mardi 23 octobre 2012

DVD - Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin de John Carpenter

John Carpenter - Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin : Un film culte magnifiquement remastérisé en Blu-Ray !!!

Note : 4.5 / 5 (pour les afficionados essentiellement)

Synopsis :
Le camionneur Jack Burton (Kurt Russell) et son ami Wang Chi (Dennis Dun) se rendent à l’aéroport de San Francisco pour y accueillir Miao Yin (Suzee Pai), la fiancée de Wang, une jolie chinoise aux yeux verts. Mais les membres d’un gang appelé "Les Seigneurs de la mort" enlèvent la jeune femme pour la vendre à une maison close.
Alors que Burton et Wang Chi, ainsi que l’avocate Gracie Law (Kim Cattrall), qu’ils ont rencontrée entre temps, tentent de récupérer Miao Yin, trois guerriers chinois dotés de pouvoirs magiques la kidnappent. Miao Yin est désormais prisonnière du royaume souterrain du maléfique sorcier Lo Pan (James Hong), qui souffrirait depuis 2 000 ans d’un sort le condamnant à n’être qu’un fantôme. Sort que romprait un mariage avec une chinoise aux yeux verts.

Critique :
Décidément, les films de John Carpenter gagnent à être revus en haute définition. Après "Halloween", "Assaut" (disponibles aux Etats-Unis), "Starman" et "The Thing", voilà que débarque "Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin".
Ce dernier marqua un tournant dans la carrière de John Carpenter. Le film, dont il est particulièrement fier, fut un échec commercial lors de sa sortie en salles et essuya de nombreuses critiques négatives. Des tensions naquirent ainsi entre les studios et Carpenter, qui cessa alors de tourner pour Hollywood et décida de réaliser des films indépendants. Le succès qui suivit la sortie en vidéo, dont l’ampleur fut telle que "Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin" se hissa rapidement parmi les films cultes de la décennie 80, n’y changea rien.
Il est vrai qu’en dépit de ses qualités évidentes, le film avait de quoi dérouter. Pouvant paraître de prime abord comme un film d’aventures dans la lignée des deux premiers Indiana Jones, sortis quelques années plus tôt, il s’avère en réalité beaucoup plus délirant et décalé. De plus, il ne ressemble absolument pas à ce que Carpenter avait fait jusque-là. Rien ne garantissait donc l’adhésion des fans de "The Thing", "New York 97", "The Fog" ou encore "La Nuit des masques". D’ailleurs, même en considérant les films qu’il a tournés depuis, "Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin" occupe une place à part dans la filmographie du réalisateur.
Troisième des films du tandem Carpenter-Russell et probablement le meilleur, "Jack Burton dans les griffes du mandarin" se situe dans un genre inclassable de par son scénario et sa réalisation. Nous suivons les aventures à Chinatown de Jack Burton et de Wang Chi, l'un pour retrouver son camion et l'autre sa bien-aimée, enlevée par le terrifiant Lo Pan parce qu'elle a les yeux verts. Après, c'est 1h40 de pur bonheur avec un scénario made in Gary Goldman qui fait intervenir des triades chinoises, des conducteurs de bus sorciers, des fantômes, des Chinoises aux yeux verts, des jeux de mots et des répliques à la noix, des effets spéciaux bien pathétiques mais bien fun, et un Kurt Russell plus vrai que nature dans le rôle d'un camionneur buté. 
Vous le comprendrez bien vite : rien n'a été pris au sérieux dans ce film et tout est sublimement ringard. Et c'en est vraiment très drôle. On prend plaisir à suivre nos héros à droite et à gauche, à remarquer les petits détails et à retenir les répliques. La bande-son est dans le style New Wave (genre "Le flic de Beverly Hills") et ma foi, elle colle parfaitement au reste.
Maintenant en Blu-ray, l'image a été retravaillée par rapport à l'original de 1986 et la piste française est maintenant améliorée. Fini les défauts de pellicule intempestifs, le master est flambant neuf. La colorimétrie a été revue avec des tons plus étendus et intenses. HD oblige, la clarté du transfert et le codec AVC permettent des contours plus fins que jamais. Les puristes remarqueront que le grain de la pellicule a été conservé. Sans être un canon de la HD, l'image de ce Blu-ray est de loin la meilleure présentation vidéo qu'on ait vue de ce film culte. D'ailleurs, les effets spéciaux tiennent encore la route. 
La bande-son se rattrape très largement face au précédent DVD puisque nous passons du dolby surround 4.1 à du DTS HD Master Audio 5.1 en VO tandis que la VF quitte son dolby surround 2.0 pour du DTS 5.1. L'éditeur n'a pas cédé à la facilité en surchargeant les pistes. Elles sont, pour le coup, très ouvertes sur l'avant, les dialogues trouvent une meilleure présence et les différents effets sont bien localisés aux moments adéquats. Le caisson de basses soutient les scènes d'action sans pour autant faire dans le démonstratif. C'est donc un vrai plaisir de revoir ces Aventures dans ces conditions.
L'achat s'impose pour les inconditionnels de John Carpenter et de Kurt Russell. La mise à jour technique fait oublier la précédente édition DVD dont on retrouve le premier disque en sus. Un bon petit film culte pour agrémenter votre vidéothèque ? Envie d’une bonne dose de fantastique façon années 80 signée Carpenter ? Suivez Jack Burton en HD à Chinatown. Des répliques qui font mouche, des personnages délirants, une musique bien ringarde, Kurt Russel en très grande forme et qui joue les héros blasés et un Blu-ray qui fait bien son boulot, voilà qui promet !!!

