lundi 18 février 2013

Livre - La théorie des cordes de José Carlos Somoza

La théorie des cordes
                             de José Carlos Somoza

Note : 4.5 / 5

Synopsis : 
Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale est en quête du Graal. Elle œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanité (la crucifixion du Christ ou la terre à l'ère jurassique), les scientifiques perçoivent rapidement que ce programme, financé par de mystérieux fonds privés, pourrait connaître des applications moins angéliques. Un drame conduit à la suspension immédiate des recherches, dispersant aux quatre vents les apprentis sorciers.
Dix ans plus tard, dans une université de Madrid, Elisa Rohledo déplie un journal pour étayer une thèse de physique théorique. Une fraction de seconde lui suffit à comprendre qu'elle est en danger de mort.
Aux côtés d'un confrère, depuis toujours intrigué par la modestie des aspirations professionnelles de la séduisante physicienne au regard de son cursus académique, Elisa et ses anciens acolytes retournent aux origines de la tragédie, sur cet îlot où ils avaient profané le temps.

Critique :
"La Théorie des Cordes", malgré son titre qui fait peur à ceux qui n'y comprennent rien à la physique, est un roman très prenant. Il est construit comme un thriller, avec un suspens haletant. Quatrième roman de l’auteur originaire de la Havane, Somoza s’attaque cette fois à la science dans ce qu’elle a de dangereux et mystique, à ses limites et ses buts.
L'auteur sait tisser un suspens qui captive le lecteur. Il joue sur le fait que le lecteur ne sait rien : il débarque, et n'a que les maigres renseignements que veut bien lui donner Elisa par le biais de sa pensée. Le lecteur se rend encore mieux compte qu'il arrive en plein milieu de la vie de quelqu'un. Le fait de ne pas tout savoir dès le départ est gênant, mais plus réaliste.
Admirablement découpé, le scénario de "La Théorie des cordes" renvoie le plus machiavélique des scénaristes hollywoodiens au vestiaire et déroule sa ligne narrative sans heurt. Dans son style fluide habituel, Somoza dresse la trame d’une sorte de thriller scientifico-fantastique, vendeur et accrocheur. Le roman se lit sans ennui, il capture aisément l’attention, il intrigue, il noue les fils de personnalités fortes mais néanmoins floues.
Il m'a été tout simplement impossible de me détacher de ce roman, malgré ses 500 pages. Le rythme est soutenu et palpitant, la plupart des rebondissements sont assez inattendus. Les personnages ont suffisamment d'épaisseur et de failles pour que l'empathie fonctionne à merveille. Ils sont attachants et le lecteur ressent leur détresse, à tel point qu'il s'identifie parfaitement à eux.
Mais surtout, José Carlos Somoza est un maître du fantastique et de l'indicible. Tous nos sens sont en éveil pour tenter de cerner l'invisible. L'horreur est distillée avec talent et on se prend parfois à retenir son souffle en tournant les pages.
Chaque partie du récit est introduite par une citation choisie avec justesse qui laisse le lecteur construire ses hypothèses. Bien évidemment, il y a derrière ce récit toute une réflexion philosophique sur ce que l'homme peut ou ne peut pas se permettre de faire. Quand l'humain se prend pour un apprenti sorcier et que les scientifiques se substituent à un Dieu hypothétique.
Souvent, dans ce genre de roman, ce qui déçoit particulièrement, c'est la manie qu'ont les auteurs de verser dans le mysticisme. Non seulement José Carlos Somoza ne tombe pas dans ce travers, mais le dénouement est aussi soigné que l'intrigue, ce qui est loin d'être évident quand on choisit un tel sujet. La fin que l'auteur nous propose est en parfaite adéquation avec ce qui précède.
"La Théorie des cordes" traite avec brio du thème du scientifique qui ouvre la boîte de Pandore, qui se laisse emporter par ses découvertes, puis se rend compte tout d'un coup qu'il y a un problème et se retrouve dans l'incapacité de refermer la boîte après y avoir remis le contenu qui s'en était échappé. Un page-turner intelligent !
Au final, le roman de Somoza se dévore d'une traite et horrifie peu à peu son lecteur avec ses descriptions impeccables et cette sensation d'angoisse étonnamment bien rendue. Sexe, mort, tourments de l'inconscient et surprenante illustration d'une théorie physique séduisante, "La Théorie des cordes" fourmille d'idées géniales. Géniales, car elles n'inventent rien, mais recyclent avec bonheur l'histoire classique de la noirceur humaine. Ajoutez à cela quelques gouttes du meilleur des romans à suspense, et vous obtenez un livre d'une exceptionnelle facture, à découvrir au plus vite
Rythmé, fouillé, documenté, passionnant de bout en bout, "La Théorie des cordes" est un roman qui marque. Pas nécessairement un chef d’œuvre impérissable, mais suffisamment jubilatoire, affreux et barré pour enthousiasmer les lecteurs. Ne passez pas à côté, José Carlos Somoza est un auteur qui fait mouche... Et mal !!!  

dimanche 17 février 2013

Série - Le Trône de Fer Saison 3 produit par HBO

HBO - Le Trône de Fer Saison 3 : Une saison sous le signe du Chaos !!!

Note : 100 / 5 (pour l'attente)

Synopsis : 
Saison 2 - Après la mort du roi Robert Baratheon et d'Eddard Stark, la légitimité du roi Joffrey est contestée par Stannis et Renly, frères de Robert, tandis que Sansa Stark est retenue comme otage à Port-Réal. Robb Stark poursuit sa rébellion pour venger son père et libérer sa sœur, bien que personne ne sache où se trouve Arya Stark.
Lord Tywin Lannister, père de la Reine régente Cersei et grand-père du roi, qui la détient sans le savoir, continue de son côté à lutter à la fois contre les Baratheon et contre les Nordiens de Robb Stark. Chaque camp cherche de nouveaux alliés, et la guerre se prolonge, ignorant la menace d'au-delà du Mur. En effet, Lord Jeor Mormont continue à guider la Garde de Nuit face aux Sauvageons, soutenu par Jon Snow, cherchant désespérément un moyen d'arrêter la marche de leur immense armée vers le sud.
De l'autre côté du Détroit, après avoir perdu les Dothraki, Daenerys Targaryen emmène ses dragons jusqu'à la cité de Qarth, où elle espère trouver un appui en vue de reconquérir les Sept-Couronnes. 
Saison 3 - (synopsis du premier épisode de la saison 3) Jon Snow devra faire face à Mance Rayder, le roi de l'autre côté du mur. Pendant ce temps-là, les chevaliers de la Garde de Nuit devront se retirer vers le Sud. A King's Landing, Tyrion réclame sa récompense, Sansa, quant à elle, aura peut-être l'occasion de s'enfuir avec l'aide de Littlefinger. Cersei organisera un énorme festin en l'honneur de la famille royale de la future femme de son fils. La jeune Arya croisera la route de la Fraternité sans Bannière, tandis que Daenerys embarquera sur un bateau en direction de la Baie des Serfs. 

