie des films de cette époque. Le but est de
faire vivre un peu d’aventure et de frisson. On ne sur-infantilise pas
les enfants, on se permet de leur faire même un peu peur parce que
surmonter sa peur, c’est aussi grandir.
Ensuite le bestiaire, évidemment. Le personnage de Gizmo est
on-ne-peut-plus attachant. Petite boule de poils, au regard malicieux et
aux grandes oreilles, les enfants ne pouvaient qu’être happés par la
bestiole. Les Gremlins en eux-mêmes sont horribles,
mais également très drôles. Car c’est le propre de ces monstres d’être
farceurs. Et enfin, rajoutez à cela une musique entêtante et des effets spéciaux impressionnants pour l'époque, et vous obtenez un super film !
On pourrait encore dire beaucoup de choses sur le film, mais ce serait gâcher complètement le plaisir
de la découverte. Un film très ancré dans les
années 80 qui demeure toujours un classique, un culte. "Gremlins" est, quoi qu'on en dise, un véritable
conte de Noël qui n'est pas réservé qu'aux enfants !!!