lundi 22 octobre 2012

Série - Millénium, la série suédoise

Millénium : Une série terriblement bien réalisé, aussi prenante qu'addictive !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" (épisodes 1&2) : Journaliste à Millenium, Mikael Blomkvist est recruté par un vieil homme d'affaires, Henrik Vanger. Ce dernier lui propose de résoudre une enquête qui le hante depuis près de quarante ans. En acceptant, Mikael se retrouve confronté aux secrets d'une famille peu ordinaire. Il sera aidé dans sa mission par Lisbeth Salander, personnage aussi particulier que talentueux.
"La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" (épisodes 3&4) : Un an après les événements liés à la famille Vanger, Lisbeth Salander séjourne aux Caraïbes grâce à l'argent empoché lors de sa précédente enquête. De son côté, Mikael Blomkvist, dont le magazine Millenium bénéficie d'une très bonne réputation grâce à l'affaire Wennerström, prépare un numéro spécial consacré à un trafic de femmes venues des pays de l'Est. Il rencontre Dag et Mia, un journaliste indépendant et une chercheuse dont la thèse porte justement sur le sulfureux thème du commerce du sexe. Lorsque Dag et Mia sont retrouvés assassinés à leur domicile, la police relève les empreintes digitales de Lisbeth sur l'arme du crime.
"La reine dans le palais des courants d'air" (épisodes 4&5) : Le géant Ronald Niederman est en fuite, activement recherché par les forces de police après qu'il a abattu l'un des leurs de sang-froid. Quant à Lisbeth, elle est dans un état critique. Elle a été transportée à l'hôpital après avoir été touchée par trois balles. Zalachenko a survécu aux coups portés par sa fille et, menaçant de faire des révélations fracassantes sur ses anciens compagnons des services secrets, il est réduit au silence. Le groupuscule formé par ses anciens camarades entrave l'enquête de la police et suit Mikael, qui découvre peu à peu l'ampleur du complot. Par chance, Lisbeth peut compter sur le soutien sans faille de son ami, lequel est bien décidé à publier son histoire dans les colonnes de Millenium.