Attente : 
La saison 3 de "Game of Thrones" est attendue par les milliers de fans du monde entier. Au programme, beaucoup de nouveaux personnages et des décors à couper le souffle. On découvrira Lady Olenna, la grand-mère de Margaery et Loras Tyrell ou encore Mance Rayder, le roi de l'autre côté du mur. Les scénaristes nous ont prévenus : cette saison nous en apprendra plus sur les destins et personnalités de nos personnages préférés. 
"Winter is coming"… Sortez le blason de votre maison, la bataille pour le trône de fer recommence ! Le 31 mars prochain, "Game of Thrones" entame sa troisième saison sur la chaine américaine HBO, ce pour notre plus grand plaisir. Cruauté, sexe, violence, honneur, et sexe, le tout saupoudré d’un passionnant médiévalisme. Une œuvre télévisuelle qui déboite en somme ! 
Pour sûr, HBO a su attiser le feu sacré des fans. Éminente série fantastico-mythique, "Le Trône de Fer" vit depuis deux ans sur la vague d’un succès dément. Des décors surréalistes grâce à un budget à l’échelle cinématographique, un panel de personnages débordant de fourberie et narcissisme et sacrément interprétés, un scénario digne du "Seigneur des Anneaux", bref, tout en ce phénomène transpire la gloire. 
En attendant le 31 mars, la chaîne dévoile la thématique de cette nouvelle saison dans un teaser où défilent les visages des héros de chaque maison. Le chaos va bientôt s'abattre sur le Royaume des Sept Couronnes. Pour cela, toujours pas d'image inédite des épisodes à venir, mais HBO dévoile un teaser qui annonce la couleur.
Sur un fond noir, les visages graves des héros se suivent, pendant que la voix de Littlefinger (Aiden Gillen) annonce les difficultés à venir. En voici la traduction : "Le chaos n’est pas un gouffre. Le chaos est une échelle. Beaucoup de ceux qui tentent de l’emprunter échouent… et n’ont pas de seconde chance. La chute les brise. Certains, qui ont l’opportunité de l’emprunter, se raccrochent au royaume, aux Dieux, ou à l’amour. Mais seule l’échelle est réelle. Tout ce qu’il y a, c’est l’escalade". 
Toutefois, comme à son habitude, la chaîne continue de révéler au compte-goutte les informations sur les intrigues de cette nouvelle saison, notamment celles sur les nouveaux personnages que nous pouvons voir dans une vidéo intitulée "Invitation to the Set". Mais qui sont-ils et quels seront leurs rôles dans la saison 3 de "Game Of Thrones" ? 
Premièrement, nous ferons la connaissance de Lady Olenna. Mieux connu sous le nom de "Queen of Thorns", elle est la grand-mère de Margaery et Loras Tyrell. Maintenant que sa petite fille est promise au Roi Joffrey, cette dernière va prendre de l’importance dans la nouvelle saison. On ne plaisante pas avec Lady Olenna et la vieille femme n’a pas froid aux yeux. C’est la digne Grand-mère de Margaery.
Autre nouveau personnage, celui de Mance Rayder. Il est présenté comme étant le rival de Yara Greyjoy. Mance Rayder est "The King-Beyond-The-Wall" et également un ancien garde du Mur. Il rassemble les Sauvageons pour les conduire au sud, à Westeros. Dans la saison 3, Jon Snow aura enfin l’occasion de rencontrer ce déserteur et il va probablement faire un bout de chemin avec lui. Il va maintenant rencontrer leur chef.
Thoros Of Myr est un sorcier du "Maître de la Lumière", tout comme Melissandre sauf qu’il n’a pas du tout les mêmes motivations. Ce dernier va croiser la route d’Arya Stark. En effet, il fait partie de la confrérie nommée "Les Sans-Bannières" et la jeune Arya va, sans le vouloir, devoir en faire partie.
Nous ferons également la connaissance de Jojen et Meery Reed. Ces deux derniers sont frère et sœur, alliés de Bran Stark et par conséquent ceux de Rickon, Osha et Hodor. Ils vont aider Bran à comprendre ses visions sur le corbeau aux trois yeux. Enfin pour finir, les "Immaculés" feront leur apparition dans la saison 3 de "Game Of Thrones". Ces derniers sont un groupe de soldats-esclaves qui croiseront la route de Daenerys Targaryen à Astapor. Ces derniers sont entrainés dès leur plus jeune âge à ne pas remettre en question les ordres qu’ils reçoivent. Danaerys, sur les conseils de Jorah, veut en acheter pour assurer sa protection et avoir une armée.
Cette troisième saison est en grande partie axée sur le volume "A Storm of Swords" de la série littéraire de George R.R. Martin,  973 pages dans sa version originale. Ce livre est le troisième volet de la saga et correspond à "L'intégral 3" en France, regroupant le "Tome 6 : Les Brigands" ("Intrigues à Port-Réal" pour l'édition de poche), le "Tome 7 : L'Épée de Feu", le "Tome 8 : Les Noces pourpres" et le "Tome 9 : La Loi du régicide". 
Face à ce problème (comment résumer un tel pavé en une seule saison 3 ?) les showrunner du "Trône de Fer", David Benioff et Dan Weiss ont trouvé une astuce. Ils comptent livrer à HBO une saison augmentée. Augmenté non pas en terme d'épisodes (toujours 10 de prévus), mais en durée de chaque épisodes afin d'aboutir à une saison 3 équivalente à 11 épisodes, mais donc répartit en 10. 
Il faudra compter entre 56 et 57 minutes cette année (voire plus de 60 pour le final) contre les 52 généralement livrées. Et pour cause, l’œuvre de George R.R. Martin est tellement riche, qu'il devient un véritable casse-tête pour l'équipe de faire l'impasse sur certaines scènes. A rendre grâce à HBO pour sa flexibilité, permettant d'adapter la longueur en conséquence. Au total, même si elle reste limitée à 10 épisodes, la saison 3 devrait se voir gratifier d'au moins une heure ! C'est une bonne nouvelle, non ?!!

samedi 16 février 2013

BND - Beth Hart à la Laiterie de Strasbourg le 16 mars 2013

Beth Hart - La Laiterie de Strasbourg (16/03/2013) : Une voix captivante digne héritière de Janis Joplin !!!

Note : 4.5 / 5

Beth Hart a fait irruption sur la scène internationale comme chanteuse pour Slash sur les titres "Mother Maria" et "Sister Heroine" avant de faire valoir son sens de la reprise avec l’album "Don’t Explain" réalisé en collaboration avec le guitariste Joe Bonamassa, excusez du peu ! Elle y interprète avec une rare personnalité Billie Holiday, Etta James, Ray Charles, Melody Gardot, Aretha Franklin, etc., et Tom Waits. On ne s’étonne pas qu’elle ait également incarné Janis Joplin dans une comédie musicale qui lui rendait hommage. Mais Beth Art ne se contente pas de se couler dans le répertoire de ses modèles et déploie le sien depuis plus de quinze ans. 
Tessiture rauque, noire, blues, rock, jazz, ..., Beth Hart sait tout faire et elle l'a prouvé avec "Bang Bang Boom Boom", son dernier album sortie fin 2012. Chanteuse américaine à la voix blues puissante et rocailleuse, Beth Hart était complètement inconnue en France il y a de cela un peu plus d'un an. Les choses ont changé grâce à son album enregistré en compagnie du guitariste Joe Bonamassa, qui fut un véritable succès.
Cette rencontre avec le bluesman Joe Bonamassa a assurément changé sa trajectoire musicale, grâce à leur album de reprises "Don’t Explain" ! Non seulement, il a permis à Beth de rencontrer les médias et la ferveur du public, mais il a incontestablement servi de base à l’élaboration de "Bang Bang Boom Boom" ! Ce dernier étant un disque qui reflète à merveille le talent de cette chanteuse/pianiste exceptionnelle. 
La belle américaine n’en est pas à son galop d’essai puisque "Bang Bang Boom Boom" est le neuvième album d’une carrière débutée en 1993. Glissant avec grâce et puissance entre Blues, Jazz, Gospel et même Rock, elle est la seule voix que Ian Gillan n’ai jamais acceptée à ses côtés dans un duo au sein de Deep Purple ("Haunted" en 2003), c’est dire ! 
Cet album se devait donc, après une telle exposition avec Bonamassa, de révéler sans se découdre en route, tout le spectre et l’univers de cette voix aussi envoutante dans l’émotion à fleur de peau que dans la plus grande rugosité. Et le pari est amplement tenu car, en dehors d'un ou deux titres plus consensuels ("Thru the window of my mind"), la dame tatouée enquille les réussites.
De sa voix âpre, elle attaque "Baddest Blues", et l'on croit entendre Billie Holiday chanter "God Bless the Child". Même école, des mots qui supplient et un ton qui fustige. Aussitôt, son registre glisse et se teinte de blues. Un blues rocailleux, enflammé, traversé de doux feulements et de cris dilacérés à la Janis Joplin. Et, dans les dernières mesures, elle ressuscite les inflexions gutturales de Ray Charles. Tout cela en un seul morceau. Le premier de "Bang Bang Boom Boom". 
Le clavier Soul de "Caught in the rain" et l'orchestre Jazzy qui illumine le guilleret "Swing my thing back around" finissent déjà de vous convaincre qu'à moins de la moitié de l'album, Beth Hart possède une voix qui s'intègre avec brio aux multiples essences effleurées ici. Mélangeant la force d'une Amy Winehouse et l'émotion d'une Natalie Merchant ("With you yesterday") au service de compositions réellement solides car associant l'adhésion immédiate à la richesse musicale, Beth Hart enchaine les coups de maîtres. "Spirit of god", immédiat mais jamais lassant, évoque le côté Gospel et Soul de l'artiste, alors que "The ugliest house of the block" se pare d'une touche Reggae bienvenue. Le fil rouge la dedans ? La voix de l'artiste bien sûr, mais aussi cette authentique âme folk américaine toujours présente en filigrane. 
Jamais on n'avait entendu une chanteuse avec tant de flèches à son arc : son disque est accrocheur, ses textes littéraires, son pianisme est un mélange entre le percutant Tom Waits et l'obscur Nick Cave. Ses morceaux passent d'atmosphères Woodstock et gospel à des swings années 1960 où on l'imagine dans un dessin animé, sorte d'Amy Winehouse hors du temps. Mais sa voix, rauque, noire, blues, rock, jazz, va au-delà de tout espoir. Elle est déjà gravée dans l'Histoire. Beth Hart, américaine, ex-toxicomane, belle comme un fauve, déclame les vers comme Patti Smith et a Burroughs dans le ventre.
Aux compositions très personnelles desquelles transpirent une sincérité et une émotion pure, tant dans le texte que dans l’interprétation, "Bang Bang Boom Boom" n’est ni plus ni moins qu’un sacré tour de force qui devrait apporter enfin à la dame le succès tant mérité. On l'attendait donc avec impatience et cette attente va être récompensée. Le samedi 16 mars prochain sera une journée à marquer d'une pierre blanche dans le calendrier.
Ecoutez cette voix exceptionnelle et vous comprendrez alors pourquoi on la compare si souvent à Janis Joplin. Dans l'attitude aussi. Beth est une bête de scène et, malgré la petite taille de celle de la Laiterie, Beth Hart sera pourtant bien présente, donnant d'elle même pendant les soli. Un moment de pure intensité en prévision qu'il ne faudra pas rater !!!

jeudi 14 février 2013

Musique - Holy Fire de Foals

Foals - Holy Fire : Un album étonnant d'acidité et d'obscurité !!!