Critique :
Les aventures de Lisbeth Salander et  du journaliste Mikael Blomkvist se sont imposées comme l'un des plus récents succès internationaux de librairie. "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes", "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" et "La reine dans le palais des courants d'air" ont été vendus à 2,3 millions d'exemplaires en Suède avant d'être traduits dans 25 pays, dont la France, où le succès fut relayé par les éditions Actes Sud. 
Si vous avez aimé les romans, si le film vous a emballé (celui réalisé par le Danois Niels Arden Oplev et non la version américaine que j'ai trouvé décevante !), alors vous adorerez la série tirée des polars cultes de Stieg Larsson. Que tous les autres se rassurent : il n'y a pas besoin de faire partie d'un club d'initiés pour apprécier les sombres aventures du journaliste d'investigation Mikael Blomkvist (Michael Nyqvist, très convaincant) et de la pirate informatique asociale Lisbeth Salander (Noomi Rapace, impressionnante). 
On les retrouve pour six épisodes de quatre-vingt-dix minutes, soit l'adaptation de la trilogie signée par Larsson avant sa mort brutale par infarctus. Les deux premiers épisodes sont donc une version longue du film sorti en salle en 2009, tandis que les suivants poursuivent la plongée aux enfers de Lisbeth et Mikael, aux prises avec rien moins qu'un complot ourdi par les services secrets suédois et quelques fachos à motocyclette. Le tout est aussi noir et rythmé que magnifiquement interprété.
"Millenium" s’avère tout de suite captivant d’abord par le jeu des acteurs, dont la qualité du jeu et la force qu’ils dégagent donnent facilement du crédit à l’histoire. Dans une Suède assez sombre, entre ville et nature, superbement filmée par les équipes de réalisation (surtout dans le premier volet, signé Niels Arden Oplev comme pour le film), Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist tentent de déjouer les plans maléfiques de personnages tordus et plus monstrueux les uns que les autres en remontant dans le passé et notamment celui de Lisbeth Salander, personnage central et sur qui repose l’intrigue en général.
Pour ce qui est du scénario la série colle parfaitement au bouquin, les lourdeurs en moins ce qui ne gâche rien, même si le premier épisode se contente de planter le décor (comme dans le livre, l’histoire démarre lentement) seul le personnage de Lisbeth y étant véritablement exploité. Le format série TV offre un double avantage non négligeable. Tout d'abord, la durée totale consacrée à un roman est revue à la hausse (près de 30 minutes supplémentaires pour le premier volume entre le passage sur grand écran et le passage TV). Ensuite, cette rallonge permet d’enrichir le récit sans asphyxier le spectateur en lui assénant trop d’éléments à assimiler en une seule fois. Bref la version TV ne peut qu’être plus fidèle aux romans, pour notre plus grand plaisir.
Seule bémol, si le premier tome s’avère totalement captivant avec des scènes de violences particulièrement dures, les deux seconds, plus étirés, surtout "La reine dans le palais des courants d’air", paresse plus longs par moment, avec également un manque de crédibilité dans certaines scènes. Notamment celles où Lisbeth se sort un peu trop facilement de nombreuses situations pourtant inextricables (façon Jack Bauer). Quant au dernier épisode un final un peu rapide est à déplorer, avec le procès vite envoyé et un poil bâclé.
Cependant globalement, cette série est plutôt une réussite grâce, en grande partie, au personnage froid et torturé de Lisbeth mais aussi grâce à cette ambiance glauque et désespérée bien rendue tout au long des six épisodes.
Attention, série ultra-addictive !!! 

dimanche 21 octobre 2012

Musique - Forty Eight Hours

Yan Wagner - Forty Eight Hours : Un mélange remarquablement réussit de musiques électroniques, de pop et de new wave !!!

Note : 4 / 5

Franco-Américain, qui imagina un temps devenir pianiste de bar avant de se tourner vers son amour pour la musique électronique, toute la singularité de Yan Wagner tient dans sa posture d’électronicien qui chante et qui refuse de se cacher derrière ses machines. Un chanteur de pop électronique en somme. Le tout avec une voix aussi grave que puissante qui ne peut pas nous empêcher de nous faire penser au timbre d'Ian Curtis (chanteur du groupe punk Joy Division).
Après "Recession Song", un premier single qui révèle sa pop entêtante et électronique à la critique et au public en 2010, Yan Wagner enchaîne les premières parties prestigieuses d’Air ou Goldfrapp, entre autres. Le franco-américain faisant de fait son bout de chemin dans l’Hexagone ! Yan l’autodidacte est un vrai chanteur de pop électronique qui refuse de se cacher derrière ses platines, et c’est toute sa singularité.
Preuve du talent du garçon, il est produit par le pionnier inclassable de la french touch, Arnaud Rebotini. Ce dernier offre d’ailleurs à ce premier EP lumineux intitulé "Forty Eight Hours" deux remix tout simplement démentiels.
Wagner flirte avec la new-wave et les années 80. Mais le franco-américain, au nom de célèbre compositeur allemand, adopte une approche très moderne des différents styles. Ça ne révolutionne certes pas le genre, mais c'est tout de même plutôt bien fichu !
De New Order à Depeche Mode, en passant par The Chemical Brothers, ses influences sont plus que sérieuses. Il arrive à mixer des sons électro dansant, des beats sévères avec la frustration et la noirceur de la coldwave ou du post punk. Le chant n’est pas délaissé pour autant, la voix lugubre et profonde du franco-américain vous glace le sang. La formule de Yan Wagner est donc une savante rencontre de pop mélodique et de production technoïde.
Chaleur pop, voix sombre et moiteur dancefloor sont les maîtres mots de Yan Wagner, jeune homme moderne prêt pour le décollage et surtout à faire décoller !!!   

samedi 20 octobre 2012

Livre (Manga) - Defense Devil de Youn In-Wan

Defense Devil : Du nouveau dans le monde des mangas et... des avocats !!!

Note : 4 / 5

Synopsis :
Chassé des enfers à cause de son caractère trop gentil, Kucabara est un démon qui transite dans une zone située entre le monde des humains et celui des démons. Afin de retrouver son prestige et son pouvoir, il décide d'aider les âmes condamnées injustement en devenant l'avocat de la défense. 
Son but : rassembler de la dark matter, l'énergie à la source du pouvoir des démons que les pêcheurs produisent et qu'il pourra s'approprier en les aidants. Avec Bichura, son assistant, il va tenter de prouver leur innocence avant que les shinigami (dieux de la mort) ne s'en emparent et ne les jettent en enfer. La bataille juridique commence.

Critique :
"Faites que le crime paye, devenez avocat", disait l'humoriste américain Will Roger. Coluche parlait de deux types de justice : celle où l'avocat connaît bien la loi, et celle où l'avocat connaît bien le juge. Il y a eu Al Pacino en "Avocat du diable", et maintenant on voit surgir un avocat-diable dans "Defense Devil", et c'est du nouveau !
Petite série terminée en 10 tomes, "Defense Devil" est un manga sympathique et drôle. Le héros est un démon qui a la particularité de vouloir aider les humains ! Surfant sur la vague des mangas parlant de démons, celui-ci se démarque assez bien grâce à son graphisme et son scénario bourré d'humour, notamment grâce au duo Kucabara / Bichura.
Quand on parle, dans le résumé, de la "gentillesse excessive" de Kucabara, je m'attendais à voir un mec "trop gentil", un peu benêt, se faisant marcher sur les pieds, tout ça. Et bien pas du tout ! C'est un démon, avec un sale caractère, parfois vulgaire et à l'humour à deux balles (qui, du coup, fait énormément rire). Ce qu'on appelle gentillesse est surtout, ici, une envie de rendre justice, même aux Enfers. En effet, plutôt que de condamner directement chaque âme arrivant en Enfer, Kucabara va préférer enquêter pour connaître le fin mot de l'histoire, et essayer de trouver des preuves de l'innocence des gens. Le voilà Avocat des Enfers !
Depuis quelques temps, les plus gros succès mangas, de "Death Note" à "Judge", se basent sur la culpabilité, la responsabilité, la dette envers la société. "Defense Devil" semble tout d'abord s'inscrire dans cette mouvance, mais il a une touche décidément plus shônen et humoristique, qui fait passer une morale et des interrogations le sourire aux lèvres, le ton restant toujours léger.
Ce n’est pas réellement difficile de conclure sur "Defense Devil", puisque clairement ce manga possède toutes les qualités requises et bien plus encore. Une magnifique bouffée d’air, donnant cet esprit nouveau dans un style beaucoup trop exploité et finalement très restreint qu'est le shônen, on ne s'ennuie pas du début à la fin et on prend plaisir à suivre les différents procès qui permettent petit à petit de mieux cerner l'histoire et le personnage principal. A découvrir !!!