Note : 4 / 5

En deux albums, Foals est devenu une des valeurs sures de l’indie-rock. En 2008, "Antidotes" surprend son monde : treize chansons qui délivrent une pop moderne et soignée, une sensibilité vitaminée sous couvert d’une électro minimaliste, des clips lumineux et des live chez Jools Holland. "Total Life Forever" ("T.L.F.") y succède deux ans plus tard. L’enjeu du deuxième album est expédié dans la minute avec "Blue Blood", Foals a muri, et ça se sent.
Des sons à la fois denses, abrasifs ("Blue Blood", "Spanish Sahara", "After Glow") et pop ("Miami", "Total Life Forever", "Black Gold"). La formation consacre son évolution et devient l’attraction musicale la plus influente d’Angleterre, aux côtés des timbrés Hot Chip.
Les géniaux énervés d’Oxford sont de retour pour en découdre avec "Holy Fire". Après "Antidotes" et son cocktail de furieuse pop boostée au funk et l’éléctro, ils délivrent un deuxième album bien plus noir, mélancolique, à la production dense. Des pièces comme "Blue Blood" ou "Afterglow", confirment une évolution qui positionne définitivement le groupe comme l’un des plus intéressants combos rock d’Angleterre, voire du monde. 
Ainsi, quand "Antidotes" était mené tambour battant et quand "Total Life Forever" était mené beaucoup plus sereinement, "Holy Fire", quant à lui, renoue avec l’énergie des débuts grâce à "Inhaler", le premier single. Des rythmes à la double croche près et une guitare saturée, il n’en fallait pas plus. Le seul piège, c’est que la piste n’est représentative musicalement que de la première moitié de l’album. "Holy Fire" s’annonce finalement comme un hybride entre ces deux premiers albums.
La première pensée qui vient lors de l’écoute, c’est qu’il est perturbant cet album ! Perturbant car beaucoup moins homogène que ses deux prédécesseurs. "Holy Fire" semble passer par plusieurs états d’esprit bien différents.
Commençant par s’énerver franchement avec son "Prelude" qui nous évoque Nine Inch Nails et son énergie neurasthénique, suivit de la puissante "Inhaler", il se calme progressivement et finit aérien et mélancolique sur "Stepson" et "Moon", qui flotte sans batterie dans un nuage de réverbe. Entre temps, on navigue entre "Bad Habits" ou "Milk & Black Spiders" qui sonnent clairement dans la lignée de "T.L.F.", "Late Night" et sa puissante montée de tristesse, ou l’OVNI "Providence" où sermon gospel cohabite avec de vilains riffs agressifs à souhait.
Ce troisième album suit une sorte de progression musicale, partant de pistes plutôt agressives et qui pourraient être qualifiées d’énervées pour se calmer progressivement, et atterrir doucement, tranquillement. Pendant cette progression, on assiste à beaucoup de choses, du bon comme du mauvais et on a du neuf comme du vieux.
La structure se tient et convainc sans mal. Les pistes se suivent et se ressemblent pour certaines, et ne se ressemblent pas pour d’autres, formant un ensemble un peu hétéroclite qui tient le coup. L’ambiance générale est à la colère puis à la tristesse ou tout du moins à la mélancolie (les paroles de "My Number" ou "Late Night").
Les méandres opaques de "T.L.F." laissent place à des morceaux plus directs mais toujours aussi obscurs, et ce grâce à des textes plus personnels voire autobiographiques de Philippakis, le chanteur. Sur des "Inhaler", "Moon" ou "Late Night", il assume une fois pour toutes ses névroses. Le titre "My Number", manifeste funky s’il en est, atteste aussi du désir de Foals de faire danser, comme il avait appris à le faire sur "Antidotes". 
On n’avait jamais connu ça chez Foals : ça, c’est une sensation de rage pure, une rancœur, une acidité. Comme si la part sombre et d’ombre du groupe, qu’on pensait studieux et auquel une étiquette premier de la classe lui collait faussement depuis leur premier album, était exposé, explosé.
Au premier abord "Holy Fire" se révèle être dur d’accès par sa diversité musicale. Malgré une baisse de régime ("Bad Habbit", "Stepson"), le disque ravit. Parce qu'après plusieurs écoutes, on se rend compte que "Holy Fire" est parvenu à conjuguer toute la magie des deux premiers albums dans un écrin soigné et délicat. En plus d’être plus abouti et plus construit, il est mieux produit, mieux fini.
Les balbutiements, certes charmants, des premiers jours font place à une maîtrise musicale totale. Pour preuve, la construction des chansons, et de l’album en général, est plus intelligente et progressive. Les percussions deviennent plurielles, les qualités musicales individuelles sont plus prononcées et les guitares gagnent en virtuosité et en technique. Pour reprendre l’expression en vigueur, Foals livre avec ce nouvel opus son album de la maturité.
Au final, "Holy Fire" impressionne, étonne par sa franchise rock. Son honnêteté musicale parcourt les compositions, de la mélodique "Everytime" à la jouissive "Providence". Il va sans dire que les influences ont changé, se sont affinées pour mieux être conciliées par un disque à mi-parcours entre l’efficacité "d’Antidotes" et la puissance de "Total Life Forever". Foals est monté en grade et prouvent désormais prétendre au titre d'un des meilleurs groupes d’indie-rock du monde !!!

mercredi 13 février 2013

Livre (BD) - Urban, Les règles du jeu de Brunschwig et Ricci

Luc Brunschwig et Roberto Ricci - Urban, Les règles du jeu : Un Sin City futuriste...du moins dans l'esprit !!!