vendredi 19 octobre 2012

Livre - Pike de Benjamin Whitmer

Benjamin Whitmer - Pike : Un chef-d’œuvre stupéfiant et viril !!!

Note : 4.5 / 5

Synopsis :
Pike n'est plus l'effroyable truand d’autrefois, mais il a beau s'être rangé, il n’en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory qui l'aide à combattre ses démons du mieux qu’il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d’une overdose, Pike se retrouve en charge de sa petite-fille de douze ans. 
Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s'apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Kreiger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkie et relais routiers des quartiers pauvres de Cincinnati.

Critique :
Attention chef-d’œuvre ! On ne sait pas grand-chose du surdoué Benjamin Whitmer qui publie, avec "Pike", un premier roman sidérant. Mais ce qui est certain, c'est qu'un immense écrivain est né ! L'écrivain laboure le sillon du roman noir. Du noir, du très noir même pour ce premier roman dans lequel on plonge en apnée vers les profondeurs de la bassesse humaine. 
Les hommes sont rudes, durs au mal, cyniques, violents et n'hésitent pas à tuer celui qui viendrait faire obstacle à leurs plans. Les filles se droguent, se prostituent pour payer leurs doses. Les flics ont la gâchette facile, sont dealers ou proxénètes. A Cincinatti, dans les squats où cohabitent SDF, poivrots et drogués, une femme même morte peut servir à prendre du plaisir et un cadavre ne repose pas en paix tant que son odeur n'alerte pas les autorités. Dans les rues, les flics tirent à vue sur les dealers qui travaillent pour eux et qui auraient eu l'inconscience de grappiller une petite part du magot. Dans les bois, les vétérans du Vietnam revivent cent fois leur guerre dans des campements de fortune. Tout n'est que violence brute et animale. Celui qui croit avoir connu le pire sait que le pire est encore à venir, l'espoir n'existe pas !
Plus que noir, le décor de "Pike" est crade. Tout est crade du ciel aux immeubles, des squats de junkies aux repères à prostitués, des motels pourris aux passés des personnages. Tout n’est que vomi, pisse, odeurs pestilentielles, sang. Le seul élément qui pourrait être d’une blancheur immaculée, serait la neige qui tombe sur la ville puante et là encore, c’est raté.
L'intrigue n'a rien d'original, il est vrai, mais le style et le souffle magistral portent ce roman avec une force stupéfiante ! Grâce à une écriture sobre et efficace, des chapitres courts et incisifs, on dévore ce roman âpre, sombre et asphyxiant, mais on tourne la dernière page avec soulagement, heureux de respirer à nouveau !
Benjamin Whitmer
Whitmer a l'art de la métaphore : "Un visage de pare-brise éclaté" entre dans mon panthéon des images originales. Il a un talent pour l’ellipse, les dialogues pleins de silences avortés. Sa peinture de l’hiver, par touche subtile, insiste sur sa permanence et installe son importance dans la vie quotidienne des personnages, donnant une tonalité glacée à toute l’affaire, qui, forcément, ne peut que mal tourner. Y aura-t-il des rescapés à tout ça ? 
Mention particulière à l’éditeur pour avoir entamé chaque chapitre par une phrase prise dans celui-ci. Cela devient un jeu : la lire, la chercher, l’isoler, réfléchir à son poids : seule ou noyée dans le chapitre ? 
Whitmer saisit à bras le corps le genre noir, signant un premier roman dur, brutal, transi par le froid hivernal des Appalaches désolées. Le tout sur fond de Bruce Springsteen, visiblement le seul disque disponible dans tout le comté. Cette hargne contamine même l’écriture, rongée par des images inquiétantes ou des comparaisons grimaçantes. Les personnages rugueux, qui semblent n’avoir aucun autre horizon que la cigarette qu’ils sont sur le point d’allumer, possèdent au fond d’eux une sauvagerie au bord de l’explosion. Comme s’ils ne pouvaient qu’alimenter cette violence, incapables de faire un pas de côté pour oser, un instant, s’écarter du fleuve sanglant qui les emporte.
Une très belle découverte que je recommande vivement au lecteur suffisamment armé pour supporter toute cette misère humaine !!! 