Note : 4.25 / 5

Synopsis :
Monplaisir est un vaste complexe de loisirs, le dernier endroit de la galaxie où il est encore possible d’assouvir tous ses fantasmes et d’oublier ses frustrations, durant deux semaines par an. Mais une telle débauche ne va pas sans certains excès.
Les forces de l’ordre veillent donc à ce que le séjour de chaque client soit un véritable enchantement. Ainsi en décembre 2058, Zach, un jeune fermier plutôt musclé, intègre-t-il l’académie de police de Monplaisir, afin de devenir un Urban Interceptor. A.L.I.C.E, le système de gestion de l’information, supervise certes l’ensemble du complexe et veille sur la sécurité courante des 18 millions de visiteurs quotidiens. Mais l’IA ne gère pas les investigations criminelles qui demeurent encore la prérogative des humains.
Toutefois, elle assure la promotion des enquêtes, dont la retransmission en direct, auxquelles nul ne peut se soustraire, constitue un spectacle particulièrement prisé par les visiteurs de Monplaisir. D’importants paris sont même organisés sur leurs circonstances. Mais, cette fois ci, Zach ne sera pas Urban Interceptor : c’est dans les bras d’Ishrat, une ex-femme Pub devenue liftière, qu’il regardera celui qui l’a supplanté se faire tuer par un certain Antiochius Ebrahimi. Ce que Zach ignore, c’est que derrière cette façade de plaisir, de futilité et de jeu, Monplaisir cache une réalité plus sordide, dont le meurtre d’un policier venu de Ganymède constitue le dernier élément en date.

Critique :
Luc Brunschwig a connu en 2011 une année particulièrement faste puisqu’après les deux suites du "Pouvoir des Innocents", voici qu’il reprend un album déjà édité en 1999. Publié alors chez les Humanoïdes Associés, sous le titre "Urban Game", l’album était dessiné par Jean-Christophe Raufflet. Désormais chez Futuropolis, Brunschwig refonde, a priori, l’album en profondeur et s’associe pour la circonstance à Roberto Ricci.
Brunschwig nous entraine dans un futur assez proche pour une histoire dans le genre thriller/SF. Avec ce premier tome, "Les règles du jeu", il nous présente l'univers de Monplaisir, le personnage de Zach et met en place l'intrigue principale. Après la découverte de la cité, de certains de ses codes et de ce qui attends Zach, Brunschwig place peu à peu son intrigue policière avec la découverte de quelques femmes assassinées et de la première mission d'Isham, celui qui a battu Zach dans le combat pour définir le meilleur policier de la cité.
Toutefois au-delà de l’histoire de Zach dans les méandres de Monplaisir, Brunschwig aborde, l’air de rien, une multitude de sujets sociétaux. Ce qui est intéressant dans ce "nouvel" album, ce n’est pas tant les thématiques traitées, qui l’ont déjà toutes été maintes fois aussi bien au cinéma, en littérature ou en BD, mais la manière dont elles sont agencées pour constituer une histoire.
Sur la base de ce premier album, celle-ci semble cohérente, avec cependant quelques interrogations ! L’abrutissement des masses au travail ou durant leurs temps de loisir, la solitude au sein de la foule, la misère au milieu de l’opulence, le voyeurisme de la téléréalité, la "Big-Brotherisation" de la société, etc., tout y passe ! Et c’est ce qui fait l’attrait de cet album et en rend la lecture enrichissante.
Un véritable scénario d’anticipation implacable qui jette magnifiquement les règles du jeu. Au terme de ce premier tome, plusieurs personnages se démarquent, dotés d’un certain charisme et de personnalités bien développées. Un personnage atypique vient compléter le tableau cependant, Monplaisir. L’entité urbaine joue de son ambiguïté tantôt chaleureuse tantôt destructrice. Son apparence ludique cache un vivier de réseaux parallèles : petites frappes, tueurs professionnels, mafia… des acteurs incontournables à Monplaisir.
Ses attractions s’adressent à tous les milieux sociaux mais la majorité des touristes est issue des classes défavorisées. L’immersion de l’individu est totale, Monplaisir le dévore corps et âme grâce à la présence d’A.L.I.C.E. et de Springy Fool. D’ailleurs, ce dernier est le seul personnage commun à "Urban Games" et "Urban". Cette "créature médiatique" est à la fois organe du pouvoir et élément principal de la propagande politique. Son image omniprésente dans le paysage urbain étouffe tout libre-arbitre ou toute liberté de pensée des individus. 
Brunschwig nous offre donc un univers riche et terriblement cohérent, une histoire passionnante, un personnage attachant pour une superbe introduction qui nous promet tant de choses à venir ! Le meilleur des scenarii ne serait cependant rien sans un dessinateur qui sait en exploiter les qualités.
Sur "Urban", Roberto Ricci sait donner toute la mesure de son talent. Le trait est serein, sûr, et l’univers graphique mis en page offre une réelle épaisseur. Tout juste est-il possible de regretter le manque de lisibilité des séquences de téléréalité, mais ce n’est qu’un détail qui devrait-être vite réglé.
Roberto Ricci ("Les âmes d'Helios") signe ici, pour le moment, l'un de ses plus beaux travaux en tant que dessinateur et coloriste. Il suffit juste de regarder l'une de ses planches ou une case pour s'en rendre compte. Il a su instaurer une belle atmosphère dans cette aventure et donner une belle architecture, ainsi que de beaux designs pour les véhicules dans cette histoire. Oui, il semble indéniable que le récit de Brunschwig l'a vraiment inspiré. L'artiste rend aussi hommage à quelques héros de cinéma, de bandes dessinées ou de dessins animés dans les premières pages du livre. Saurez-vous reconnaitre Bender, Pinhead, Batman, Dark vador et Leia, Wonder Woman, Robocop entre autres dans ces cases ?
Servi par les illustrations de Ricci, l’univers "d’Urban" campe les décors d’une société futuriste ludique et cynique. L’architecture urbaine créée est un régal, les décors des scènes en extérieur fourmillent de détails. Des ocres-rouilles cohabitent avec des gris-verts. Le dessinateur a su matérialiser une ambiance atypique, progressivement l’apparente bonhomie de la cité s’efface pour une noirceur plus marquée. Il y a ici une alchimie très appréciable entre le scénario et le graphisme !
Au final, Brunschwig et R. Ricci nous offrent un monde terriblement cohérent et d’une grande richesse. Le scénariste crée une histoire plausible, touchante même du fait de ce héros un peu naïf, dans un univers où il s’inspire du notre, y ajoutant un passé, des mythes et même un super-héros emblématique. L’illustrateur, lui, rend les architectures réalistes et la foule vivante en s’attachant à chaque personnage, à chaque détail. Les deux s’associent donc à la perfection pour nous plonger littéralement dans cet univers.
Et c’est bien la force de ce premier volume, qui ne sert pour l’instant que d’introduction, terriblement immersive pourtant. L’histoire est suffisamment dense et  intéressante pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. Mais tout comme ce monde riche, ce sont surtout les différents détails, les nombreuses pistes qu’il reste à développer, le mystère sans cesse entretenu qui font de ce volume une grande réussite.
Le graphisme, en parfaite adéquation avec l’histoire, est tout simplement somptueux, avec une mention spéciale à l’usage des différents jeux de lumière. Avec tous ses détails, toutes ses qualités, son ambiance exceptionnelle, son originalité et son effroyable crédibilité, ce premier tome constitue une formidable introduction pour une série déjà très prometteuse !!!