jeudi 18 octobre 2012

Musique - "Please her, Please him" de Theodore, Paul et Gabriel

Theodore, Paul et Gabriel - Please Her, Please Him : Un folk-hippie androgyne délicat et délicieux !!!

Note : 4.5 / 5

Il y a des disques qui ont l’immédiate proximité, qui vous rassure, vous emmène instantanément dans un monde en dehors de celui où vous êtes. Ce n’est qu’un moment mais il est intense, profond et laisse des traces en forme de bribes de mélodies qui vous surprennent à vous hanter, à tout moment du jour et de la nuit. 
L’attendu premier album de Theodore, Paul & Gabriel est de cette espèce rare. Attendu par une poignée d’aficionados qui avaient découvert le trio de dandy girls parisiennes au hasard des scènes qu’elles ont aguichées tout au long de l’année écoulée et restés sur leur faim avec leur EP liminaire pour une simple question de durée. Si les filles de Boy cherchaient à surprendre par leur nom de scène, celles derrière Theodore, Paul & Gabriel mettent plutôt en avant leur côté androgyne assumé, que reflète tant le titre de leur premier album, "Please Her, Please Him".
Heureusement, on retrouve ici les titres originaux qui composaient l'EP et n’ont depuis pas pris une ride ni suscité l’ennui de l’habitude. Le puissamment hanté "Silent Veil", le sensuel et nostalgique "Chasin’ the Sea", le malin "Taxi Driver" avec son drumming irrévérencieux ! Dans un studio à l’ancienne, elles ont ajouté à leur catalogue naissant quelques pépites magistrales comme ce "I’m Gone" qui ressemble à un morceau oublié par John Lennon dans un tiroir du Dakota Building avec écrit au feutre vert sur la cassette "7/12/80". En équilibre sur un piano forcément blanc (celui d’"Imagine") qui pousse ses accords en battements de cœur, la voix unique de Clémence Gabriel grimpe au climax d’une apoplexie sonore et s’écroule d’un coup dans un calme apaisé.
La voix rocailleuse, mais non moins sensible de Gabriel, contient un vibrato qui ne laisse pas de marbre. Cet effort de treize morceaux bien balancés s'écoute d'une traite sans peine aucune, grâce, notamment, à son propos d'une cohérence impressionnante. Sur "Please Her, Please Him", elles déroulent donc dans la langue de David Crosby treize chansons au sens mélodique savant et aux harmonies soignées.
Avec la tranquille assurance de gens qui ont à peine dépassé la vingtaine, les filles de TP&G assument leur musique vintage, totalement organique, construite en guitares, chœurs, percussions et un soupçon de piano à l’occasion. Sans autres effets que la sérénité de leurs mélodies attachantes, déchirée avec délicatesse par la voix de cette chanteuse qui passe en un éclair de la douceur satinée d’une folkeuse contemporaine à la rage viscérale et abimée d’une Janis Joplin. De la ouate érectile de "Slow Sunday" à la verve mutine de "Mystical Melodies", "Please Her Please Him" est un précipité de grâce immédiate et d’élégance endémique.
Classic, indie, post-rock, peu importe les étiquettes, on ne parle là que de chansons, pas de gimmick du jour ni de hype bientôt éventée. Elles sauront parler à ceux qui révèrent les pères fondateurs Beatles, Bob Dylan, Neil Young sans pour autant intimider les générations actuelles. Tout en licks de guitare laid back, "Writing Songs" raconte ça, ce besoin viscéral d’élaborer des chansons, ces petites architectures de rien qui semblent volatiles et pourtant nous équilibrent le quotidien. Quand ces chansons sont habillées avec ce raffinement, qu’elles arborent cette aristocratie joliment déglinguée, on redécouvre ce sentiment enfoui qui s’appelle séduction !!!