lundi 11 février 2013

Actu - Bref, Montreux Comedy Festival 2012

Montreux Comedy Festival 2012 - Bref : Une 23ème édition grinçante et hilarante !!!

Note : 4.5 / 5 

Le "Festival du rire de Montreux" ou "Montreux Comedy Festival" est un festival annuel consacré à l'humour. Fondé en 1989 par Grégoire Furrer et Alain Macaluso, il se déroule à Montreux dans le canton de Vaud, en Suisse. Alain Macaluso ayant décidé d'arrêter pour continuer ces études de droits, Grégoire Furrer continue seul à développer ce festival du rire. 
Son rôle principal est de divertir le public, mais il est bien plus. Le "Montreux Comedy Festival" est aussi un laboratoire de l'humour où les jeunes et nouvelles perles du rire trouvent un écrin médiatique incontournable pour briller de tous leurs feux. Grégoire Furrer, directeur-fondateur du Montreux Comedy Festival, le constate depuis longtemps : "Cette nouvelle génération d’artistes et de public est amenée par la vague des nouveaux médias: chaînes de la TNT, du câble ou du satellite, chaînes internet ou réseaux sociaux. Être multidiffusé sur une chaîne, avoir une communauté sur Facebook et publier sa vidéo sur Dailymotion attire aujourd’hui le public dans les salles et crée un cercle vertueux de contenus. Du coup les grands médias s’en emparent et c’est parti ! Ce n’est pas le public qui s’en plaindra, toujours avide de nouveautés !". 
Si le Montreux Comedy Festival continue d’être un tremplin pour les nouvelles générations de l’humour, sa 23ème édition a encore proposé trois grands galas avec des brochettes d’humoristes reconnus. Cette année encore, France 4 s’est associée au "Montreux Comedy Festival" et a retransmit lundi 10 décembre, en première partie de soirée et en direct, le gala de clôture du Festival 2012, intitulé "Bref, on est sur scène à Montreux".
Ainsi, à l'occasion de la 23ème édition, c'est l'équipe de la série "Bref" de Canal+ qui a été invitée. Un spectacle inédit, durant lequel on a pu retrouver ainsi Kyan Khojandi avec Bérengère Krief, Baptiste Lecaplain, Yacine, Oldelaf, Dedo, Alexis Macquart, Kheiron, Shirley Souagnon, Seb Mellia et Alban Ivanov. "Bref" n'est pas qu'une série, ce sont aussi des humoristes de talent. Kyan Khojandi, que la plupart appellent "le mec de Bref" désormais, tenait à le montrer et à faire (re)découvrir au public de Montreux les différentes facettes des acteurs de la série phénomène de 2011.
Une fois de plus, le "Montreux Comedy Festival" rempli à merveille son office, en nous offrant, avec son "Bref, on est sur scène à Montreux", une myriade de stand up hilarant, corrosifs et faussement naïfs. A voir et à revoir !!!

dimanche 10 février 2013

DVD - Le Hobbit, Un voyage inattendu de Peter Jackson

Peter Jackson - Le Hobbit, Un voyage inattendu : Une sortie Blu-ray/DVD recellant une surprise inattendu !!!

Note : 4.5 / 5 (pour le film)
            ? (pour le Blu-ray/DVD)

Warner Home Video France a révélé officiellement que les DVD, Blu-Ray et Blu-Ray 3D du "Hobbit : Un Voyage Inattendu" allaient débouler dans nos bacs le 17 avril prochain, soit quasiment un mois après les éditions américaines (qui seront disponible en import dès le 19 mars). Comme cela avait été annoncé officieusement par Amazon il y a quelques semaines, l'édition Blu-Ray du film de Peter Jackson aura la particularité d'être commercialisée avec trois visuels différents (Bilbo, Gollum et Gandalf, comme l'attestent les visuels officiels ci-dessous). Le DVD sera quant à lui à l'image de Bilbo et le Blu-Ray 3D à celui de Gandalf. 
Ces trois visuels différents abritent une seule et même édition, l’Ultimate Édition Blu-ray, DVD et Copie digitale qui sera composée d'un Blu-ray pour le film version cinéma, d'un deuxième Blu-ray pour les bonus, d'un DVD pour le film version cinéma et d'un accès en téléchargement à la copie digitale du film. La galette bonus proposera un making of centré sur la Nouvelle-Zélande (patrie du réalisateur Peter Jackson et terre d’accueil pour la réalisation de la trilogie) et également les 10 vidéoblogs, ces journaux de tournage déjà diffusés sur le net pendant la production du film. Le tout pour un peu plus de deux heures de suppléments.
Comme vous l’aurez compris, vous aurez le choix au moment de l’achat entre les trois visuels. Attention aux fans de l’un ou l’autre des personnages, la mise en place n’est pas équitable entre les trois versions. Il y aura moins d’un quart de Gollum, un gros tiers de Gandalf et le reste pour Bilbon. Ce sont également des tirages limités qui seront vite remplacés par une seule et même édition sans DVD ni copie digitale après épuisement des stocks. Ces trois précieux seront vendus 29,99 € (chacun). 
Concernant les spécificités techniques de ces disques, on sait peu de choses si ce n'est qu'une piste DTS HD Master Audio 7.1 sera disponible pour la VO. Quant à la VF, elle est à l'origine d'une pétition sur le web, lancée par les spécialistes du magazine "Les Années Laser". En effet, si l'éditeur fait comme il en a l'habitude, il devrait simplement proposer une petite piste Doldy Digital 5.1 pour la version française. Or, de nombreux fans souhaiteraient disposer de pistes HD (DTS HD Master Audio 5.1 ou 7.1) sur les disques français, histoire de profiter au mieux de leurs installations Home Cinema. Cependant la Warner n'a pas tenu compte de cette pétition, et c'est bien une piste DD 5.1 que l'on retrouvera sur la VF.
Peter Jackson compte récompenser les fans de la Terre du Milieu qui effectueront l’acquisition prochaine des éditions Blu-ray et Blu-ray 3D du film.  En effet, les éditions américaines du film intégreront effectivement un code spécial permettant d’accéder à un premier extrait du deuxième volet du film "Le Hobbit : La Désolation de Smaug", qui sortira dans les salles obscures le 11 décembre prochain.
L’extrait sera mis en ligne en date du 24 mars prochain sur le site officiel "thehobbit.com". On ne sait pas encore quelle durée affichera cette première présentation. Mais le rendez-vous est donné. Mais ce n'est pas tout. Le site Moviweb annonce également que dans la foulée de cette sortie événementielle, une version longue du film verra le jour.
Les fans de la trilogie du "Seigneur des Anneaux", dont je fais partie, chérissent les versions longues des trois films. Sorties directement en DVD, rééditées en Blu-ray récemment, sorties en salles de manière exceptionnelle et éphémère, ces versions étendues se sont avérées imparables, et permettaient à chacun des épisodes du Seigneur de prendre une ampleur fascinante. Alors aucune raison que Warner et Peter Jackson ne fassent pas de même avec la trilogie "Le Hobbit".
Après la bourde de la Warner (annonçant puis finalement démentant la sortie d'un Blu-Ray de "The Hobbit Director's Cut"), on ne sait plus trop si version longue il allait y avoir pour le nouveau film de Peter Jackson. Ainsi, on avait appris fin 2012 d’un catalogue américain de Warner Home Video pour 2013 qu’une "Extended Edition" du "Hobbit : Un Voyage Inattendu" serait prévue en DVD/Blu-ray pour le quatrième trimestre 2013. Soit Noël et juste avant la sortie en salles du "Hobbit : La désolation de Smaug". Les fans avaient de quoi se réjouir donc.
Cependant, Warner Bros. a ensuite publier un erratum sur la publication de son calendrier, incluant l'annonce suivante : "Dans le dossier de presse Warner Bros. – 90e anniversaire, incluant le calendrier 2013, apparait l’annonce erronée d’une sortie d’un DVD/Blu-ray version longue du film Le Hobbit : Un Voyage Inattendu. Ce produit n’a pas encore été confirmé et nous nous excusons pour cette confusion". Donc à ce jour, il n’y a pas de confirmation d’une telle édition, mais cela ne signifie pas non plus que cela n’arrivera pas.
Toutefois, il semble que tout ceci n'est autre qu'un secret de Polichinelle. Peter Jacskon ayant annoncé, de son côté, qu’elle sera éditée en DVD et Blu-ray pour les fêtes de fin d’année, en parallèle à la sortie en salles du deuxième volet. La Warner jouerait avec les nerfs des fans de l’œuvre de Tolkien/Jackson ?!
La question qui se pose cependant est de combien de footage dispose Peter Jackson sur son "Hobbit". A l'origine "Bilbo le Hobbit" ne devait se décliner que sur deux films ("Le Hobbit : Un voyage inattendu" et "Le Hobbit : Histoire d'un aller et retour"), mais Peter Jackson a réussi à négocier auprès de la Warner un troisième volet. Il s'est donc de nouveau mis en tournage, pour adapter les notes additionnelles dans lesquelles Tolkien développait l’univers du Hobbit, et qui ont été publiées à la fin du "Retour du roi".
Ces scènes offriront la possibilité de compléter les deuxième et troisième volets de sa trilogie. Mais avant même qu'il se lance dans cette nouvelle aventure, on apprend qu'il a déjà assez de rushes pour offrir aux fans au moins une version longue du "Hobbit : Un voyage inattendu". Espérons que cette version longue verra réellement le jour pour le plus grand bonheur des fans !!!

vendredi 8 février 2013

Série - Arrow produit par The CW

The CW - Arrow : Une série qui n'apporte rien de nouveau, mais qui au final se révèle être assez agréable !!!

Note : 3.5 / 5

Synopsis : 
Les nouvelles aventures de Green Arrow (L'Archer Vert)/Oliver Queen, combattant ultra efficace issu de l'univers de DC Comics et surtout archer au talent fou, qui appartient notamment à la Justice League. Disparu en mer avec son père et sa petite amie, il est retrouvé vivant cinq ans plus tard sur une île près des côtes Chinoises. Mais il a changé : il est fort, courageux et déterminé à débarrasser Starling City de ses malfrats.