mercredi 17 octobre 2012

Ciné - Paperboy de Lee Daniels

Lee Daniels - Paperboy : Un film qui aurait tout eu de fascinant, mais qui au final se révèle totalement marécageux !!!

Note : 2 / 5

Synopsis :
1969, Lately, Floride. Ward Jansen, reporter au Miami Times, revient dans sa ville natale, accompagné de son partenaire d’écriture Yardley Acheman. Venus à la demande de Charlotte, femme énigmatique qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort, ils vont enquêter sur le cas Hillary Van Wetter, un chasseur d’alligators qui risque d’être exécuté sans preuves concluantes. 
Persuadés de tenir l’article qui relancera leur carrière, ils sillonnent la région, conduits par Jack Jansen, le jeune frère de Ward, livreur du journal local à ses heures perdues. Fasciné par la troublante Charlotte, Jack les emmène de la prison de Moat County jusqu’aux marais, où les secrets se font de plus en plus lourds. L’enquête avance au cœur de cette Floride moite et écrasante, et révèle que parfois, la poursuite de la vérité peut être source de bien des maux.

Critique :
"Paperboy" a de quoi intriguer. Hué au dernier festival de Cannes, le troisième film du réalisateur de "Precious" réunit devant la caméra le jouvenceau labellisé Disney, Zac Efron, l'actrice sur le retour Nicole Kidman et l'omniprésent Matthew McConaughey.
Il y avait sans doute les ingrédients d’un bon polar romanesque dans "Paperboy", adapté d’un livre de Pete Dexter (l’auteur de "Cotton Point" et "Deadwood") : une grande famille en semi-dégénérescence (comme dans un mélo de Minnelli), le décor vénéneux de la Floride des années 1960, avec marécages et alligators, du racisme et de l’obsession sexuelle à gogo. Encore eût-il fallu un bon cuisinier. Lee Daniels confirme hélas son goût pour les effets superflus. Et surtout son peu d’intérêt pour le récit, qu’il désagrège consciencieusement.
Je dois avouer que le film laisse perplexe. Les éléments de l'intrigue posés, le décor planté entre plages de Floride et baies marécageuses des Everglades, l'enquête policière est vite évacuée ! Si elle constitue le cœur du roman de Pete Dexter (longtemps convoité par Pedro Almodóvar), elle n'est qu'un prétexte pour le réalisateur. Il trouve là matière à intégrer tous les maux de l'Amérique des 60's (peine de mort, racisme, conditions des populations noires, homosexualité, etc.).
Ainsi après "Precious", Lee Daniels poursuit dans le sordide et l’écœurement avec cette adaptation. À la différence près que cette fois-ci, il s’est fait plaisir en filmant Zac Efron torse nu et en slip blanc comme le minet de "Pink Narcissus" (film américain de 1971 réalisé par James Bidgood, visualisant les fantaisies érotiques d'un jeune homme gay) et en confiant un rôle de vamp white trash à une Nicole Kidman métamorphosée, l’actrice ayant choqué lors du dernier Festival de Cannes à cause de deux scènes de sexe au mauvais goût assuré. 
Le problème, c’est que si les comédiens donnent beaucoup, le film ne leur rend pas grand-chose, négligeant les promesses "polardeuses" au profit de références à la culture gay underground des années 70. Dommage pour Matthew McConaughey, acteur en pleine révolution sexuelle qui, après son rôle d’ange exterminateur dans Killer Joe, de William Friedkin, trouvait une fois encore matière à défendre un personnage ambigu et troublant.
Au final, l’on ne sait jamais vraiment pourquoi deux journaleux s’acharnent à sauver un "redneck" odieux condamné à mort (John Cusack). Peut-être pour sa petite amie ultra "hot" (Nicole Kidman) que lorgne le frère d’un des enquêteurs (Zac Efron). En effet, pour compenser les béances de son intrigue, Daniels en rajoute dans la moiteur et la provoc : coming out avec menottes et tabassage, orgasme simultané au parloir, plans langoureux de Zac Efron en slip blanc, etc. En prime, "La" scène qui fera date, celle où Nicole fait pipi sur le torse de Zac, piqué par des méduses.
Lee Daniels confirme son appétence pour la lourdeur et la surenchère avec une autre scène aussi choc qu'inutile, où John Cusack besogne Nicole Kidman dans la cuisine, ayant même droit à des inserts de plans d’animaux, un cochon, notamment, soit disant pour renforcer l'aspect bestialité ! Dommage aussi pour Macy Gray, dans un second rôle sacrifié, la diva soul impressionne vraiment. 
Résultat, Lee Daniels perd le fil de son récit en même temps que son spectateur et empile les scènes sulfureuses gratuites. Le tout enrobé d'une esthétique frôlant parfois celle des films "rose". Je regrette sincèrement que Daniels joue avec autant de facilité sur le sex-appeal de ses acteurs, au détriment de son récit qui se retrouve littéralement noyé dans la vase !!!