Critique :
La curiosité de la saison 2012-2013 pour les fans de comics est le lancement de la série consacrée à Green Arrow (L'Archer Vert), que l’on avait déjà rencontré dans "Smallville", et qui était interprété par Justin Hartley. Ici, Oliver Queen est le héros de sa propre série, "Arrow", le "Green" ayant disparu. Un show qui raconte les aventures de ce play-boy milliardaire qui va secrètement devenir l’ange gardien de sa ville, Starling City (là encore, le nom de la ville, qui est originairement Star City, a été modifié). 
Plus d'un an après la fin de "Smallville", série phare de la chaîne qui aura duré 10 ans, la CW lance donc une nouvelle série sur les premiers pas d'un super-héros DC Comics Green Arrow. Basée sur le personnage d'Oliver Queen, plus connu sous le pseudonyme de Green Arrow, la série veut réinventer le personnage pour l'adapter à son audience, en proposant une vision qui mélange "Batman Begins" et "Gossip Girl". 
La première chose que l'on pourrait redouter, c'est d'obtenir un "Smallville" bis. Beaucoup se sont d'ailleurs demandé pourquoi Justin Hartley, interprète de Green Arrow dans la série sus-citée, ne reprenait pas le rôle d'Oliver Queen. Et ce malgré l'annonce directe que la série ne faisait pas partie de la même continuité. Au visionnage, on se rend compte bien vite "qu'Arrow" souhaite se démarquer de sa cousine. 
Certes, quelques décors comme le manoir des Queen sonnent très Smallvilliens, mais on pourrait en dire autant de beaucoup de séries de la chaîne. C'est le ton et la violence de la série qui ne trompent pas (en plus du fait que les acteurs, des habitués des séries, savent plutôt bien jouer). 
La série est très ambitieuse sur le plan visuel. La réalisation est de qualité, la photographie est sombre, bref la CW a mis le paquet pour offrir à "Arrow" un aspect soigné qui séduit dès les premières images. Bénéficiant de la réalisation de David Nutter ("Game of Thrones"), "Arrow" reste joli à voir. 
Malgré quelques fonds verts un peu dégueulasses, l'ensemble ne manque pas de peps. Le choix des couleurs est judicieux et le montage plutôt agréable. Il y a donc une volonté de faire quelque chose d'efficace qui chaque semaine tiendra les spectateurs en haleine. L'action est presque omniprésente et Stephen Amell se débrouille plutôt bien dans l'art de manier ses poignets. C'était aussi nécessaire pendant que Justin Hartley dans "Smallville" jouait plutôt au mannequin qu'aux gros bras.
Car sans trop vous en dire, Oliver Queen revient en homme changé (même s'il est toujours beau gosse avec des gros abdos) de l'île sur laquelle il a été perdu pendant cinq ans, avec une mission et en se donnant les moyens de la réaliser. Rédemption d'un côté, même s'il doit sauver la face, mais surtout justice intransigeante de l'autre, le Oliver Queen de Stephen Amell cherche à rappeler assez vite le Bruce Wayne de Christian Bale (même s'il ne lui arrive pas à la cheville, c'est une belle tentative !) bien décider à nettoyer sa ville par tous les moyens. Mais sa mission cache autre chose, une mission confiée par un proche perdu sur l'île, et qui devrait amener quelques secrets à être révélés au cours de la saison. 
Concernant les personnages, c’est le point sur lequel je suis le plus mitigée. Si Stephen Amell s’en tire étonnamment bien dans tous les domaines, le reste du casting est fade à certains moments, n’étant pas aidé par un script qui ne propose rien d’original. La petite sœur d’Oliver agace avec ses histoires de drogue ; Dinah Lance, incarnée par une Katie Cassidy vraiment pas à la hauteur, semble destinée à devenir un love-interest de piètre intérêt pour notre héros… Mais tout n’est pas noir, le personnage de Tommy Merlyn (Colin Donnell) s’impose vite comme l’élément comique incontournable du show, et ses répliques à propos de la fin de "Lost", de "Twilight" et d’Obama, sont savoureuses. Sa présence est la bienvenue dans cet univers bien sombre, mais reste à savoir s’il bénéficiera d’un traitement plus poussé à l’avenir. 
Ainsi, si la série s'avère plutôt une bonne surprise au final, elle n'est toutefois pas exempte de défauts. Notamment, la fameuse formule CW qui impose des relations familiales dignes des plus grandes soaps, et des relations entre jeunes adultes torturés vues et revues. On sent déjà quelques arcs scénaristiques se profiler. 
Au-delà des imperfections et des insuffisances de la série, c'est au niveau de l'ambiance que la série connaît sa meilleure réussite ! Bien loin d'une affiliation classique aux univers des héros de comics (caractérisé généralement par un traitement bien particulier du rythme dans l’enchaînement des scènes et de l’aspect physique de ses personnages), "Arrow" penche très clairement pour une approche aussi terre-à-terre que possible. 
L’équipe derrière la série ne le cache pas, elle veut avant tout une adaptation qui évoluera dans un monde crédible, émotionnellement et physiquement, même s’ils n’excluent pas la possibilité d’y inclure des ennemis importés des comics. De prime abord, on pourrait certes voir dans cette approche "nolanienne" une simple envie de surfer sur la vague, on se rend cependant vite compte que c’est celle qui conviendra le mieux à la série. Avec un budget tout de même assez limité, l’exploration psychologique d’un vigilante, si bien gérée, pourrait être une force de la série. 
Ainsi qui dit univers sombre, dit aussi héros sombre, et c’est là "qu’Arrow" remporte son pari. Les scènes d’action sont réussies, courtes certes, et mal montées, mais elles ont le mérite de nous présenter la façon dont L'archer se bat, et avec quel sang-froid il tue ses adversaires. Cela promet des affrontements redoutables en perspective avec des ennemis plus dangereux. Oliver est non seulement revenu de l’île avec un bel arc et des cicatrices partout, mais ce qui domine chez lui est sa soif de vengeance liée à la disparition de son père. C’est cette partie-là qui est la plus alléchante et qui donne envie de revenir la semaine prochaine. 
Au final, même s’il apparait évident que ce n’est pas et ne sera probablement jamais une série à Emmys, "Arrow", sans se prendre pour un chef d’œuvre, a le mérite de nous donner un produit agréable à voir, et de nous inviter à revenir pour en savoir plus. La série a tout pour devenir une série plaisante à suivre : une intrigue intéressante, un personnage principal charismatique ainsi qu’un univers sombre et prometteur. Il faudra juste espérer que les personnages secondaires trouvent à l’avenir un peu d’épaisseur pour sortir des stéréotypes dans lesquels ils sont pour l’instant piégés. 
Du côté des audiences, le héros DC n’a pas raté ses débuts. Avec plus de 4 millions de téléspectateurs, le pilote signe le meilleur démarrage d’un show de la CW depuis le lancement de "The Vampire Diaries" en 2009 ! Si la série est difficilement comparable au comics book dont elle est issue (pour le pire ou le meilleur d'ailleurs), on peut être heureux de remarquer de suite qu'elle n'est pas non plus comparable à "Smallville". Elle nous montre des débuts prometteurs, autant de défauts à corriger que de qualités à exploiter, mais a le mérite de nous donner envie de voir la suite !!!