mardi 16 octobre 2012

Actu - Vodka Absolut Unique

Vodka Absolut Unique : L'univers pop envahit celui de la pureté transparente de la Vodka en une édition uni-limitée !!!

Note : 4.5 / 5

L'art populaire se définit notamment par le détournement d'objet du quotidien par des artistes inspirés. On peut dire qu'Absolut Vodka en a eu de l'inspiration avec leur nouvelle idée !
La publicité Absolut a toujours fait preuve de créativité et la marque a toujours su s'adapter à presque n'importe quelle occasion ou n'importe quel public. En édition limitée, l'emballage personnalisé semble être un bon moyen de faire parler d'elle. On imagine déjà les réseaux sociaux  où les gens qui achètent des bouteilles personnalisées peuvent partager des photos de leur bouteille unique et donner ainsi encore plus de visibilité à la campagne et à la marque Absolut à travers le web social.
Ainsi Absolut Vodka voit les choses en grand pour la rentrée et va commercialiser 4 millions de bouteilles uniques à travers la planète dans le cadre de son programme "Absolut Unique". Au total, ce sont 38 couleurs et 51 designs différents qui ont été aléatoirement mixés afin de créer des bouteilles différentes les unes des autres.
4 millions de bouteilles au décor unique donc, toutes différentes et toutes numérotées, seront proposées à la fin de l’année dans le monde entier, offrant ainsi pour la première fois à chaque consommateur, une véritable exclusivité. La bouteille se pare d’une multitude de couleurs Pop Art. 
Et pour que chaque bouteille soit vraiment unique, Absolut a repensé toute sa ligne de production, transformant son usine en véritable atelier créatif. Comme je le disais plus-haut, 38 couleurs et 51 motifs ont été combinés et posés au pistolet pour rendre chaque bouteille véritablement unique.
"Absolut Unique" sera disponible en grande distribution à partir du mois de novembre au prix public indicatif de 16,50 €.
Avec "Absolut Unique", Absolut veut démontrer une fois encore qu’il possède des millions de façons d’être unique. Absolut Vodka exprime ainsi sa singularité au pluriel, "Absolut Unique" illustrant une nouvelle fois l'esprit avant-gardiste de la marque et son engagement pour la création. Après avoir été revisitée par les artistes les plus célèbres du monde, Absolut se réinvente elle-même aujourd'hui, pour nous livrer une pièce unique de son patrimoine créatif !!!
(Et surtout n'oubliez pas, l'alcool est dangereux pour la santé, alors à consommer avec modération !!!)